L'information suivante provient textuellement de A Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, Vol. III, pages 323-324, 327, by Professor William Smith & Others, London, 1890.
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Le plus célèbre des Philostrate est le biographe d'Apollonios. La distribution des divers travaux qui portent le nom occupa l'attention et divisa les opinions des critiques les plus capables, comme nous pouvons le constater en consultant Vossius (de Hist. Graec. p. 279, ed. Westermann), Meursius (Dissert. de Philostrat. apud Philostrat. l'ed. Olearius, p. xv, &c), Jonsius (de Script. Hist. Phil. l'iii. 14.3), Tillemont (Histoire des Empereurs, vol. l'iii. le pp. 86, &c), Fabricius (Bibl. Graec. vol. v. pp. 540, &c), et les préfaces d'Olearius et de Kayser à leurs éditions des travaux des Philostrate. Dès le départ, il y a une différence concernant le nom. Les Vies des Sophistes porte le prénom de Flavius que nous ne trouvons nulle part ailleurs excepté dans Tzetzes. Dans le titre de ses lettres, il est appelé un Athénien. Eunapius (Vit. Spoh. pronem.) l'appelle un Lemnien, comme le fait Synesius (Vit. Dion.).
La meilleure façon de faire le point est de consulter l'auteur lui-même ; et ici, nous ne trouvons aucune difficulté. Il fut probablement né à Lemnos et y passa sa jeunesse. Il étudia la rhétorique sous Proclus dont l'école était située à Athènes, et eut l'occasion d'entendre, s'il n'était pas réellement l'élève, quelques-uns des rhétoriciens et des sophistes les plus avancés de son temps. Si nous pouvons croire Suidas, Fronton était son rival à Athènes. Philostrate parle d'Apsines, qui était aussi opposé à Fronton, comme étant son ami intime, son collègue.
Comme il fut appelé Lemnos par rapport à son lieu de naissance, ainsi, à son arrivée à Rome d'Athènes ou en y enseignant, il fut appelé Athénée pour le distinguer de son nom de jeunesse.
Le compte rendu donné par Suidas qu'il fut vivant au temps de l'empereur Philippe l'Arabe (A.D. 244-249), correspond précisément avec ce que nous trouvons écrit dans ses propres travaux. Clinton suppose le temps de sa naissance comme ayant été en 182 A.D. (Fast. Rom. p. 257), mais cela paraît trop tard et nous pouvons choisir 172 A.D. comme année probable.
Nous n'avons aucun avis du temps de son départ d'Athènes pour Rome, mais nous le trouvons comme membre du cercle d'hommes littéraires ("kuklos"), surtout des rhétoriciens, que la philosophe Julia Domna, l'épouse de Sévère, avait attiré autour d'elle (V. Ap. i. 3). Ce fut son souhait qu'il écrive la vie d'Apollonios. De la manière dont il parle et le fait qu'il ne consacre pas le travail à sa protectrice, nous pouvons conclure sans risque qu'elle était morte lorsqu'il finit la vie ; elle est morte en 217 A.D. Que le travail ait été écrit à Rome est rendu vraisemblable du fait qu'il contrasta la tombée soudaine de la nuit dans le sud de l'Espagne, avec la tombée graduelle en Gaule et à l'endroit où il écrit.
Que la même personne ait écrit la Vie d'Apollonios et les Vies des Sophistes, un fait que nous avons jusqu'ici présumé, apparaît des faits suivants. Il affirme distinctement qu'il avait été en Gaule. L'écrivain des Vies des Sophistes avait aussi été en Gaule ; car il mentionne la gaieté occasionnée par le langage du sophiste Héliodore à l'empereur Caracalla, lorsqu'en Gaule. Cela est confirmé puisqu'il reporte son lecteur à son oeuvre sur Apollonios comme étant bien connu. Il affirme qu'il avait écrit ces Vies pendant qu'Aspasius enseignait encore à Rome, fort avancé en âge. En plus, il les consacre à un consul nommé Antoine Gordien, un descendant d'Hérode Atticus, avec qui il avait conversé à Antioche à propos des sophistes.
Fabricius suppose que ce Gordien avait été Gordien III qui fut consul en 239 et en 241 A.D. Mais Clinton s'y oppose avec justesse disant que non seulement la dédicace dans ce cas aurait porté le titre de "autokrator" au lieu de "upatos," mais Gordien, qui en 239 A.D., n'était que dans sa 14e année, était trop jeune pour avoir eu une telle conversation comme celle indiquée. Il a pu être un autre des Gordiens qui ont tous étés des consuls. Comme ils furent tous tués en 238 A.D., les Vies ont dû être écrites avant cet événement. Et comme Aspasius n'a pas tenu résidence à Rome jusqu'en 235 A.D., les Vies des Sophistes ont été écrites aux environs de 237 A.D.
