Apollonius de Tyane & Le Lincuel de Turin

Par Robertino Solàrion ©2005

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Les Syriens blancs de la Cappadoce araméenne

Traduction Par Polo Delsalles, Montréal

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Le but de cette composition est de fournir de l'information pertinente au sujet des anciennes origines et de l'histoire de la Cappadoce, et analyser ces faits, particulièrement ceux qui pourraient concerner la vie d'Apollonius de Tyane. Dès son origine, la Cappadoce fut une province hittite semi-autonome de l'Assyrie. Les Hittites sont discutés dans les dictionnaires du professeur William Smith seulement qu'en fonction de leur description dans la Bible, en particulier dans l'Ancien Testament. La vaste bibliothèque de tablettes d'argile hittites déterrées à Boghazkoi, Turquie, fut une découverte du 20ème siècle et le professeur Smith et ses collègues en furent probablement ignorants. Ce que nous savons de l'histoire hittite nous provient des temps relativement récents. Autres que pour les disciples de Velikovsky, les Hittites sont considérés comme une civilisation mystérieuse et "inconnue", puisqu'ils ne semblent pas avoir joué un grand rôle dans l'histoire de leurs voisins. Mais lorsqu'on envisage ces Hittites comme étant des Assyriens, ils se situent alors parfaitement dans l'Histoire.

Comme mes autres articles, j'inclurai mes commentaires au travers de cette transcription.

A Dictionary of Greek and Roman Geography By Professor William Smith & Others (London, 1873), Volume II, Pages 1069-1070.

La SYRIE (Zyria en Grec, Zyrios en Éthiopien), le nom classique du pays dont l'appellation natale ancienne fut Aram, Esh-Sham moderne.

[COMMENTAIRE : Un "Araméen" fut un natif d'"Aram", et l'"araméen" fut la langue des "Araméens". Comme nous verrons, l'araméen fut la langue "natale" de la Cappadoce, aussi bien que celle de la Syrie et de la Palestine. Or, de sa naissance, Apollonius parla le même Araméen (bien qu'avec un "dialecte régional" différent) que le soi-disant "Jésus Christ". RS]

I. Nom - le nom Aram, plus vaste que les limites propres de la Syrie, s'étend, avec quelques compléments qualificatifs, sur la Mésopotamie et la Chaldée. Or, nous lisons (1) d'Aram des deux rivières, ou Aram Naharaim, équivalent à Padan-Aram, ou la Plaine d'Aram, mais comprenait aussi un district montagneux appelé "les Montagnes de l'Est." (2) Aram Sobah. (3) Aram de Damas. (4) Aram Beth Rehob. (5) Aram Maacâh.

De ces cinq districts donc mentionnés, le premier n'a aucun rapport avec cet article. Quant aux deuxième, quatrième et cinquième, nous doutons que Sobah et Rehob soient situés en Mésopotamie ou à l'intérieur de la Syrie. Gesenius suppose que l'Empire de Sobah fut situé au nord-est de Damas ; mais il place la ville, qu'il identifie avec Nesebin, Nisibis et Antiochia Mydgoniae, en Mésopotamie ; mais une comparaison de 2 Samuel x : 6 avec 1 Chron. xix : 6 semble démontrer plutôt que Rehob fut en Mésopotamie, Soba et Maacha nettement en Syrie ; car, dans le premier passage, nous avons les Araméens de Beth-Rehob, et les Araméens de Soba, et le roi de Maacah--dans le deuxième, Aram Naharaim--en Mésopotamie, et Aram Maacah et Zobah ; nous pouvons ainsi déduire l'identité de Beth-Rehob et de la Mésopotamie, et la distinction entre cette dernière et Maacah ou Zobah, et les Araméens de Damas impliqueraient la contiguïté des deux états ; bien que l'expédition de Samuel pour "reprendre sa frontière", ou "établir son autorité à la rivière Euphrate", durant lequel il fut attaqué par David, supposerait une marche d'ouest en est à travers la Syrie, plutôt que dans la direction opposée à travers la Mésopotamie.

Quant à l'origine du nom Aram, il y a deux Patriarches dans les premières généalogies desquels il fut dérivé ; un, le fils de Sem, l'ancêtre de la race hébraïque, dont les autres enfants, Uz, Asshour, Arphaxad, et Lud, représentent d'anciens royaumes ou races contigus à la Syrie ; tandis qu'Uz, le fils premier-né d'Aram, donna apparemment son nom à la terre natale de Job à une période très éloignée de l'Histoire du Monde (Gen. X : 22,23). L'autre Aram fut le petit-fils de Nachor, le frère d'Abraham, par Kemuel, dont le frère Huz est considéré par certains avoir donné son nom au pays de Job, comme il y a très peu de doute que le troisième frère, Buz, fut le patriarche dont le district avoisinant pris son nom (Gen. xxii : 20, 21 ; Job, i : 1, xxxii : 2). Mais comme nous trouvons déjà le nom Aram appliqué pour décrire le pays de Bethuel et de Laban, l'oncle et le cousin du deuxième Aram, il est évident que le pays dut dériver son nom du premier patriarche et non du suivant (Gen. xxv ; 20, xxviii : 5&c).

Le nom classique Syrie est communément supposée être une abréviation ou une modification du nom Assyrie, et existe depuis la période de la subjugation assyrienne de l'ancien Aram ; et cette histoire de son origine est confirmée par le fait que le nom Syrie ne se trouve pas dans Homère ou Hésiode qui parlent des habitants du pays du nom d'Arimi (eis Arimois, Home. Il. B.783; Hes. Theog. v. 304), en rapport avec le mythe de Typhon, enregistré par Strabon en décrivant l'Oronte ; et cet écrivain nous informe que les Syriens furent appelés Aramaei ou Arimi (i.p.42, xiii.p.627, xvi. pp 784-785), lequel nom, cependant, s'étendait trop loin vers l'ouest ou au nord par d'autres écrivains, pour englober la Cilicie et le Sacae de la Scythie. (Voyez Bochart, Geog. Sae. lib. ii, cap. 6).

Hérodote, l'écrivain le plus ancien dont le manuscrit existant nomma explicitement les Syriens, déclare les gens comme étant identiques aux Assyriens où, parlant clairement de ces derniers, les premiers étant les Grecs, il considéra le nom des derniers leur nom barbare (vii.63) ; et ce nom il l'étend vers le sud aussi loin que les confins de l'Égypte--plaçant Sidon, Azotus, Cadytis et, en bref, les Phéniciens en général en Syrie (ii.12, 158,159), appelant les Juifs les Syriens en Palestine (ii.104) ; et à l'Ouest, aussi loin que l'Asie Mineure, car dit-il, les Cappadociens sont appelés des Syriens par les Grecs (i.72) et parle des Syriens aux abords des rivières Thermodon et Parthenius de la Bithynie (ii.104). Tout comme cette ancienne narration, Strabon, à une période beaucoup plus tardive, fait états que le nom des Syri s'étendaient autrefois de la Babylonie aussi loin que le Golfe d'Issus, et donc aussi loin que le Pont-Euxin (xvi. p.737) ; et dans ce sens plus large le nom est utilisé par d'autres écrivains classiques et inclut donc une étendue de terre à l'ouest qui ne fut pas comprise dans l'ensemble de l'ancien Aram.

[COMMENTAIRE : Toute personne familière avec l'Histoire ancienne de cette région comprendra combien il est difficile parfois de faire la distinction entre l'histoire d'un peuple et l'histoire d'un autre. Jusqu'à une certaine mesure, les histoires des Sumériens, des Chaldéens, des Hittites, des Assyriens et des Syriens s'entremêlent souvent les unes avec les autres même jusqu'aux temps modernes. Il n'est donc pas surprenant que les historiens ont de la difficulté dans leur tentative de définir une civilisation isolée des autres. Et puisque les Cappadociens furent des "Assyriens", eux aussi entrent en jeu dans l'Histoire de cette région.

[Concernant les remarques précédentes d'Hérodote, les "Assyriens" ne furent pas les mêmes que les "Syriens". Les "Assyriens" occupèrent la terre maintenant appelée le "Kurdistan", ayant des parties en Turquie, en Syrie, en Irak et Iran moderne. Les "Syriens" ou "Arimi" auraient été ce groupe de gens levantins de l'ouest de la rivière Euphrate à la Méditerranée, ceux que nous considérons aujourd'hui comme étant les "Syriens" et les Libanais.

[À la période d'Hérodote, l'Empire d'Assyrie avait disparu de l'Histoire, conquis par la Perse en 519 avant J.C. Il aurait été normal pour Hérodote de supposer plus tard que ce qui restait des Assyriens furent appelés des Syriens. Nous pouvons même conclure que les conquêtes persiques marquèrent la fin de la vieille civilisation assyrienne, avec ses langues assyrienne et hittite-cappadocienne, et l'émergence de la nouvelle civilisation araméenne-syrienne. Noter qu'Hérodote énonce que les Grecs appelèrent les Cappadociens des "Syriens" et qu'il y avait des "Syriens" partout en Asie Mineure, même vers l'ouest en Bithynie qui fait partie de la Turquie moderne de l'autre côté de la Mer de Marmara d'Istanbul. Or, les "Syriens" peuplèrent une grande partie de "l'Ionie" grec avant et pendant le temps d'Apollonius.

