Parmi la collection de croquis par l'artiste flamand Johannes Stradanus (Bruges 1523 - Florence 1605) au Musée Cooper-Hewitt, New York, se trouve une série de petits dessins jusqu'ici inédits--tous exécutés à la plume avec de l'encre brune délavé d'une couche de gris-brun, et numéroté d'un à dix.[1] Selon leurs sous-titres, écrit par la propre main de l'artiste, les dessins représentent des scènes de la vie du philosophe grec Apollonius de Tyane telles que décrites par Flavius Philostrate l'Aîné.
Apollonius (40 A.D. - 120 A.D.) fut originaire de la ville de Tyane en Cappadoce.[2] De nos jours, il est considéré comme un philosophe éclectique, pratiquement inconnu pendant sa vie et commémoré dans quelques villes de la Syrie du nord et de l'Asie Mineur comme magicien bienfaisant et docteur d'Asclépias. Agissant sur les directives de l'impératrice romaine Julia Domna, le sophiste Grec Flavius Philostrate l'Aîné écrit une biographie élaborée qui fut complétée peu après 217 A.D. Dans le compte largement fabriqué de Philostrate, Apollonius est glorifié comme un philosophe néo-pythagoricien universellement acclamé, influent, et même semi-divin qui fit des miracles spectaculaires, des prophéties, et exorcisa des démons. Philostrate raconte comment Apollonius, accompagné de ses disciples, voyagea dans la région Méditerranéenne et le Moyen-Orient; en Égypte il visita les Gymnosophistes et en Inde les Brahmanes, qui l'initièrent dans leur sagesse suprême. Quand il est mort à un âge avancé, son corps et son âme sont montés au ciel.
La biographie de Philostrate acquit une notoriété considérable tôt au quatrième siècle. En 302, le sophiste grec Sossianus Hierocles publia un traité anti-chrétien dans lequel il compara l'Apollonius produit par Philostrate avec le Christ, estimant les pouvoirs surnaturels du philosophe supérieurs à ceux du fondateur du Christianisme. L'évêque Eusèbe de Césarée attaqua avec véhémence ces propos dans l'Apologie Contra Hierocles de 303, dans lequel il défendit l'origine divine des miracles accomplis par le Christ et condamna Apollonius comme étant un magicien inspiré par les pouvoirs du mal. Dès lors, la figure d'Apollonius comme rival du Christ fut fermement logé dans les écritures polémiques des Pères de l'Église et des défenseurs de l'Hellénisme.
L'editio princeps de la Vie d'Apollonius par Philostrate fut imprimé en 1501-1504 à Venise. Les premières éditions italiennes--par Francesco Baldelli, Lodovico Dolce, et Giovambernardo Gualandi--parurent toutes en 1549. Stradanus consulta sans doute une de ces éditions italiennes comme source d'inspiration. Du fait que l'histoire est peu connue, les épisodes représentés dans les dessins de Stradanus sont décrits ci-dessous. Pour l'identification des illustrations, j'ai fait référence à l'édition de F.C. Conybeare de 1912.[3]
Le premier dessin dans la série de Stradanus représente La naissance d'Apollonius à Tyane en Cappadoce (Livre I, Chapitres 4-5; Fig. 1, haut).[4] La mère enceinte d'Apollonius dort dans un pré où elle avait cueilli des fleurs en accord avec les directives reçues dans un rêve. Les cygnes dansent autour d'elle en cercle. Réveillée soudainement par leur cris, elle accouche prématurément de son fils dans l'arrière-plan. La naissance est accompagnée par la foudre--un présage qu'Apollonius accomplirait de grandes actions et acquerrait un statut divine. Au-dessous, sur la même feuille de papier, nous apercevons Apollonius admirant les reliefs du temple de Taxila (Livre II, Chapitre 20; Fig. 1).[5] Près de la ville royale de Taxila en Inde, Apollonius et ses compagnons admirent l'intérieur d'un temple dont les murs sont couverts avec de grands reliefs de bronze. Ces derniers enregistrent comment Alexander le Grand, après son écrasante défaite du roi Porus de l'Inde, réintégra le roi et lui présenta l'Inde en cadeau.