Avant de particulariser la partie de ses oeuvres qui existent à ce jour, il serait peut être plus opportun de parler de leur but et de leur style. Dans tous, à l'exception des Vies des Sophistes, Philostrate paraît avoir voulu illustrer la manière particulière dont les professeurs de rhétorique traitaient les divers sujets auxquels il avait affaire. Ils amplifiaient, ornaient et imitaient sans égard pour la vérité historique, comme une sorte de gymnastique qui entraînait l'athlète mental à être prêt pour tout effort dans les débats ou l'éloquence auxquels il pourrait être appelé.
[Note : Dans La Vie d'Apollonios de Tyane, Philostrate nous démontre Apollonios voyageant de place en place, prenant part aux longues discussions et débats sur différents sujets. Donc, nous pouvons conclure qu'Apollonios de Tyane était un genre de sophiste, dont la vie fut traitée séparément de la vie des autres sophistes.]
Au temps de Philostrate, la sphère était assez circonscrite pour permettre aux sophistes et rhétoriciens (et il sera observé qu'il ne fait aucune distinction entre eux) de discuter et de se débattre en toute liberté ; et de là provient son choix de thèmes qui n'ont aucune référence aux événements publics ou aux principes d'action politique.
Le fait qu'il fut intimement informé des éléments de style qui convenaient aux divers sujets est prouvé par ses commentaires critiques des écrits de ses frères sophistes. Une illustration suffira. Écrivant au sujet du plus jeune Philostrate, il dit, "La lettre écrite par Philostrate sur l'art de la correspondance épistolaire est visée à Aspasius ; bien qu'ayant été nommé secrétaire de l'empereur (Maxime), quelques-unes de ses lettres étaient plus déclamatoires et controversées que convenables et d'autres étaient déficientes en perspicacité. Ces deux caractéristiques n'étaient pas seyantes pour un prince ; puisque d'un côté, lorsqu'un empereur écrit, l'expression de sa volonté est tout ce qui est exigée et non un raisonnement minutieux et, de l'autre, la perspicacité est absolument essentielle car il prononce la loi et elle est l'interprète de la loi."
Dans la présentation à ses Imagines, il fait une distinction nette entre l'homme "Boulomenos sophizetai," et celui qui se renseigne sérieusement concernant l'origine de l'art de peindre. Nous pouvons conclure, à partir d'une expression dans cette introduction, où, parlant de peindre, il dit, "pleio sophizetai," que selon lui, la profession d'un sophiste s'étend à toutes sortes d'embellissements qui exigeaient et démontraient l'invention et le pouvoir de plaire par les usages.
L'idée ingénieusement énoncée par Kayser (Praef. ad Oper. Phil. p. vi.), que c'était aussi son but de restaurer en Grèce son ancienne vigueur, en citant des exemples clairs de ses gloires passées, ne paraît pas être caractérisé par l'exubérance et une grande variété d'expression. Il est suffisamment clair, sauf quand il a recours aux irrégularités de construction auxquelles il est quelque peu enclin, et de phrases semi-poétiques et d'archaïsmes qu'il emploie sans scrupule.
Puisqu'il projeta sans doute d'exemplifier divers modes d'écriture, nous retrouvons dans ses spécimens de chaque sorte d'anomalies qui sont aptes à rendre perplexe jusqu'à ce que cette particularité soit comprise. Il est bien versé dans les travaux des orateurs, des philosophes, des historiens et des poètes de la Grèce, incorporant plusieurs de leurs expressions aux siennes, surtout celles d'Homère, d'Hérodote, de Xénon, d'Euripide, de Pindare et de Démosthène.
La liste suivante représente les travaux de Philostrate :
[Note : Ici, nous ne fournissons que la description de La Vie d'Apollonios de Tyane, bien qu'une liste de ses autres travaux soit incluse à la fin de cette section.]
La Vie d'Apollonios de Tyane
Un compte rendu complet de ce travail, ayant distingué Philostrate, est donné sous "Apollonios." [Vol. I, p. 242, &c.]
[Note : Ce compte rendu peut être trouvé ailleurs dans ce livre dans la section intitulée "Apollonios Tyanaeus".]
Elle est divisée en huit livres, et porte le titre "Ta Es Ton Tuanea Apollonion." En la composant, dès le départ, il semble avoir suivi Hérodote comme modèle, qu'il délaissa toutefois dans les parties où il trouve l'occasion d'être plus de rhétorique, comme dans l'entrée de Philostrate devant Domitien (viii. 7). Dans la dernière partie, Kayser pense qu'il avait Thucydide en tête, mais Xénon semble plutôt avoir été son modèle.
Ce serait interminable d'énumérer tous les travaux qui ont été écrits en totalité ou en partie concernant cette vie d'Apollonios. Une inspection ou un avis à leurs sujets seront trouvé dans les préfaces d'Olearius et de Kayser. Le travail lui-même fut d'abord publié par Aldus en 1502 à Venise et suivie d'une traduction latine par Alemannus Rhinuccinus, et l'accompagnant comme antidote, le Contra Hieroclem d'Eusèbe. Les autres éditions de ce travail contiennent tous les travaux de Philostrate, comme cela sera mentionné par la suite.