[Il n'y a aucun doute qu'Apollonius grandit en parlant l'araméen et certes, il étudia aussi le grec. Était-il "Syrien" ou "Grec" ? Dans La Vie d'Apollonius de Tyane de Flavius Philostratus, nous trouvons seulement ce qui suit : "La demeure d'Apollonius fut alors Tyane, une ville grecque parmi une population de Cappadociens. Son père portait le même nom, et la famille était ancienne et descendait directement des premiers colons". Au-delà de cela, il est impossible de savoir si Apollonius était syrien ou Grec. Toutefois, puisque "l'assyrien" Jabir Ibn Hayyan écrit vers 800 après J.C. que "Balinas Le Sage" fut un Syrien, et puisque le nom arabe "Balinas" est linguistiquement identique à "Apollonius" (la séquence de consonnes BLNS = PLLNS), Apollonius fut peut-être de naissance un Araméen-Syrien qui habitait une ville prédominante grecque de la Cappadoce. Alors comme maintenant, cette partie du monde est un "méli-mélo" entre l'Est et l'Ouest ; et il se peut que je donne trop d'importance au fait qu'il y ait au peu de distinction entre les Grecs et les Syriens en Cappadoce, surtout aussi tard que le temps d'Apollonius. RS]

II. Limites naturelles et Divisions--Les limites actuelles de la Syrie, lesquelles seront présentement considérées, sont clairement définies par la Méditerranée à l'ouest, l'Euphrate à l'est, la chaîne montagneuse Amanus et Taurus au Nord, et le grand désert d'Arabie au sud. À l'ouest, cependant, une bande de côte longue et étroite, commençant à Marathus et allant vers le sud jusqu'au Mont Carmel, fut considérée comme la Phénicie [Liban, RS], et fut décrit sous ce nom. En compensation à cette petit espace du sud-ouest, une espace beaucoup plus grande est présente vers le sud-est, par la déviation rapide de l'Euphrate vers l'est, entre les 36ème et 41ème degrés de longitude de l'Est, augmentant ainsi sa distance de la Méditerranée, d'environ 100 milles à Zeugma (Bir) à 250 milles à la limite de la Syrie, au sud de Circesium (Karkisia). Commençant à l'extrémité nord du Issicus Sinus (Golfe d'Iskanderûn), près d'Issus elle-même, l'Amanus Mons (Alma Dogh), une branche de la rivière Taurus, coule d'abord vers le nord pour 18 milles, ensuite vers le nord-est pour 30 milles de plus, jusqu'à ce qu'il joigne la rivière principale (Durdûn Dogh), un peu à l'ouest de Mar'ash, d'où elle coule vers l'est jusqu'à l'Euphrate, étant marqué seulement par une ligne imaginaire tracée à travers un désert interminable de sable. Ce trapèze irrégulier peut maintenant être subdivisé.

[COMMENTAIRE : Ce "Golfe d'Issus" est cette petite baie particulière autour d'Antioche, Antyaka moderne en Turquie, à l'extrémité nord-est de la Méditerranée, où la limite de la Turquie moderne descend vers le sud jusqu'en Syrie du nord-ouest. RS]

Concernant la description physique, les chaînes montagneuses du Liban et d'Antilibanus peuvent être supposées comme repères vers le sud, tandis que la rivière Oronte présente une division convenable dans la géographie du pays vers le nord ; car la vallée de l'Oronte peut être considérée comme une continuation de la grande crevasse de Coelesyria, la ligne de partage des eaux est située dans le voisinage de Baalbek, afin que "cette dépression s'étend tout le long du côté ouest entier du pays, ayant de chaque côté, pour environ 6 degrés de latitude, une chaîne presque continue de montagnes desquelles de nombreuses autres irradient vers l'intérieur dans des directions différentes". (Col. Chesney, Expedition for the Survey of the Euphrates et Tigris, vol. i. p. 354.)

[COMMENTAIRE : Dix pages additionnelles sont consacrées à la description physique de la Syrie par le professeur Smith et ses collègues. Cependant, l'information précitée est suffisante pour satisfaire les besoins actuels. RS]

A Dictionary of Greek and Roman Geography, Volume I, Pages 244-247. 

ASSYRIE, un district d'Asie, les limites de laquelle sont données par différents écrivains grecs et romains, mais qui, dans le sens le plus strict et original, comprit seulement qu'un long territoire étroit, divisé au nord de l'Arménie par le Mont Niphates, à l'ouest et au sud-ouest de la Mésopotamie et de la Babylonie par le Tigre; au sud-est, de Susiane, et à l'est de Média, par la chaîne du Zagros. Elle fut, en fait, presque le même territoire que le Pachalik moderne de Mosul, y compris les plaines de terre de Kurdistan et des montagnes persiques.

[COMMENTAIRE : Oui, le Kurdistan est l'Assyrie. À plusieurs sites sur l'Internet vous pouvez voir des références par des Kurdes modernes quant à leurs anciennes racines assyriennes. Suite à la Première Guerre Mondiale quand les Anglais et les Français redessinèrent les limites du Moyen-Orient, ils omirent d'inclure une nation séparée pour les Kurdes qui parle l'Arabe comme les autres de la région mais dont la "langue natale" est le kurde. Ils sont des gens merveilleux. Jusqu'à ce que les Gouvernements de la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran puissent consentir à se départir d'une petite partie de leur territoire par égard pour la nation nouvelle et indépendante de Kurdistan, il y aura alors toujours des troubles révolutionnaires dans cette région. Les "Assyriens" n'ont jamais aimé être contrôlés par des occupants étrangers sur leur territoire. RS]

Son nom original, tel que marqué sur des inscriptions cunéiformes, est le mieux représenté par Aturia (Atouria), que Strabon (xvi.736) dit faisait partie de l'Assyrie (tel que compris à la période de son écrit) ; bien que Dion Cassius semble considérer que cette forme du nom fut une prononciation fausse et barbare. Par la suite, tel que décrit par Pline (vi.12) et Ammianus Marcellinus (xxiii.6), elle porta le nom d'Adiabene, étant probablement une petite province entre le Tigre, Lycus (ou Zabatus) et les montagnes Gordiacan. (Dion. Cass. lxviii; Ptol. vi.1,§2.)

Au sens plus large, l'Assyrie comprenait le pays entier qui fut inclus en la Mésopotamie et la Babylonie (Strabon, xvi. p.736), bien qu'il fut souvent confondu avec les nations voisines par les écrivains grecs et romains ; or, dans Virgil (Geogr. ii.465), "Assyrio veneno" est utilisé pour "Tyrio" : dans Nonn. Dionys. (xii.19) le Libanus est appelé Assyrien ; et dans Dion. Perieg. (v.975) les Leuco-Syriens [Syriens blancs] de Pont-Euxin et de la Cappadoce sont dénommés assyriens. Il est curieux que Scylax de Caryanda plaça l'Assyrie parmi les nations sur le Pont-Euxin, entre le Chalybée et Paphlagonie, et l'inclut dans la rivière Thermodon et la ville grecque de Thermodon, Sinope, et Marmene. (Sycl. Car. ap. Hudson. Geogr. Graec. Min. p. 33.) L'auteur du Etymologicum Magnum conserva une tradition (Etym. Magn. in voc.) de Xénocrate, que cette terre fut originalement appelée Euphrate, puis Chaldée, et enfin, d'Assyrus, le fils de Suse, Assyrie : il semble aussi la considérer comme pareille à la Babylonie. ... 

La Bible. Il n'y a aucune raison de douter que la première mention que nous avons de l'Assyrie est celle dans la Gen. x : 10, et. seq., dans laquelle Nimroud, le petit-fils de Cham, est mentionné comme possédant un royaume aux villes de Babel, Éreck, Akkad, et Calneh, en la terre de Shinar ; et Assour comme ayant sorti de cette terre pour fonder les villes de Ninive, Rehoboth, Calah, et Resen. La déduction de cet énoncé est que le pays aux alentours de Babel (appelé la Babylonie par la suite) fut le premier Empire, et l'Assyrie (laquelle, selon l'opinion universelle, dériva son nom d'Assour), une colonie ou une dépendance du royaume original de Nimroud. Après cette première mention, une longue période s'écoula pendant laquelle la Bible ne fait aucune allusion à l'Assyrie ; car les passages contenant ce nom (Nomb. xxiv : 22; Psau. lxxiii : 9) n'ont aucune importance historique ; et ce n'est que pendant le règne de Menahem, roi d'Israël, 769 avant J.C., que nous avons quelque mention d'un roi assyrien. Toutefois, depuis cette période, jusqu'à l'absorption de l'Empire d'Assyrie dans celui de Babylone, nous avons une lignée de rois dans la Bible, que nous mentionnerons ici brièvement, avec les dates de leurs règnes, selon le consentement général des chronologistes. ... 