La deuxième feuille dans le Cooper-Hewitt, comme les autres qui composent cette série, possède également deux scènes, une par-dessus l'autre (Fig. 2). La scène du haut, Apollonius rencontrant le messager des Brahmanes (Livre III, Chapitres 11-13),[6] représente le philosophe et ses disciples en Inde où ils rencontrent le messager des Brahmanes--un jeune homme au teint foncé avec une tache lumineuse sur le front et une ancre d'or dans la main. Le château à l'arrière-plan est la forteresse des Brahmanes où Apollonius demeurerait par la suite. Le croquis du bas représente Apollonius débarrassant les gens d'Éphèse d'un peste (Livre IV, Chapitre 10).[7] Agissant selon les directives d'Apollonius, vu sur le côté gauche avec ses disciples, les citoyens d'Éphèse lapide un vieux mendiant aveugle dans le théâtre de leur de leur ville, qui par la suite, s'avère être un démon de la peste qui se transforme en grand chien féroce.
La troisième feuille illustre deux miracles que Philostrate attribua à Apollonius (Fig. 3). Le premier, Apollonius guérissant un jeune Athénien possédé d'un démon (Livre IV, Chapitre 20),[8] démontre le démon--selon les ordres d'Apollonius intronisé--faisant tomber une statue de sa plinthe comme preuve visible qu'il avait laissé le corps du jeune homme. Dans la scène inférieure, Apollonius ressuscitant une fille morte à Rome (Livre IV, Chapitre 45),[9] le mystique appose ses mains sur une fille qui est morte peu avant son mariage, pour ainsi la ranimer.
La présumé habilité du philosophe grec de discerner l'avenir le sujet de la quatrième feuille (Fig. 4). Dans Apollonius prédisant l'année des trois Empereurs à Syracuse (Livre V, Chapitre 13),[10] une femme vient tout juste de donner naissance à un fils avec trois têtes, dont Apollonius, dans l'arrière-plan du côté droit, interprète à ses disciples comme avertissement que trois empereurs romains--Galba, Otho, et Vitellius--viendront tous au pouvoir et mourront la même année. Dans la scène du bas, Stradanus illustre Apollonius prédisant l'acquittement d'un homme condamné à mort à Alexandrie (Livre V, Chapitre 24).[11] Au premier plan Apollonius prédit que Pharion, un des douze criminels déclarés coupables, sera libéré juste avant son exécution. Sa prédiction est sur le point de se réaliser: huit des prisonniers ont déjà été décapités lorsqu'un messager à cheval arrive à l'échafaud avec des ordres de libérer Pharion qui a été trouvé innocent.
La cinquième feuille illustre deux autres aventures d'Apollonius durant ses voyages (Fig. 5). Le croquis du haut démontre Apollonius rencontrant les animaux et les autochtones d'Éthiopie (Livre VI, Chapitres 24-26).[12] En route vers les sources et chutes d'eau du Nil, Apollonius et ses compagnons rencontrent des animaux sauvages qui leur permettent de passer indemnes. Ils rencontrent aussi des pygmées, des chasseurs d'éléphants, des cannibales et des sciapods[?]--des créatures nues qui utilisent leurs grands pieds comme pare-soleils.[13] Le croquis du bas démontre Apollonius réprimant le fantôme d'une satyre en Éthiopie (Livre VI, Chapitre 27),[14] raconte la poursuite du fantôme d'une satyre lascive et meurtrière par des femmes armées d'arcs et de flèches. Sur le côté droit, Apollonius offre une cruche de vin à la satyre qui tombe par la suite dans un sommeil ivre dans une caverne de l'arrière-plan.
Deux croquis de la série peuvent être associés à deux dessins reproduits avec plus de détails et de plus grand format, dont les sujets furent jusqu'ici non-identifiés. L'un est situé au Institut Courtauld de Londres (Fig. 6),[15] l'autre dans la pièce de l'imprimerie de l'Université Leiden (Fig. 7).[16] Une comparaison des croquis avec les dessins finis révèle des différences de compositions. Dans le croquis Cooper-Hewitt d'Apollonius prédisant l'acquittement d'un homme condamné à mort à Alexandrie (Fig. 4, au bas), les épisodes consécutifs de l'histoire sont représentés simultanément. Apollonius, au premier plan du côté droit, pointe vers les prisonniers passant devant lui et prononce sa prédiction, et derrière lui, quelques-uns de ses partisans et un garde à cheval peuvent être discernés. Le point culminant est joué à l'arrière-plan, le messager monté a atteint l'échafaud où la sentence à mort a déjà été exécutée sur quelques-uns des prisonniers, sous les yeux d'un monarque derrière une fenêtre décorée d'une tapisserie. Stradanus nota en-dessous que l'événement eut lieu pendant le règne de l'Empereur Domitien, un détail non-mentionné dans la source littéraire.