La vie d'Apollonios (avec un commentaire d'Artus Thomas) fut traduite en français par Blaise de Vigenère en 1596, 2 vols. 4to. [sic], et republiée à maintes reprises, la traduction ayant été révisée et corrigée par Fed. Morel, un des éditeurs de Philostrate (Bayle, art. Apollonios Tyanaeus).
Une traduction des deux premiers livres, accompagnée de notes philologiques partielles et d'un commentaire d'infidélité amère, fut publier à Londres en 1680, suivant "La" traduction ainsi que les notes philologiques. Ces deux ouvrages, exigeant beaucoup de lecture mais peu d'érudition, furent compilés par Charles Blount, dont la fin tragique est racontée par Bayle. On dit que les autres notes furent dérivées en partie d'un manuscrit de Lord Herbert. En 1693, cette traduction fut interdite et accompagnée de peines sévères, mais fut réimprimée sur le continent deux fois.
[Note : Il paraît donc qu'entre les années 1502-1693 A.D., il y a eu, en Europe, plusieurs débats au sujet de la véracité de la Vie d'Apollonios de Tyane. En fin de compte, elle fut finalement interdite comme étant un sacrilège contre les Évangiles. Voici une liste des autres livres de Philostrate :
Les Vies des Sophistes
Heroïcus
Imagines
Epistolae
[Le dictionnaire poursuit comme suit.]
Des autres travaux de Philostrate, Photios (Cod. 150) fait note de "Aexikon Reporikon" et il parle de Logous Korinthiakous. Kayser publia un fragment, "Peri Gumnastikes," comme étant de lui-même, mais ne l'a pas inclus dans les travaux recueillis.
Parmi ses travaux, Suidas mentionne des épigrammes. De ceux-ci, il n'en reste qu'un qui portent son nom et qui est probablement le sien. Le sujet est une image de Téléphus blessé. Olearius et Kayser l'ont inséré dans leurs travaux.
Les travaux de Philostrate ont été traduits en allemand deux fois ; par Seybold en 1776, et par Jacobs à Stuttgart en la période 1828-33.
[Note : "... Charles Blount, dont la fin tragique est racontée par Bayle." Il n'y a aucune mention de ce Charles Blount ou de sa fin tragique dans l'édition 1980 de l'Encyclopédie Britannica. Toutefois, nous trouvons l'information suivante au sujet de Pierre Bayle. Citation.]
Bayle, Pierre (n. le 18 Nov. 1647 à Carla-le-Comte, maintenant Carla-Bayle, France -- d. le 28 décembre 1706 à Rotterdam, les Pays-Bas), philosophe dont le Dictionnaire Historique et Critique fut largement condamné par l'Église Française Réformée de Rotterdam et par l'Église Catholique Française à cause de ses nombreuses annotations délibérément conçues pour détruire les croyances chrétiennes orthodoxes. Bayle fut le fils d'un ministre Calviniste et embrassa brièvement le Catholicisme en 1669. Il agit comme tuteur et enseigna la philosophie à l'Académie Protestante de Sedan (1675-81).
Après avoir déménagé à Rotterdam en 1681 pour enseigner la philosophie et l'histoire, il publia (1682) ses réflexions anonymes sur la comète de 1680 qui ridiculisa la superstition que les comètes présagent la catastrophe. Simultanément, il questionna plusieurs traditions chrétiennes, réveillant ainsi l'ire d'un collègue calviniste, Pierre Jurieu. Le plaidoyer de Bayle pour la tolérance religieuse (même pour les athées) a finalement convaincu Jurieu que Bayle était, en réalité, un athée. Cette rupture devint complète quand Bayle préconisa une attitude conciliatoire envers le gouvernement anti-Calviniste de Louis XIV ; en 1693, Bayle fut privé de son professorat à Rotterdam.
Par la suite, en 1697, Bayle s'est consacré à son célèbre Dictionnaire, un supplément officiel au dictionnaire de Louis Moreri, mais en fait, un travail d'originalité considérable. Dans cet ouvrage encyclopédique, les articles -- sur la religion, la philosophie et l'histoire - ne sont que des exposés sommaires. La majeure partie du Dictionnaire est constituée de citations, d'anecdotes, de commentaires et d'annotations érudites qui annulaient intelligemment ce que les articles contenus pouvaient avoir d'orthodoxes. Plusieurs objections passionnées furent exprimées, en particulier à l'article de "David," au biais en faveur du scepticisme pyrrhonienne (radical), de l'athéisme et de l'épicuréisme et à l'usage des Saintes Écritures pour introduire des indécences. Cette méthode par biais de critique subversive fut adoptée par les encyclopédistes du 18e siècle.
Bayle était convaincu que le raisonnement philosophique menait au scepticisme universel, mais que la nature contraignait l'homme à accepter la foi aveugle, une vue extrêmement populaire au début du 18e siècle. Les dernières années de Bayle furent troublées par des allégations qu'il conspirait avec la France pour séparer les Hollandais de leur alliance anglo-autrichienne. Cependant, à sa mort, ses ennemis et ses amis regrettèrent la perte d'un grand intellectuel.