[COMMENTAIRE : Dans le dictionnaire du professeur Smith il y a une entrée fascinante au sujet de Nimroud. Le "Nimroud" qui co-fonda Tyane avec l'impératrice Sémiramis, cependant, n'était pas le même "Nimroud" défini par le professeur Smith. Le premier Nimroud, petit-fils de Cham, fut rapporté comme ayant été un "demi-dieu", le fils de Poséidon et de Libye, l'équivalent du "Oannès" qui descendit de Sirius pour peupler le Monde servile avec ses génétiques "sauriens". Pour de plus amples informations, je vous réfère aux autres essais devant être inclus bientôt à mon site Internet, aussi bien que le livre The Sirius Connection par Robert K.G. Temple. RS]

Plusieurs écrivains ont plus ou moins suivi Ctésias en assignant une très grande antiquité à l'Empire assyrien. Or, Strabon (xvi. p.737)--groupant l'Assyrie et la Babylonie ensemble, comme des pays habités par ceux que les Grecs appelèrent des Syriens--affirme que Ninus fonda Ninive, et son épouse Sémiramis, Babylone ; et qu'il légua l'Empire à ses descendants jusqu'au temps de Sardanapalus et Arbaces. Il ajoute qu'il fut renversé par le Mèdes, et que Ninus (sa capitale) cessa alors d'exister. ... 

Les découvertes récentes et remarquables d'Assyrie, dont plusieurs, nous présumons, sur l'emplacement de l'ancienne capitale Ninus [Ninive, près de Mosul moderne, RS], mirent à la lumière les us et coutumes des anciens de ce pays. Le Monde doit une dette de remerciement pour le zèle avec lequel les excavations furent entreprises dans ce pays là par M Layard et M Botta, et il est seulement nécessaire que les nombreuses inscriptions déterrées soient complètement déchiffrées, pour nous puissions en savoir plus de l'Histoire ancienne de l'Assyrie que nous en connaissons à présent [1873, RS] de quelque nation de l'Est.

Déjà un grand pas avait été fait en ce sens, et le Colonel Rawlinson qui fut si honorablement distingué pour son déchiffrement remarquable des Inscriptions de pierres de Darius, le fils de Hystaspe, avec d'autres érudits en Angleterre et en France, ont fait des progrès considérables pour déterminer la juste interprétation des registres cunéiformes assyriennes. Il est prématuré ici d'entreprendre de mettre devant le public les résultats de leurs recherches, comme la découverte constante de nouvelles inscriptions a tendance presque certainement à changer, ou du moins de modifier considérablement, des conclusions et des théories antérieures. Toutefois, nous pouvons généralement affirmer, que tout ce qui a déjà été accompli semble démontrer que les monuments de l'ancienne Assyrie remontent jusqu'à une période très éloignée ; que plusieurs villes, connues d'autres sources pour avoir été fondées dans l'antiquité, furent reconnues sur les inscriptions et qu'il est très clair que la ville souveraine de Ninus et les rois qui y résidèrent possédèrent un vaste Empire au moins aussi tôt que le 15ème siècle avant J.C.

[COMMENTAIRE : Concernant l'information précitée qui date l'Assyrie au 15ème siècle avant J.C., lorsqu'on tient compte de la reconstruction historique du Dr Immanuel Velikovsky (voir ci-dessous), et qu'on soustrait la période correspondante de 600 ans, cela avance donc la fondation de l'Assyrie vers l'an 850 avant J.C., étant consistant avec la date de 825 avant J.C. pour la fondation de la Ville de Tyane par l'impératrice assyrienne Sémiramis et le roi cappadocien-hittite Nimroud. L'extrait précédent n'est seulement qu'une brève portion de l'entrée du dictionnaire de Smith à propos de l'Assyrie. RS]

A Dictionary of Greek and Roman Geography, Volume I, Pages 506-509. 

CAPPADOCE (Grec Kappadokia; Ethiopie Kappadokes, Kappadox, Kappadokos). Cette province étendue d'Asie se situe à l'ouest de l'Euphrate et au nord de la Cilicie : ses limites ne peuvent être définies avec plus d'exactitude qu'en traçant sommairement son histoire. Les noms Cappadox et Cappadoce sont sans doute des noms purement asiatiques et probablement syriens, ou appartenant aux langues araméennes. Les Syri dans l'armée de Xerxès qui furent armés comme les Paphlagones [la Paphlagonie se situait directement à l'ouest de la Cappadoce. RS], furent appelés Cappadocae par les Perses, comme le dit Hérodote (vii.79) ; cela ne prouvera pas que le nom Cappadocae est Perse. Ces Cappadocae (Hérode. i.72) furent appelés Syri ou Syrii par les Grecs, et en premier, ils furent sujets aux Médians et ensuite aux Perses. La frontière entre les Empires lydiens et médians fut la rivière Halys, et cette rivière dans la partie de sa trajectoire où elle coule vers le nord [à la Mer Noire, RS], sépara les Syrii Cappadocae du côté est des Paphlagones du côté ouest. Nous pouvons rassembler de la description confuse d'Hérodote au sujet de la Halys, que les Cappadocae furent immédiatement à l'est de cette partie de la rivière qui coule vers le nord et qu'ils s'étendirent à l'Euxine [la Mer Noire, RS].

[COMMENTAIRE : Dans les temps modernes, la Halys s'appelle la rivière Kizilirmak. Elle fait un grand virage de type "houlette de berger" de l'ouest vers le nord à travers le centre de l'Anatolie, en Turquie moderne (la section asiatique). Elle coule vers le nord pendant environ 40 milles (65 km) à l'est d'Ankara, après avoir passée entre les deux villes cappadociennes de Kayseri (au Nord) et Nevsehir (au Sud). Les villes cappadociennes les plus au sud-ouest, Nevsehir, Aksaray, Nidge, Bor et Kemerhisar/Tyane seraient au sud de la rivière et non dans les limites propre de la Cappadoce. Toutefois, cette section sud-ouest de la Cappadoce fut au nord des Montagnes Taurus, une région accessible de la région méditerranéenne de la Cilicie (Adana-Tarse moderne) par les Portes ciliciennes (le Col Gulek moderne), et cette région fut traditionnellement incluse dans la Cappadoce. La frontière extrême du sud-ouest de cette région, à l'ouest d'Aksaray et de Konya, aurait été mal-définie dans les temps plus éloignés. A sa plus grande superficie, la Cappadoce aurait englobé la plupart de la Turquie moderne au nord des Montagnes Taurus, à l'est de la rivière Halys, au sud de la Mer Noire et à l'ouest de la rivière Euphrate, une région de la dimension approximative de l'Allemagne ou de l'État de Montana. RS]

Dans un autre passage (v.49) les Cappadocae sont mentionnés comme voisins des Phrygiens du côté ouest, et des Ciliciens du côté sud, qui s'étendirent à la mer qui contient Chypre, c'est-à-dire, la Méditerranée. De nouveau Hérodote (v.52), en décrivant la route de Sardes à Susa, fait de la rivière Halys la limite entre la Phrygie et la Cappadoce. Mais dans un autre passage il place des Syriens sur le Thermodon et le Parthenius (ii.104), bien que nous puissions raisonnablement douter, en examinant ce passage avec soin, s'il n'y a pas quelque erreur au sujet de Parthenius. Il ne semble pas possible de déduire davantage de ce texte quant à l'ampleur du pays des Cappadociens tel qu'il le concevait. Les limites furent clairement plus petites que celles de la Cappadoce qui suivit, et les limites de la Cilicie furent beaucoup plus grandes, car sa Cilicie s'étendait au nord des Taurus, et à l'est jusqu'à l'Euphrate. Les Syrii qui furent alors incluent dans le troisième district de Darius (Hérode. iii.90) avec les Paphlagones et les Mariandyni furent des Cappadocae. Depuis l'antiquité, le nom Syri semble avoir inclus les terres de la Babylonie au Golfe d'Issus, et du golfe d'Issus à l'Euxine (Strabon, p.737). Strabon dit aussi que même dans son temps les deux peuples cappadociens, les deux qui furent situés autour des Taurus et ceux sur l'Euxine, furent appelés des Leucosyri ou Syriens blancs, comme s'ils y en avaient aussi des noirs ; et ces Syriens noirs ou foncés sont ceux qui sont à l'est de l'Amanus. (Voir aussi Strabon, p.542.) Le nom Syrie, et Assyrie, signifiant souvent le même pays chez les écrivains grecs, fut le nom par lequel le pays le long du Pont-Euxin et à l'est de la rivière Halys fut d'abord connu par les Grecs, et il ne fut pas oublié (Apollonius Rhodius, Argonautica, ii.948,964; Dionys. Perieg. v.772, et le commentaire d'Eustathius). Sous les Perses, le pays appelé la Cappadoce dans sa plus grande dimension fut divisé en deux satrapies ; mais quand les Macédoniens en prirent possession, ils permirent à ces satrapies de devenir des royaumes, en partie avec leur consentement et en partie contre, et à un ils donnèrent clairement le nom de Cappadoce, à l'autre, le nom de Pont-Euxin, ou la Cappadoce sur le Pont-Euxin (Strabon. p.534). Les satrapies de la Cappadoce existèrent bien sûr au temps de Xénophon de qui on apprend que la Cappadoce avait la Lycaonie [Konya moderne, RS] sur son côté ouest (Anab. i.2§20) ; mais la Lycaonie et la Cappadoce furent sous un satrape, et Xénophon ne mentionne qu'une satrapie appelée la Cappadoce, si la liste à la fin du septième livre est authentique.