La composition du dessin complété à Londres (Fig. 6) est le contraire du croquis. Ici, Stradanus s'est tient au moment quand Apollonius exhorte un garde à cheval de retenir Pharion, vraisemblablement le prisonnier dans la dernière rangée qui jette un coup d'oil par-dessus son épaule. Sur l'échafaud, le bourreau attend l'arrivée de la procession, le messager monté manque dans cette version. Comparé au croquis, le dessin montre le moment de la prédiction plus clairement, avec le groupe principal regardant en avant et le garde monté placé au premier plan.
Une différence frappante entre le croquis Cooper-Hewitt d'Apollonius rencontrant les animaux et les autochtones d'Éthiopie (Fig. 5, haut) et le dessin fini à Leiden (Fig. 7) est l'emplacement du philosophe et de ses compagnons dans le paysage exotique. Dans le croquis, ils marchent vers la gauche, tandis que dans le dessin de Leiden, les voyageurs se reposent sous l'ombre d'un petit arbre. Selon la légende à peine lisible, Apollonius est la figure qui regarde vers la gauche. Les autres motifs, seulement que vaguement indiqué dans le croquis, sont aussi reproduits dans le dessin: les animaux sauvages consistant de deux lions, une panthère ou un léopard, un renard et un ours; les trois chutes d'eau du Nil qui cascadent des montagnes; et les sciapods légendaire assis sur le rivage devant leurs cavernes. Plus loin, on trouve des autochtones brandissant des bâtons et d'autres figures en fuite, probablement les cannibales et les pygmées qui, selon Philostrate, peuplèrent l'Éthiopie. Dans l'arrière-plan du côté gauche, près d'un groupe de palmiers, des chasseurs armés d'arcs et de flèches poursuivent deux éléphants. Enfin, à l'arrière-plan vers le centre, Apollonius et ses disciples vont admirer les chutes d'eau.
Ces différences de composition suggèrent que les deux croquis à la plume Cooper-Hewitt--et par déduction les huit autres également--furent des études préliminaires pour des dessins détaillés, et non des ricordi, qui auraient servi de fiches personnels de l'artiste de la composition de ses dessins définitifs. Stradanus nota sans doute ses idées initiales pour les illustrations immédiatement après avoir lu les histoires, numérotant et inscrivant ces brefs croquis. Il indiqua les sujets, les particularités iconographiques, et parfois la figure principale dans les compositions chargées avec le nom, Apolinio. Ces notes servirent par la suite d'aides mémoire pour les dessins détaillés. Que les illustrations furent probablement faites pour produire une série de gravures est démontré par la technique des deux dessins finis--la même technique que celle utilisée par les nombreux croquis existants pour les gravures. Ces dernières sont caractérisées par les détails soigneux exécutés avec la plume, les endroits ombragées à l'encre délavé, et les rehauts de couleur corporelle blanche--tous là pour assister le graveur.[17] De plus, le dessin de Londres portait au bas une inscription flamande de Stradanus, dont la plupart de l' écrit fut coupé ou enlevé; deux fragments furent collés à l'endos de la feuille. Des inscriptions similaires sont souvent rencontrées sur les fiches pour les gravures; elles servirent de directives aux éditeurs flamands d' Anvers qui accomplirent et publièrent les gravures. L'expérimentation de l'artiste pour déterminer la meilleure disposition des figures dans Apollonius prédisant l'acquittement d'un homme condamné à mort à Alexandrie (Fig. 4, bas, et Fig. 6) suggère qu'il envisagea une transposition d'image miroir de la composition, telle est la coutume dans la gravure. Cependant, on ne connaît aucunes gravures appartenant à une série conçue par Stradanus et basées sur la vie d'Apollonius de Tyane. Cela réduit la probabilité qu'une telle série ait jamais été publiée.