La Cappadoce, à son plus grand, comportait plusieurs parties et peuples, et subit beaucoup de changements ; mais ceux qui parlèrent une langue, ou presque la même, et, nous pouvons supposer, furent un peuple, les Syri, bordés au sud par les Taurus ciliciennes, la grande chaîne de montagnes qui sépare la terre de la Cappadoce de l'étroite étendue le long de la Méditerranée ; à l'est ils furent bordés par l'Arménie et le Colchis, et par les tribus intermédiaires qui parlèrent diverses langues, et ces tribus furent nombreuses dans les régions montagneuses au sud de la Mer Noire ; au nord, ils furent bordés par le Pont-Euxin [Mer Noire] aussi loin que l'embouchure de la rivière Halys ; et du côté ouest par la nation des Paphlagones, et des Galatiens qui s'établirent en Phrygie aussi loin que les frontières des Lycaoniens et les Ciliciens qui occupent les montagnes de la Cilicie. (Strabon, p.533.) Les limites que Strabon assigne ici à la nation cappadocienne s'accordent très bien avec la vague description d'Hérodote, et la seule différence est que Strabon introduit le nom des Galatiens, un groupe d'aventuriers de la Gaule qui s'établirent en Asie Mineure après le temps d'Hérodote. Toutefois, les anciens distinguèrent les Cataones des Cappadociens comme peuple différent, bien qu'ils parlèrent la même langue ; et dans l'énumération des nations, ils placèrent la Cataonie après la Cappadoce, et vint ensuite l'Euphrate et les nations à l'Est de l'Euphrate, et ils situèrent même Melitene en Cataonie, laquelle Melitene se trouve entre la Cataonie et l'Euphrate, et voisin de Commagène. Ariarathès, le premier homme qui eut le titre de roi des Cappadociens, annexa la Cataonie à la Cappadoce (Strabon, p.534, dont le texte porte légèrement à la confusion, mais n'affecte pas la signification générale ; la note de Groskurd sur le passage n'est pas satisfaisante).

Les rois de la Cappadoce tracèrent leur origine à l'un des sept qui assassina l'usurpateur Smerdis en 521 avant J.C. Les satrapes perses qui eurent ce pouvoir devaient être très anxieux jusqu'à la mort de Seleucus, le dernier des successeurs d'Alexandre, en 281 avant J.C. Ariarathès I, comme il est appelé, mourra en 322 avant J.C. Il fut battu par Perdiccas qui le pendit ou l'empala. Ariarathès II, un des fils d'Holophernes, frère d'Ariarathès I, expulsèrent les Macédoniens de la Cappadoce, et la laissa à Ariamnès, un de ses fils, appelé le deuxième ; car le père d'Ariarathès I fut appelé Ariamnès, et il eut la Cappadoce comme satrapie. Ariamnès II fut suivi par Ariarathès III, et il fut succédé par Ariarathès IV, qui se joint au roi Antiochos dans sa guerre contre les Romains, qui, par la suite, le reconnu comme allié. Il mourra en 162 avant J.C. Ses successeurs furent Ariarathès V et VI, et avec Ariarathès VI, la famille royale de la Cappadoce devint éteinte vers 93 avant J.C. Sur ce les Romains donnèrent aux Cappadociens l'autorisation de se gouverner comme ils le voulaient, mais ils envoyèrent une députation à Rome pour dire qu'ils n'étaient pas capables de vivre cette liberté, signifiant probablement que rien sauf un gouvernement royal ne pourrait leur procurer la tranquillité ; et les Romains leurs permirent de choisir un roi parmi eux et ils choisirent Ariobarzanes I, appelé Philoromaeus sur ses pièces de monnaie. (Strabon, p.540; Justin. xxxviii.2.) Le nouveau roi fut chassé hors de son pays par Mithridate le Grand [Perse], mais il fut restauré par L. Sulla [Romain] en 92 avant J.C. Il fut expulsé de nouveau en 88 avant J.C. et encore restauré en 84 avant J.C. Mais ce roi n'avait jamais de repos. En 66 avant J.C., ce "socius populi Romani atque amicus" (Cic. pro Leg. Manil. 2,5) fut encore expulsé par son vieil ennemi Mithridate. Il fut restauré par Cn. Pompée, et a donna son trône à son fils Ariobarzanes II en 63 avant J.C. Ariobarzanes II fut roi de la Cappadoce quand Cicero fut proconsul de la Cilicie en 51 avant J.C. Cicero lui donna son support (ad Att. v.20). Cependant, il semble que le roi que Cicero protégeait ne fut pas Ariobarzanes II, mais bien Ariobarzanes III. Si c'est le cas, Ariobarzanes II mourut avant que Cicero soit proconsul de la Cilicie, et le roi régnant en 51 avant J.C. fut un troisième Ariobarzanes (Dict. of Biog. vol.i, p.286). Cicero eut des affaires difficiles à transiger avec ce roi qui fut un débiteur à Cn. Pompée le Grand et M. Junius Brutus, le patriote. Le proconsul, allant contre sa volonté, dut faire le dun [insistez sur le paiement d'une dette, RS] au roi de la part de ses créanciers romains avides. Le roi fut très pauvre ; il n'avait pas de trésorerie, ni d'impôts réguliers. Cicero réussit à lui soutirer environ 100 talents pour Brutus, et la note de six mois du roi pour 200 talents à Pompée (ad Att. vi.1.3). Ce Ariobarzanes joint Pompée contre César qui, toutefois, le pardonna et ajouta à son pays une partie de l'Arménie (Dion. Cass. xli.63).

Quand L. Cassius fut en Asie (42 avant J.C.) se procurant des troupes pour la guerre contre Antonius et Octavius, il envoya quelques cavaliers, qui assassinèrent Ariobarzanes, sous prétexte qu'il conspirait contre Cassius (Appian. B.C. iv.63). Les assassins dérobèrent le roi mort et emportèrent son argent ainsi que tout ce qui fut amovible. Ce roi fut suivi par Ariarathès VII ; mais Sisinnas disputa son titre, et M. Antonius, en traversant l'Asie après la bataille de Philippi, donna un jugement en faveur de Sisinnas à cause de la beauté de sa mère Glaphyre. En 36 avant J.C., Antonius expulsa et assassina Ariarathès, et donna le royaume à Archelaus, un descendant de l'Archelaus qui fut un général des Mithridates (en 88 avant J.C.). Tous les rois de la Cappadoce jusqu'à cet Archelaus eurent des noms perses, et furent probablement de sang perse. (Voir Clinton, Fasti, ont the kings of Cappadocia; Dict. de Biogr. vol.i, pp.284-285.) Archelaus reçut d'Auguste (en 20 avant J.C.) quelques parties de la Cilicie sur la côte, et la Petite Arménie Dion. Cass. liv.9). En 15 après J.C., Tibère l'invité traîtreusement à Rome et le gardé là. Il mourut probablement vers l'an 17 après J.C., et son royaume devint une province romaine. (Tac. Ann. ii.42; Dion. Cass. lvii.17; Strabon, p.534.) ...

[COMMENTAIRE : Cette traîtrise de Tibère contre Archelaus, se terminant par la mort d'Archelaus en 17 après J.C., s'est produite, selon Philostratus, en la 20ème année de la vie d'Apollonius, la même année qu'Apollonius revint à Tyane à la mort de son père. Ensuite dans ce dictionnaire, nous trouvons quelques informations géographiques détaillées que j'omettrai ici. RS]

Les dix divisions de la Cappadoce (Strabon, p.534) sont Melitene, Cataonie, Cilicie, Tyanite, et Garsaurite qui est incorrectement écrit Isaurite dans le texte de Casaubon. Il les appelle les divisions des ou alentours des Taurus ; et il les énumère de l'est à l'ouest. Car Melitene fut sur la rive ouest de l'Euphrate, la séparant de Sophène du côté est de la rivière. Au sud-ouest de Melitene nous trouvons le basin de Cataonie, entre les montagnes Amanus du sud et les Antitaurus au nord. Le district de la Cilicie touche la Cataonie, et comprenait la ville de Mazaca, après Césarée [Kayseri moderne, RS], et la haute montagne Argaeus, le plus haut sommet de la Cappadoce. Le Tyanite, ainsi nommé de la ville de Tyane, est au nord-ouest de la Cilicie. Tyane fut située sur la base nord des Taurus, et près du col conduisant en Cilicie, appelé les Portes ciliciennes. Selon Strabon, la Cilicie et le Tyanite furent les seules divisions de la Cappadoce contenant des villes.

[COMMENTAIRE : Cela est légèrement exagéré et c'est là que je suis fier d'avoir été capable de voyager personnellement à Tyane. La route moderne d'Adana-Tarse à Bor-Tyane suit le même parcourt que celui du temps d'Apollonius, parce que les Portes ciliciennes sont la seule façon de se rendre d'un côté de ces montagnes à l'autre. La distance de Tarse à Tyane est d'environ 100 milles (160 km), et les Portes ciliciennes [le Col Gulek moderne] sont plus près de Tarse que de Tyane. Pour la première moitié de ce voyage, nous montons et traversons les montagnes ; pour le reste, nous traversons la haute plaine de ces montagnes jusqu'à Tyane. C'est une partie du monde d'un panorama extraordinaire et hautement recommandée ! RS]

La Garsaurite fut à l'ouest, sur les frontières de la Phrygie. Les cinq autres districts nommés par Strabon sont Laviniasène, Sargarausène, Saravène, Cammanène, et Moriment ; et il les nomme également de l'est à l'ouest ou presque. Ils occupèrent la partie nord de la Cappadoce sur la frontière du Pont-Euxin. L'emplacement de Laviniasène n'est pas facile à fixer ; mais, selon les écrits de Strabon, déjà cités, elle doit être dans la partie nord-est de la Cappadoce. Elle est mal située sur quelques cartes géographiques. À ces dix divisions s'ajouta une onzième par les Romains comprenant le pays au sud-ouest de Cybistra et de Castabala, aussi loin que Derbe, qui est en Lycaonie.

L'Arménie Mineure n'appartenait pas originairement à la province romaine de la Cappadoce, les limites de laquelle Strabon a décrit. Le géographe grec fixa l'emplacement de l'Arménie Mineure ainsi(p.555). Au sud de Pharnacia et Trapezus, sur le Pont-Euxin, sont la Tibareni et la Chaldaci, comme il les appelle, qui s'étendent au sud aussi loin que l'Arménie Mineure, qui est un pays passablement fertile. Les gens d'Arménie furent gouvernés par un roi, comme les gens de Sophène ; et ces rois d'Arménie Mineure furent parfois alignés avec les autres Arméniens et parfois non. Ils étendirent leurs terres jusqu'à Pharnacia et Trapezus, mais les derniers capitulèrent à Mithridate le Grand. Quelques temps après la défaite de Mithridate, cette partie de l'Arménie fut attachée au royaume cappadocien d'Ariobarzanes, telle qu'affirmée ci-dessus. L'Euphrate fut la limite Est de cette Arménie et la sépara d'Acilisène. ...

[COMMENTAIRE : Par la suite il s'ensuit une histoire de plusieurs changements de frontières durant les règnes de différents rois cappadociens que nous ne mentionnerons pas. Ces dictionnaires sont extrêmement détaillés et complets! RS]

La Cappadoce, dans son sens limitée, comprenait une partie du basin supérieure de la rivière Halys aussi loin à l'ouest que la rivière Cappadox. Le pays au nord de la Halys est montagneux, et les plaines qui se trouvent entre cette chaîne montagneuse du nord et celle du sud, les Taurus, sont très élevées par rapport au niveau de la mer. La plaine de Césarée (Kayseri) au pied de l'Argaeus est d'une hauteur de 3,236 pieds [environ 1,000 mètres, RS], selon Ainsworth (Londres Geog. Journal, vol.x, p.310). Hamilton (Researches, &c. vol.ii, p.280) la situe à 4,200 pieds. La différence entre ces deux estimations est de 1,000 pieds et l'une d'entre elles doit être inexacte. Toutefois, la grande élévation de cette partie du pays est juste.

[COMMENTAIRE : Sur la carte qui accompagne le Guide de Voyage Baedeker de la Turquie, le sommet le plus élevé autour de Kayseri est noté comme étant légèrement plus hauts que 2,500 mètres (plus de 7,500 pieds). Il est possible qu'il soit l'ancien Mont Argaeus car sur cette carte, les anciens noms ne sont pas toujours fournis. Dans la Cappadoce, plusieurs hautes montagnes s'élèvent soudainement de la plaine étant isolées, non connectées à aucune chaîne particulière (tel que le Mont Melendiz au nord de Tyane) et le Mont Argaeus peut être une de celles-ci. Malheureusement, quand j'ai visité Tyane, je n'ai pas eu le temps de visiter Kayseri, et certainement pas assez de temps pour escalader jusqu'au sommet du Mont Melendiz, que je souhaite avoir pu faire ! RS]

La plaine de Césarée est couverte de champs de maïs et de vignes (Hamilton). Strabon décrit les plaines autour de Césarée en son temps comme complètement improductives et non-cultivées, mais plates ; mais elles furent sablonneuses et plutôt rocailleuses. Le niveau de la rivière Halys dans la longitude de Césarée doit aussi être beaucoup élevée que celui de la mer, mais moins que celui de la plaine de Césarée.

[COMMENTAIRE : Tel que déjà noté ailleurs dans mes articles, si des champs de "maïs" poussaient dans la Cappadoce au temps de l'enquête du professeur Smith (le milieu des années 1800), alors ce "maïs" (à moins que le mot fasse référence à autre chose) n'existait pas avant 1492, parce que le "maïs" est une récolte américaine (comme les tomates, les poivrons, les pommes de terre et plusieurs autres), inconnu du Vieux Monde avant l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Par exemple, avant Colomb, la nourriture italienne n'incluait pas de tomates ; et même aujourd'hui avec la globalisation, les tomates ne sont pas encore utilisées en cuisine chinoise ! RS]

Strabon observe (p.539) que la Cappadoce, pourtant plus au sud que le Pont-Euxin, est plus froid ; et le pays qu'il appelle la Bagadanie, la partie la plus au sud de la Cappadoce, au pied des Taurus, bien que plat, contient très peu d'arbres à fruits ; mais elle est une terre de pâturage comme l'est la grande partie de la Cappadoce. Cette partie de la Cappadoce de Strabon qui n'est pas drainé par la rivière Halys, appartient à deux divisions physiques distinctes. Qu'à l'ouest et au sud-ouest de Césarée appartient aux hauts plateaux de la Lycaonie et de la Phrygie, les eaux de qui n'ont aucun débouché à la mer. L'autre partie qui contient le pays à l'est et au sud-est de Césarée appartient aux basins de la Pyramus et de le Sarus, ces rivières qui traversent les trouées des Taurus jusqu'aux plaines de la Cilicie.

[COMMENTAIRE : Comme j'ai visité Tyane en janvier, je peux vous dire que les nuits sont froides. C'est ce type de froid de haute-altitude. Cependant, aujourd'hui, il y a beaucoup d'arbres fruitiers dans et autour de Tyane. Les vergers de pomme de la Cappadoce, comme ceux du Missouri, sont renommés partout dans cette région du monde comme produisant de très délicieux fruits. Il y avait des pommiers par milliers dans le sud-ouest de la Cappadoce. Cela doit être magnifique de voir ces arbres au printemps quand ils fleurissent. Même tard en janvier, quand j'étais là, plusieurs gens furent encore assis près des routes vendant des pommes de la dernière récolte d'automne. Elles ressemblent à nos pommes du supermarché américaines appelées "Kona gold". Je ne suis pas particulièrement friand des pommes, mais celles de la Cappadoce furent d'excellente qualité ; et à Istanbul, Yasemin et Hakan m'ont dit que les pommes cappadociennes sont quelque peu plus coûteuses que d'autres pommes. La Cilicie et la Cappadoce sont à la Turquie ce que la Californie du sud est à l'Amérique, c'est-à-dire, une source principale de fruits et de légumes hors-saison. RS]

Le bois se faisait généralement rare en Cappadoce ; mais elle était adaptée à la culture du grain, particulièrement le blé. Quelques parties produirent d'excellent vin [et c'est encore le cas ! RS]. Elle fut aussi un bon pays pour le pâturage d'animaux domestiqués de tous genres [surtout les moutons et les chèvres, RS] ; et elle produisit de bons chevaux. Quelques-uns ajoutent des ânes sauvages à la liste d'animaux cappadociens (Groskurd; Strabon, ii. p.457). ... 

Les produits de minéraux furent des plats de cristal, comme il les appelle(Strabon, p.540) ; du lapis onychite trouvé près de la frontière de la Galatie, une pierre blanche pour les manches d'épée ; et du lapis specularis, ou des plats de pierre translucide qui furent exportés. Il y a de très grands lits de sel près du côté ouest de la rivière Halys, à un endroit appelé Tuz Koi, probablement dans les limites du Garsauritis de Strabon. Le grand lac salé de Tatta [lac Tuz Goiu moderne entre Aksaray et Ankara, RS] est à l'ouest de Tuz Koi, et dans les limites de la Grande Phrygie, mais le plateau dans lequel il est situé fait partie du haut plateau de la Cappadoce. Le niveau du lac est environ 2,500 pieds au-dessus du niveau de la mer [réellement plus haut, environ à une moyenne de 1,000 mètres, ou environ 3,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. RS] Il [le lac] est presque sec en été. Strabon (p.568) situe le lac immédiatement au sud de la Galatie touchant à la Grande Cappadoce, la partie de la Cappadoce appelée Morimène. Le lac doit donc être situé près de la limite commune de la Galatie, la Phrygie et la Cappadoce.

A Dictionary of Greek and Roman Geography, Volume II, Pages 171-172. 