À tout point de vue les illustrations correspondent aux travaux de Stradanus pendant la dernière période de sa longue vie. Une préoccupation majeure de ces dernières années fut la production de croquis pour une série de soixante et une gravures de scènes de chasse exotiques, publiées entre 1596 et 1602 par Philip Galle à Anvers sous le titre Venatiónes Feranum, Avium, Piscium. Pugnae Bestiariorum....[18] Telle Welmoet Bok-van Kammen démontra dans son examen de ces scènes de chasse célèbres, les sujets de sept des gravures sont basés sur la Biographie de Philostrate, Apollonius de Tyane.[19] En fait, les compositions de deux de ces gravures sont très semblables à ceux des croquis discutés ici (Fig. 5, haut et bas): Apollonius rencontrant les animaux et les autochtones d'Éthiopie (Fig. 8),[20] et la poursuite du fantôme de la satyre malfaisante (Fig. 9).[21]
Les correspondances thématiques et stylistiques suggèrent que les deux croquis à la plume furent probablement produits à la même période que les gravures.[22] Un nombre de croquis pour les scènes de chasse portent la date 1596,[23] appuyant l'hypothèse que les illustrations de la Vie d'Apollonius de Tyane date de cette même période.
Dans le domaine des arts, des scènes basées sur la Vie d'Apollonius de Tyane de Philostrate sont pratiquement inconnues.[24] Dans son choix d'un tel sujet obscur, l'artiste a peut-être été influencé par Luigi Alamanni (1558-1603), un homme de lettres de Florence qui joua un rôle important dans la carrière de Stradanus en lui donnant des commissions et des conseil.[25] Poète et érudit éminent, Alamanni posséda une connaissance approfondie de la littérature classique et fut membre du Accademia degli Alterati, une société consacré à l'étude de la littérature italienne, notamment la Divina Commedia de Dante. Ses intérêts s'étendirent de la théologie et de la philosophie jusqu'à la cosmographie, l'astronomie et les mathématiques; il fut particulièrement absorbé dans les problèmes topographiques et mathématiques soulevés par l'Inferno de Dante et la découverte de l'Amérique par l'explorateur florentin Amerigo Vespucci.
De 1587 et par la suite, Alamanni commissionna régulièrement des croquis de Stradanus pour des gravures représentant une variété de ses sujets littéraires et scientifiques favoris.[26] Il fournit des directives iconographiques détaillées, souvent avec des références aux sources littéraires, et composa des légendes en Latin pour les gravures. De toute évidence, Alamanni collabora à la série des scènes de chasse exotiques. Au verso des deux feuilles en rapport avec ce projet aussi conservées au Musée Cooper-Hewitt, on trouve des annotations écrites de la main d'Alamanni qui décrivent une scène de chasse avec des références aux sources classiques, aussi bien qu'un croquis rudimentaire, servant tous deux comme directives pour le dessin que Stradanus a produit au recto.[27] La participation d'Alamanni aux scènes de chasse dans le rôle de conseiller iconographique et le fait que sept sujets de cette série viennent du récit d'Apollonius de Philostrate sont des indices importants qu'Alamanni fut l'instigateur de, et peut-être même commissionna les illustrations de Stradanus qui représentent la vie remarquable du philosophe Grec de Tyane.
NOTE de l'AUTEUR: J'aimerais remercier Herman Th. Colenbrander pour son assistance dans la préparation de cet article et Ruth Koenig pour la traduction du texte.
NOTES
1. Voir les deux articles de M.N. Benisovich: " The Drawings of Stradanus (Jan van der Straeten) in the Cooper Union Museum for the Arts of Decoration, New York, " Art Bulletin, 38, 1956, pp. 249-51 (the series is referred to on p. 251 as " ... four others from the Story of St. Apolline ... " ); et " Les Dessins de Stradanus ", Il Vasari, 21, 1963, pp. 139-43.
Selon moi, les nombreuses pages couvertes de croquis et d'inscriptions furent originalement réunis en carnets à croquis, dans lesquels, à partir de 1580 et par la suite, Stradanus garda ses primi pensieri--dans la plupart des cas, des croquis préliminaires pour produire des gravures.