LEUCOSYRI, l'ancien nom des Syriens habitant la Cappadoce, par lequel ils furent distingués des Syriens vivants plus au sud, étant d'un teint plus foncé. (Hérode. I.72, vii.72 ; Strabon, xvi. P.737 ; Pline, H.N. vi.3 ; Eustath. ad Dionys. 772,970.) Ils s'étendirent également sur les parties ouest du Pont-Euxin, entre les rivières Iris et Halys. Dans le temps de Xénophon (Anab. v.6,§8&c.) ils furent unis à la Paphlagonie, et gouverné par un prince paphlagonien, dont on dit avoir eu une armée de 120,000 hommes, principalement des cavaliers. Ce nom fut souvent utilisé par les Grecs, même au temps quand cela devint la coutume de désigner tous les habitants du pays par leur nom autochtone, ou plutôt leur nom perse, les Cappadoces ; mais il fut appliqué en particulier aux habitants du district côtier du Pont-Euxin, entre les rivières Halys et Iris. (Hecat. Fragm. 94,200,350; Marcian. Heracl. p.72.) Ptolémée (v.6§2) applique aussi le nom exclusivement aux habitants aux abords de l'Iris, et traite leur pays comme faisant partie de la province de la Cappadoce. Les Leucosyri furent considérés comme des colonisateurs qui avaient été implantés là pendant les premières conquêtes des Assyriens, et furent successivement sujet à la Lydie, la Perse et la Macédoine ; mais après le temps d'Alexandre [Le Grand, RS], leur nom est rarement mentionné, les gens ayant été amalgamés par les nations parmi lesquelles ils vivaient.

A Dictionary of Greek and Roman Geography, Volume II, Page 1245. 

TYANA (Ta Tuana, Tuaneus, Tuanites), aussi appelé Thyanan ou Thiana, et originairement Tohana, de Thoas, un roi thracien dont on croyait avoir poursuivi Oreste et Pylades jusqu'à cet endroit et y fondé la ville. Des rapports disent qu'elle fut construite, comme Zela, sur le Pont-Euxin, sur une chaussée de Sémiramis ; mais il est certain qu'elle fut située en Cappadoce au pied des montagnes Taurus, près des Portes ciliciennes et sur un petit tributaire de la rivière Lamus. Elle se trouvait sur la route vers la Cilicie et la Syrie à une distance de 300 stades* de Cybistra, et 400 stades de Mazaca. [* 1 stade = 180 m]

Son emplacement sur cette route aussi près d'un col si important dut faire de Tyane une ville très importante du point de vue commerciale ainsi que militaire. De plus, la plaine environnante fut vaste et fertile, et le district entier reçut de la ville de Tyane le nom de Tyanitis. De ses pièces de monnaie nous apprenons que dans le règne de Caracalla la ville devint une colonie romaine ; par la suite, ayant appartenu un certain temps à l'Empire de Palmyre, elle fut conquise par Aurélien en 272 après J.C., et Valens l'éleva au rang de capitale de la Cappadoce Secunda. Sa capture par les Turcs est racontée par Cedrenus. Tyane est célébré dans l'Histoire comme la place natale d'Apollonius, l'imposteur célèbre, de qui nous avons une biographie détaillée par Philostratus.

[COMMENTAIRE : J'ai ajouté l'accentuation. S'il vous plaît prendre note des préjugés religieux de ce commentateur chrétien. RS]

Dans le voisinage de la ville il y avait un temple de Zeus sur le bord d'un lac dans une plaine marécageuse. L'eau du lac lui-même était froide, mais il en jaillit une source chaude, sacrée à Zeus. Cette source s'appelait Asmabaeon, et Zeus en fut surnommé lui-même Asmabaeus.

Ces détails quant à la l'emplacement de Tyane menèrent en ces temps modernes à la découverte du vrai site de l'ancienne ville. On croyait autrefois que Kara Hissar marqua l'emplacement de Tyane ; et plusieurs ruines existent dans ce district et ses habitants maintiennent encore que leur ville fut jadis la capitale de la Cappadoce. Mais elle est située trop au nord pour être identifié avec Tyane ; et Hamilton démontra de manière satisfaisante, ce que d'autres avaient conjecturé avant lui, que le vrai site de Tyane est à un endroit maintenant appelé Kis Hissar [Kemerhisar], au sud-ouest de Nigdeh [Nigde], et entre celle-ci et Erekli. Les ruines de Tyane sont considérables, mais le plus visible est un aqueduc de granite, s'étendant sept ou huit milles [12-13 km] jusqu'aux pieds des montagnes. Il y a également des fondations massives de plusieurs grands bâtiments, des puits, des piliers et une superbe colonne encore debout. Deux milles au sud de ces ruines, la source chaude jaillit encore dans un marais froid ou un lac.

A Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology By Professor William Smith & Others (London, 1890), Volume III, Page 776. 

SÉMIRAMIS et NINUS, les fondateurs mythiques de l'Empire assyrien de Ninus ou Ninive. Leur histoire est racontée en détails par Diodore (ii.1-20), qui emprunte sa narration de Ctésias. Selon cette narration, Ninus fut un grand guerrier qui construisit la ville de Ninus ou Ninive, vers 2,182 avant J.C., et subjugua la plus grande partie de l'Asie. Sémiramis fut la fille de la déesse-poisson Derceto d'Ascalon en Syrie, et fut le fruit de son amour avec un jeune Syrien ; mais ayant honte de sa faiblesse, elle se débarrassa du jeune et exposa sa fille à mourir. Mais l'enfant fut préservé par des colombes qui la nourrissent miraculeusement jusqu'à ce qu'elle soit découverte par les bergers du voisinage. Elle fut ensuite élevée par le chef-berger des troupeaux royaux, dont le nom fut Simmas, et de qui elle dériva le nom de Sémiramis.

Sa beauté incomparable attira l'attention d'Onnes, un des amis et des généraux du roi qui l'épousa. Par la suite, il envoya sa femme à son armée, où les Assyriens furent engagés au siège de Bactra, qu'ils avaient tenté en vain de conquérir. À son arrivée au camp, elle organisa une attaque sur la citadelle de la ville, monta les ramparts avec quelques partisans courageux, et obtint possession de la ville. Ninus fut tant charmé par sa bravoure et sa beauté qu'il résolut d'en faire sa femme, après quoi son malheureux époux mit fin à sa vie. De Ninus, Sémiramis eut un fils, Ninyas, et à la mort de Ninus, elle le succéda sur le trône. Selon une autre histoire, Sémiramis obtint de son époux l'autorisation de gouverner l'Asie durant cinq jours, et prise avantage de cette occasion pour emprisonner le roi au donjon, ou, comme cela est raconté également, de le mettre à mort et obtenir ainsi le pouvoir souverain. (Diod. ii.20; Aelian. V.H. vii.1.)

Sa célébrité jeta dans l'ombre celle de Ninus ; et les Âges qui suivirent aimaient parler de ses merveilleuses actions et de ses exploits héroïques. Elle construit de nombreuses villes et éleva plusieurs bâtiments étonnants ; et quelque-uns des travaux les plus extraordinaires de l'Est, existant dans un autre Âge, dont les auteurs sont inconnus, furent attribués par la tradition populaire à cette reine. À Ninive elle éleva un tombeau pour son époux, neuf stades de haut et dix de large ; elle construit la ville de Babylone avec toutes ses merveilles, aussi bien que plusieurs autres villes sur l'Euphrate et le Tigre, et elle construit les jardins suspendus de Média, desquels les écrivains qui suivirent nous relatent des comptes si étranges.

NOTE EN BAS DE LA PAGE : Hérodote ne mentionne Sémiramis qu'une fois (i.184), où il affirme qu'elle fut reine de Babylone, ayant vécu cinq générations avant Nitocris, et endigua l'Euphrate. Comme Nitocris vécut probablement vers 600 avant J.C., il est affirmé que cette Sémiramis doit être une personne différente de la Sémiramis de Ctésias. Mais il n'y a d'occasion pour supposer deux reines différentes portant le même nom ; la Sémiramis d'Hérodote est probablement aussi légendaire que celle de Ctésias, et survint simplement de la coutume que nous avons remarquée ci-dessus d'assigner les grands travaux de l'Est d'auteurs inconnus à une reine de ce nom.

[COMMENTAIRE : Ceci est un exemple frappant de la confusion que le Dr Immanuel Velikovsky tenta de clarifier avec sa reconstruction historique dans la série Ages In Chaos. Il n'y a certes pas eu deux reines nommées Sémiramis. Pour plusieurs raisons, trop complexes pour être mentionnées ici, le Dr Velikovsky affirme que les Hittites et les Assyriens sont les mêmes gens. Il existe de nombreux sites historiques hittites en Cappadoce, y compris la capitale légendaire hittite de Boghazkoi, dont les ruines sont situées au nord de Tyane et au sud-est d'Ankara. On dit que le célèbre aqueduc de Tyane dont les ruines existent encore de nos jours fut construit originellement par les Hittites, et plus tard réparé par les Romains. La langue hittite mystérieuse fut, en effet, la langue écrite de la Cappadoce hittite pré-araméenne ; et son registre de l'histoire hittite est simplement une répétition de l'histoire assyrienne, vue de la perspective cappadocienne.