2. Pour consulter une étude critique récente de ce philosophe, voir M. Dzielska, Apollonius of Tyana in Legend and History (Problemi e ricerche di storia antica 10), Rome, 1986, avec bibliographie.
3. Philostrate. La Vie d'Apollonius de Tyane (The Loeb Classical Library), with an English translation by F.C. Conybeare, London and New York, 1912. Pour l'editio princeps de la Vie, voir Dzielska, 1986, p. 195. Les premières éditions italiennes sont: F. Baldelli, Della vita de Apollonio Tianeo, Florence, 1549; L. Dolce, La vita del gran philosopho Apollonio Tianeo, Venice, 1549; G. Gualandi, Della vita del mirabile Apollonio Tyaneo, Venice, 1549. Stradanus utilisa probablement la version de Baldelli, publiée à Florence, et, étant divisée en chapitres, plus facile à lire que les deux autres éditions.
4. Inv. no. 1901-39-2021 verso, haut. Numéroté en bas à gauche, 1.; inscrit dessous, La Tyana cita greca posta ne confini capodotia. Les dessins dans la série mesurent entre 144 et 149 par 101 et 103 mm.(feuille).
5. Inv. no. 1901-39-2021 verso, bas. Des traces de numérotage en bas à gauche, 2.; des traces d'inscription en bas à droite.
6. Inv. no. 1901-39-2021 recto, haut. Numéroté en bas à gauche, 3.; inscrit par dessus au centre, nebie monticelle i.e. castelle, sous les figures, giovani indiani and Apoline; en-dessous, mandam oratori [mots biffés] i. Appoli[n]o ariviorono a u[n]a castelle dove abitorono bracomani. Les mots biffés réfèrent à la scène du croquis inférieur.
7. Inv. no. 1901-39-2021 recto, bas. Numéroté en bas à gauche, 4.; inscrit par dessus au centre, teatro; en bas à gauche, Apolonio; plus bas que cela, mandorno oratori a Apolonio / Indiani monte [?] [mots biffés] / nel [?] tempio Efesi una grava pestilensa. Les mots biffés réfèrent à la scène du croquis supérieur.
8. Inv. no. 1901-39-2022 recto, haut. Numéroté en bas à gauche, 5.; inscrit en haut à droite, Apolonio; dessous, u[n]e giovani spiritate in atene in gretia.
9. Inv. no. 1901-39-2022 recto, bas. Numéroté en bas à gauche, 6.; inscrit en bas au centre, Apolonio; dessous, U[n]o sapiento a Roma apolionifecce resusitare damma / una fansula.
10. Inv. no. 1901-39-2022 verso, haut. Numéroté en bas au centre, 7.; inscrit en haut à droite, filostrate; dessous, una dona parton un figliol co[n] 3. capi. La désignation d'Apollonius comme " filostrate " est évidemment erronée.
11. Inv. no 1901-39-2022 verso, bas. Numéroté en bas à gauche, 8.; inscrit en bas au centre, filostrate; dessous, allexdria in egete / imp [?] domitianus giustitia. La désignation d'Apollonius comme " filostrate " est évidemment erronée.
12. Inv. no. 1901-39-2669 recto, haut. Numéroté en bas à gauche, 9.; inscrit au centre, nilo; lower right, capo [?] capo co[n]i piedi; below, caccare elifanti e mangiare [illegible] pigmei e gente.
13. On sciapods, voir R. Wittkower, " Marvels of the East: A Study in the History of Monsters ", Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, 5, 1942, pp. 159-97.
14. Inv. no. 1901-39-2669 recto, bas. Numéroté en bas à gauche, 10.
15. Inv. no. 2540, as " A Procession of Captives ". Plume et encre brune, délavé de vert, rehaussé de blanc, 186 X 266 mm. Voir Hand-list of the Drawings in the Witt Collection, London, 1956, p. 131. Les dessins portèrent originalement au-dessous une légende flamande de Stradanus, la plupart ayant été coupées. Sur les deux fragments de la légende, collés au verso aux extrémités droite et gauche, on trouve ce qui suit:
Apolonio / van de [illigible]; and Apol[inio] sprack met de huverste / de tormenten 4 [illigible] los.