[La Ville de Tyane fut construite par l'impératrice assyrienne Sémiramis et le roi cappadocien-hittite Nimroud vers l'an 825 avant J.C. Ce ne fut que 225 ans avant la date approximative d'Hérodote de 600 avant J.C. pour Nitocris. Bien que 225 ans soient trop longs pour seulement cinq générations, ces deux dates sont néanmoins assez proches pour nous faire croire à la validité du compte d'Hérodote, plutôt qu'à la plus vieille date de 2,185 avant J.C., qui elle-même doit être avancée par au moins 1,200 ans en conformité avec la reconstruction historique du Dr Velikovsky--parce que l'histoire assyrienne-hittite a non seulement dupliqué 600 ans, elle l'a triplée par deux fois cette période de temps ! Si on soustrait 1,200 ans de 2,185 avant J.C., on obtient l'an 985 avant J.C., ce qui place Sémiramis plus près de la date de 825 avant J.C. Dans l'histoire ce la Cappadoce, il est incontesté que Sémiramis et Nimroud fondèrent Tyane.

[La datation historique de l'impératrice Sémiramis est déterminée mathématiquement par celle de l'histoire hittite. Comme nous le savons du Dr Velikovsky, le roi assyrien Sennachérib est l'équivalent du roi hittite Murshilis I, et le roi babylonien Nebuchadonozar II (conquérant de l'Assyrie) est l'équivalent du roi hittite Hattushilis III. Puisque tous les rois hittites sont connus de la fondation de "Hatti" jusqu'aux successeurs d'Hattushilis III, ce n'est qu'une question d'égaler tous ces rois assyriens avec leurs équivalents hittites, ou le nom historique "miroir". Le nom historique "miroir" hittite de l'impératrice Sémiramis fut l'impératrice Tuvannanas, une des fondatrices de l'Empire hittite. Il n'y a aucun doute par rapport à cette identification. Or, la ressemblance entre les deux noms "Tyane" et "Tuvannanas" n'est pas une coïncidence, comme la Ville de Tyane fut indubitablement nommée selon cette impératrice Tuvannanas Sémiramis, sa fondatrice. La lettre grecque Upsilon peut être écrite en Latin et en Anglais soit comme un U ou un Y. Tel que noté ci-dessus, "Tyane" s'épelle également "Tuana", et on peut donc conclure que la désignation hittite de l'impératrice Sémiramis aurait pu être prononcée comme "Tyvannanas." Récemment, de nouvelles excavations archéologiques commencèrent à Tyane avec la coopération des Gouvernements de la Turquie et de l'Italie. Il reste à voir s'ils trouveront des découvertes de l'origine hittite de Tyane ou des objets fabriqués appartenant à la période d'Apollonius.

[Noter la dimension énorme du tombeau de Ninus décrite ci-dessus. Un stade fut 590 pieds (environ 180 mètres) en longueur. Si ce tombeau mesurait 9 stades de haut et 10 stades de large, cela serait l'équivalent de 5,310 pieds (1618 m) de haut et 5,900 pieds (1798 m) de large, plus d'un mille de dimension dans les deux directions ! Même aujourd'hui nous n'avons pas de bâtiments qui mesurent un mille de haut ou un mille de large ! Ce tombeau devait être quelque chose de magnifique à voir, parce qu'il n'y a aucune raison de ne pas croire cette information, considérant l'énormité des autres projets architecturaux assyriens et babyloniens, pour ne pas mentionner l'énorme dimension de la ville de Babylone. RS]

Autre que conquérir plusieurs nations d'Asie, elle [Sémiramis] subjugua l'Égypte et une grande partie de l'Éthiopie, mais ne réussit pas une attaque qu'elle avait entreprise contre l'Inde. Après un règne de quarante-deux ans, elle transmit la souveraineté à son fils Ninyas et disparut de la Terre, prenant son envol à ciel en la forme d'une colombe.

Tel est le bref résumé de la narration de Diodore, la nature fabuleuse de laquelle est encore plus apparente dans les détails de sa narration. Nous avons déjà signalé, dans l'article Sardanapalus, le caractère mythique de la totalité de l'histoire assyrienne de Ctésias, et il est inutile de passer plus de temps sur ce sujet. Un écrivain récent présenta plusieurs raisons pour croire que Sémiramis fut originalement une déesse syrienne, probablement la même qui fut adorée à Ascalon sous le nom d'Astarté, ou l'Aphrodite Céleste, à qui la colombe fut sacrée (Lucian, de Syria Dea. 14,33,39). De là les histoires de sa sensualité (Diod. ii.13) qui furent mêmes courantes au temps d'Auguste (Ovid, Am. i.5.11). (Comparer Movers, Die Phönizier, p.631.)

[COMMENTAIRE : Ces références mythiques sont très intrigantes, parce qu'au temps de Sémiramis, L'Arbre Cosmique fut encore en place, attachée à notre Pôle Nord. Sémiramis fut peut-être une "demi-déesse" qui y accéda pour devenir immortelle avec les "dieux" du "Mont Olympes !" RS]

A Dictionary of the Bible By Professor William Smith & Others (Boston, 1863), Volume I, Page 275.

CAPPADOCE. Le district est de l'Asie Mineure est intéressant en référence à l'histoire du Nouveau Testament seulement par rapport à la mention de ses résidents juifs parmi ceux qui entendirent le premier sermon de St Pierre (Actes ii : 9), et ses résidents chrétiens parmi les lecteurs de la première Épître de St Pierre (1 Pet. i : 1). La communauté juive de cette région forma indubitablement le noyau des Chrétiens ; et cette première peut probablement être tracée à la première introduction des colons Juifs en Asie Mineure par Seleucus (Joseph. Ant. xii.3,§4). La période romaine, à travers la multiplication des grandes villes et de la construction des routes, offrirait une plus grande facilité à la propagation du Judaïsme et du Christianisme. Nous devons observé que la Cappadoce fut facile d'accès de la direction de la Palestine et de la Syrie en empruntant les Portes ciliciennes [le Col Gulek moderne, RS] qui conduisait en travers les montagnes Taurus de la côte de la Cilicie [la région moderne d'Adana, RS], et qu'elle fut reliée, du moins sous les empereurs qui suivirent, par de bonnes routes avec le district au-delà de l'Euphrate.

La chaîne de montagnes Taurus et le cours supérieur de l'Euphrate peuvent être mentionnés sans risque, en terme général, comme les limites naturelles de la Cappadoce au sud et à l'est. Ses limites géographiques à l'ouest et au nord furent variable. Dans les temps anciens, le nom atteignit aussi loin vers le nord que l e Pnt-Euxin [la Mer Noire]. La région de la Cappadoce, vue de cette ampleur, constitua deux satrapies sous les Perses et par la suite, deux monarchies indépendantes. Une fut la Cappadoce sur le Pont-Euxin, l'autre la Cappadoce près des Taurus. Ici nous avons le noyau des deux provinces romaines de Pont-Euxin et de la Cappadoce. Quelques monarques qui régnèrent la Cappadoce propre portaient le nom d'Ariarathes. Un d'eux est mentionné dans 1 Macc. xv.22. Le dernier de ces monarques fut appelé Archelaus (voir Joseph. Ant. xvi.4,§6 [ci-dessous, RS]). Il fut perfidement traité par l'empereur Tibère qui réduisit son royaume à une province [en] 17 après J.C. Et voilà l'état du pays pendant le temps du travail apostolique de St Pierre.

La Cappadoce est un haute-plateau croisé de chaînes de montagnes. Elle semble toujours avoir été déficient en bois ; mais ce fut un bon pays pour le grain, et particulièrement célèbre pour son pâturage. Sa métropole romaine, par la suite le lieu de naissance et l'épiscopat de St Basile, fut Césarée (maintenant Kayseri), autrefois Mazaca, située près du Mont Argaeus, la plus haute montagne de l'Asie Mineure. Quelques-unes de ses autres villes furent également célébrées dans l'histoire ecclésiastique, surtout Nyssa, Nazianzus, Samosata et Tyane. À l'origine, les natifs de la Cappadoce semblent avoir appartenu à la lignée syrienne : et puisque Ptolémée (v.6) place les villes d'Iconium [Konya moderne, RS] et Derbe dans les limites de cette région, nous pouvons possiblement obtenir de cette circonstance quelques informations au sujet de "la langue de Lycanoie", Actes xiv : 11. La meilleure description de ces parties de l'Asie Mineure sera trouvée dans les Recherches de Hamilton, et l'Asie Mineure de Texier.

*

Les Antiquités Juives par Flavius Josephus (Original Chapter XVI; Pages 247-251 of Josephus: The Essential Writings, Translated by Paul L. Maier, Grand Rapids, Michigan, 1988).

En ce temps [15 avant J.C., RS], Hérode voyagea en Italie pour visiter [Auguste] César et ramener ses fils, Alexandre et Aristobule, qui avaient complété leur éducation. Quand ils arrivèrent à Jérusalem, ils furent cordialement reçus par la population. Cela rendit Salomé envieuse, car elle et ceux qui avaient provoqué la mort de leur mère Mariamne seraient punis par les jeunesses si jamais ils arrivèrent à tenir le pouvoir. Ce groupe répandit alors des rumeurs que les garçons méprisaient vraiment leur père pour ce qu'il avait fait à leur mère. Mais pour maintenant, Hérode laissa l'amour l'emporter sur le soupçon, et il organisa le mariage de son Aristobule à Bernice, la fille de Salomé, tandis qu'Alexandre maria Glapira, la fille du roi de la Cappadoce.

Apprenant qu'Agrippa était dans l'Est, Hérode lui donna un accueil royal à Jérusalem. Il suivit alors Agrippa en Asie Mineure, où Hérode reçut de lui la confirmation des droits juifs en Ionie. Quand Hérode rapporta cela aux gens de Jérusalem, ils furent enchantés et reconnaissants. Toutefois, la dissension dans la maison d'Hérode s'empira car Salomé continua sa campagne contre les deux fils de Mariamne. Pour leur part, les jeunesses furent moins que prudents et exprimèrent ouvertement leur colère contre Salomé et Péroras. Le frère et la sur d'Hérode répondirent en étendant encore plus de fausses rumeurs que les jeunes héritiers projetèrent de venger la mort de leur mère, et rapportèrent aussi à Hérode que les fils de Mariamne complotaient contre lui.

Hérode commença à soupçonner Alexandre et Aristobule. Pour mener l'enquête, il fit venir son fils aîné, Antipater, né de sa première femme Doris quand Hérode fut encore un roturier. Il projeta de démontrer aux jeunesses que la succession ne fut pas nécessairement la leur. Antipater supporta les intrigues de Salomé et de son frère, Péroras. Il réussit à convaincre Hérode de ramener sa mère au palais, et nota avec soin à Hérode toutes les fois que les deux princes furent attristés par le destin de leur mère ou qu'ils critiquaient leur père. Le préparant ainsi pour la succession, Hérode envoya Antipater à Rome, et y alla alors lui-même, amenant ses deux fils pour les accuser devant Auguste. En premier ils furent sans parole et en larmes, mais Alexandre répondit si bien aux accusations qu'Auguste poussa le père et ses fils à se réconcilier et ils s'embrassèrent tous en larmes. Hérode donna 300 talents à César dans les jours suivants pendant que César lui donna la moitié du revenu de la mine de cuivre de Chypre. Antipater retourna à la maison avec eux prétendant être heureux de la réconciliation. Lorsqu'ils atteignirent Jérusalem [12 avant J.C., RS], Hérode assembla le peuple dans le temple et annonça la succession :

Antipater régneraient en premier, et ensuite, Alexandre et Aristobule, ses fils par Mariamne.

Deux ans après sa fondation, Césarée [Maritima, Palestine, RS] fut complété et le port fut consacré avec des festivités extravagantes dont l'empereur et son épouse contribuèrent. Hérode construit également les villes d'Antipatris et de Phasaelis comme monuments commémoratifs à son père et son frère, et accorda des contributions à plusieurs villes de la Syrie et de la Grèce. [Josèphe continue en listant les décrets d'Auguste et d'Agrippa en faveur des Juifs dans l'est de la Méditerranée. Paul Maier]

Pendant ce temps, la dissension à l'intérieur du palais devenait une guerre civile, comme Antipater continua de déjouer ses frères qui furent indignés par sa succession. Péroras, le frère d'Hérode, rejeta deux des filles d'Hérode en mariage à cause de sa passion pour une fille-esclave. Lorsqu'il accusa aussi faussement Hérode d'être en amour avec Glapira, la femme d'Alexandre, elle fut impliquée dans le mensonge.

Le désaccord fit éruption dans la famille avec de plus en plus de violence. Hérode resta constamment dans une fièvre d'excitation par rapport à Antipater qui continua à comploter la destruction d'Alexandre et d'Aristobule. Il engagea les domestiques et même les amis des frères pour les accuser d'intrigues contre le trône. La Cour entière devint bientôt une scène de soupçon, de mélancolie et de méfiance : les suspects furent torturés et tués, pendant que les espions se trouvaient partout. Les gens accusèrent leurs ennemis d'intrigues afin que le roi les tue, et il existait un climat général d'horreur. Antipater convainquit enfin le roi qu'Alexandre voulait tuer son père et il donna l'ordre alors de le jeter en prison.

Pendant qu'il fut là, Alexandre, par fierté perverse, refusa de se défendre, et à la place, composa [une satire, Maier] en quatre livres et l'a fit publier. Selon ces livres, il déclara qu'il y avait eu en effet un complot contre Hérode, mais que Péroras et les plus fidèles des amis du roi assistaient Alexandre. De plus, Salomé s'était forcée sur lui dans sa chambre pendant la nuit et l'obligea, contre sa volonté, d'avoir des rapports sexuels. Cela ne servi qu'à tourmenter Hérode encore plus.

Le beau-père d'Alexandre, Archelaus, roi de la Cappadoce [qui vivait à Tyane, RS], s'inquiéta pour la sécurité de son gendre et de sa fille et s'empressa vers Jérusalem. Il gagna d'abord la confiance d'Hérode en prétendant de croire toutes les fausses accusations contre Alexandre et en agissant indigné envers lui. Mais pas à pas, il montra à Hérode combien les charges furent improbables et réussit à mettre le blâme sur les amis du roi et surtout sur Péroras, envers qui le roi fut déjà hostile. Archelaus réconcilia Hérode et Alexandre et il obtint également le pardon de Péroras qui confessa sa culpabilité. Archelaus retourna alors à la Cappadoce avec la gratitude profonde d'Hérode et des cadeaux.

Un aventurier de Sparte nommé Euryclée vint présentement à Jérusalem et gagna la faveur du roi. Mais quand il découvrit les dissensions dans la famille royale, il les tourna à son avantage. Il obtint la confiance d'Alexandre en prétendant être un ami du roi Archelaus. Euryclée s'insinua dans les bonnes grâces d'Antipater en espionnant Alexandre et en rapportant tout ce que disait Alexandre, pour lequel il fut bien récompensé. Antipater poussa alors Euryclée à divulguer tout à Hérode. Hérode crut facilement les mensonges d'Euryclée au sujet du complot d'Alexandre et le récompensa davantage. À son retour vers Sparte, Euryclée obtint encore plus d'Archelaus lorsqu'il réclama avoir réconcilié Hérode et Alexandre ! En fait, Hérode devint même plus furieux quand il lut une lettre faussaire, soi-disant d'Alexandre au commandant de la forteresse d'Alexandrium, insinuant la révolution. Il donna l'ordre de détenir et de jeter Alexandre et Aristobule en prison. Rendu furieux par d'autres accusations, Hérode écrit à César l'informant des accusations contre les fils de Mariamne. César, qui avait planifié d'ajouter l'Arabie au domaine d'Hérode, abandonna cette idée en raison de son désaccord domestique. Mais il donna à Hérode l'entière autorité sur ses fils et l'avisa de convoquer un conseil à Berytus et d'emmener des gouverneurs et des amis comme assesseurs. Hérode ne permit pas à ses fils de participer au procès, mais apparut devant le conseil seul [l'an 7 ou 6 avant J.C., RS] qui comprenait 150 conseillers. Il semblait si passionné pour la mort des deux qu'ils furent condamnés par une majorité de la Cour, même si aucune accusation ne fut prouvée contre eux. Les seules preuves furent des lettres dans lesquelles ils avaient écrit au sujet de plans pour fuir, incluant également des plaintes au sujet de l'hostilité d'Hérode envers eux.

Quand Hérode vint à Césarée, tous les gens sympathisèrent avec les jeunes hommes et attendirent anxieusement pour voir ce qui se passerait. Alors, un vieux soldat nommé Tiro, dont le fils fut un ami d'Alexandre, exprima un sentiment général d'indignation devant le roi. Il demanda ce qui était devenu de son bon sens qu'il mettrait à mort deux jeunesses qui furent des parangons de vertu. Pourquoi avait-il plutôt eu confiance à Antipater, Salomé, et Péroras qu'il avait si souvent condamné à mort et que les masses silencieuses et l'armée détestaient ? Hérode répondit en ayant Tiro et son fils arrêté immédiatement.

Un des barbiers d'Hérode, Trypho, se présenta alors en réclamant que Tiro ait tenté de l'inciter de couper la gorge du roi en lui faisant la barbe, lui promettant qu'Alexandre le paierait généreusement. Tiro, son fils et le barbier furent immédiatement mis au supplice. Tiro endura la torture courageusement, mais quand il fut torturé encore plus sévèrement, son fils s'écria qu'il confesserait tout, si son père et lui étaient épargnés de d'autres tourments. Le roi consentit, et le fils admit que son père, persuader par Alexandre, avait déterminé de tuer Hérode. Certains dirent que ce fut un mensonge conçu pour arrêter la torture, tandis que d'autres maintinrent que c'était vrai. Hérode accusa alors les chefs militaires impliqués par Tiro, Tiro lui-même, son fils et le barbier et la foule les lapida et les frappa à mort. Alexandre et Aristobule furent apportés à Sébaste par la suite et étranglés à mort.

[COMMENTAIRE : Avec tout la corruption et le mal associé aux souverains laquais de Rome, est-ce surprenant qu'Apollonius Tyanaeus, John-Baptiste et même Jésus Barabbas voulaient libérer leur région du Levant de la méchanceté dépravée et de la tyrannie lascive de Rome ? Concernant Hérode, ceci n'est qu'une vignette de la totalité de ses crimes qui eurent une grande influence sur son état de santé ; et au moment de sa mort, parmi d'autres maladies, son tube digestive se faisait manger par des vers ! RS]

Robertino Solàrion
Dallas, Texas
Le 1 décembre, 2002


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