16. Inv. no. AW 695. Plume et encre brune, délavé de vert, rehaussé de blanc, laid down[?], 187 X 273 mm. Voir J. Bolten et al., Oude Tekeningen van het Prentenkabinet der Rijksuniversiteit te Leiden, exh. cat., Institut Néerlandais, Paris, et ailleurs, 1985, no 79, repr. as " Group of Men Disputing in Foreign Parts ", sans la mention de l'inscription Apolinius sous la figure regardant vers la gauche.
17. Les deux dessins sont délavé en vert. Cela représente un changement pour Stradanus qui d'habitude délavait ces croquis pour gravures en brun ou, rarement, en bleu. De plus, il existe des croquis de Stradanus pour des gravures à la plume et de l'encre brune mais non-délavé.
18. Voir W. Bok-van Kammen, Stradanus and the Hunt, Ph.D. diss., Johns Hopkins University, Baltimore, 1977, pp. 15-16 (publié à Ann Arbor, 1983),
19. Bok-van Kammen, 1977, p. 59.
20. Bok-van Kammen, 1977, pp. 280-82.
21. Bok-van Kammen, 1977, pp. 381-83.
22. Voir Bok-van Kammen, 1977, pp. 282 et 383, où ces croquis sont discutés comme études préliminaires pour les gravures de chasse. Par contre, cela est improbable vu les différences marquées dans la composition et le fait que les deux croquis sont numérotés, tels ceux des scènes de la Vie d'Apollonius aussi identifiés par l'artiste. Les nombreux croquis à la plume désignant les scènes exotiques de chasse, aussi au Musée Cooper-Hewitt, ne sont pas numérotés.
23. Bok-van Kammen, 1977, p. 36.
24. À part les illustrations de Stradanus, je ne connais qu'une toile pertinente à la Vie d'Apollonius de Tyane. Elle représente Apollonius de Tyane recevant d'Iarchas, le chef des Brahmanes, sept bagues avec le nom des sept planètes par l'artiste de Venise Pietro Liberi (1614-1687); voir E. Herzog, " Zwei philostratische Bildthemen der venezianischen Malerei ", Mitteilungen des Kunsthistorischen Institutes in Florenz, 8, 1958, pp. 112-13, figs. 2, 3. Herzog suggère que Liberi avait lui-même choisi le curieux sujet comme décoration de son palais à Venise en fonction de son thème astrologique, qui, selon Herzog, exprimait la croyance en astrologie de Liberi's et les effets salutaires des amulettes, en la forme de bagues planétaires.
25. Pour plus d'information biographique au sujet de Luigi Alamanni, voir mon article, " Calcio Fiorentino disegnato da Giovanni Stradano ", Mitteilungen des Kunsthistorischen Institutes in Florenz, 37, 1993.
26. Voir ma thèse licenciée non-publiée, De Florentijnse literator Luigi Alamanni als opdrachtgever en iconografisch adviseur van de Vlaamse kunstenaar Johannes Stradanus, Utrecht University, 1976. Une des commissions d'Alamanni fut pour des illustrations de l'Inferno de Dante, datée 1587-88, maintenant à la Biblioteca Laurenziana à Florence (Cod. Med. Palat. 75). Cette commission est documentée par un contrat avec Alamanni, écrit par Stradanus sur une des pages au Musée Cooper-Hewitt (inv. no. 1901-39-2635 verso). Voir aussi M. Sellink, " Lucifer ", Bulletin van het Rijksmuseum, 35, 1987, pp. 91-104.
27. Bok-van Kammen, 1977, pp. 64-65. Les inscriptions and les croquis d'Alamanni sont au verso des dessins de Stradanus, The Emperor Commodus Killing an Escaped Tiger in the Arena with a Bow and Arrow and Stag Hunt with Bow and Arrow in Persia. Bok-van Kammen (p. 285, fig. 46, and p. 347) ne donne pas les détails de l'attribution des croquis dessinés au-dessus des notes d'Alamanni. L'inscription sur le dessin de Stradanus, The King of Persia's Hunt (p. 418), fut, selon moi, également écrit par Alamanni.
