Apollonius de Tyane & Le Lincuel de Turin

Par Robertino Solàrion ©2005

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Nazareth, Nazaréniens (Nazôréens), Nazariens (Nazaréens/Nazirs) & Esséniens

Traduction Par Polo Delsalles, Montréal

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Cet essai sur Nazareth devrait être lu de concert avec mon autre essai Le Fils du Père Supérieur. Comme je l'avais fait pour ce dernier, j'ai transcrit pour celui-ci certaines matières des dictionnaires inestimables du professeur William Smith ; et comme d'habitude, j'ai inclus mes commentaires à l'intérieur de cette transcription.

Le sujet de cette recherche est le suivant : Si Apollonius fut en effet le "Jésus Christ" et fut également crucifié, comme que le démontre l'image sur le Linceul de Turin, pourquoi dit-on qu'il fut un Galiléen de Nazareth plutôt qu'un Araméen-Assyrien de Tyane ou d'ailleurs au nord de Jérusalem ? Pourquoi Nazareth ? Comme vous le savez sans doute, le Dr Raymond W. Bernard intitula son livre Apollonius le Nazarénien (Nazôréen) (1956) ; et le Dr Bernard considéra les Nazaréniens (Nazôréens) les mêmes que les Esséniens, suggérant qu'Apollonius fut un "Nazarénien-Essénien" que pour l'identification philosophique et non pas pour avoir été né à Nazareth même.

Cherchons une réponse.

Elisabeth, la mère de Jean-Baptiste, fut divinement fécondée pendant que mariée au grand-prêtre Zacharie. Dans le Dictionnaire de la Bible du professeur Smith, Volume I, page 1040, nous trouvons ce qui suit : "Zacharie fut 'un prêtre de la classe d'Abia'" (Luc i : 5), et il fut engagé dans les devoirs de sa classe quand la naissance de Jean-Baptiste lui fut prédit ; et il fut pensé possible de calculer, par rapport à l'époque que la classe d'Abia tenait dans le cycle, le temps précis de la naissance du Sauveur. Toutes ces données sont discutées ci-dessous." Ici, "Abia" fait référence à "Abiyya" et ce fut probablement un "culte" judaïque, mais curieusement, il ressemble aussi au mot-racine araméen "abba" signifiant père supérieur ou grand-prêtre, tel "Jésus Bar Abbas". Vous pouvez en lire plus au sujet de Jean-Baptiste en lisant mon essai consacré à ce sujet.

Elizabeth voyagea vers le "sud" pour accoucher. Certains supposèrent qu'elle voyagea aussi loin qu'Hébron, au sud de Jérusalem. Vraisemblablement, elle et Zacharie furent également des Galiléens puisqu'elle et Marie furent cousines. Par la suite, Marie la rejoint dans le sud et devint aussi divinement fécondée avec Jésus. Marie resta avec Elizabeth jusqu'après la naissance de Jean et elles revinrent alors à leurs pays natals, probablement Nazareth de la Galilée. Cela fut six mois avant la naissance de Jésus au temps qu'on disait que les bergers furent dans leurs champs durant la nuit surveillant leurs troupeaux. Au mois de décembre, il fait trop froid pour que les bergers puissent demeurer avec leurs troupeaux de moutons dans les champs durant la nuit et les troupeaux sont ramenés à leurs refuges à la fin des heures de clarté. Certains ont affirmé que Jésus est réellement né en octobre, quand il aurait encore fait assez chaud pour que les bergers puissent rester à l'extérieur dans les champs durant la nuit, et que cette "vraie" naissance fut abandonnée par l'Église Catholique en faveur de la fête "païenne" célébrant la naissance de Mithra le 25 décembre, comme moyen pour le gouvernement romain, cherchant la stabilité politique, d'apaiser le mouvement mithraïque "dissident", le rival principal au Christianisme dans l'Empire. À tout compte fait, Jésus n'aurait pu naître plus tard que le mois d'octobre, signifiant que Jean fut né vers le mois d'avril.

Juste avant la naissance de Jésus, l'Empereur romain Auguste César ordonna qu'un recensement soit entrepris pour les fins d'une taxation future en Palestine. Joseph et Marie durent voyager de Nazareth à Bethléem pour s'enregistrer et payer leurs impôts. Très peu est connu de la vie de Joseph. Il fut beaucoup plus âgé que Marie et on dit que son père se nommait Héli. Jésus naquit durant ce voyage à Bethléem et éventuellement, la famille revint s'établir à Nazareth. Le "Bar Mitzvah" de ce Jésus à l'âge de 12 ans eut lieu à la synagogue de Nazareth et ce Jésus disparut de l'Histoire durant les 18 prochaines années.

Supposant comme je le fais, que le "Jésus" né de Marie fut réellement Jésus Barabbas, ou Le Fils du Père Supérieur, il reçut sans doute une excellente éducation religieuse.

Suivant son "Bar Mitzvah" et les 18 années manquantes, il se rendit à Jérusalem et commença son insurrection "divinement inspirée" contre le pouvoir romain.

Vraisemblablement, il retourna chez lui à Nazareth de temps à autre pour visiter ses parents et autres relations et amis. Lui et Jean-Baptiste avaient grandi comme cousins, et en 27 après J.C., Jean "prêchait dans le désert" et baptisait des sympathisants révolutionnaires dans la rivière Jourdan au nord de Jérusalem et de la Mer Morte, approximativement un tiers du chemin au nord entre Jérusalem et Nazareth.

À ce même printemps de l'an 27 après J.C., Apollonius de Tyane et Damis de Ninive retournèrent à Babylone pour entreprendre leur voyage en Inde. Après avoir visité le Prince babylonien Bardanes, ils partirent vers des destinations à l'ouest et au sud. De Babylone, il existait deux routes majeures, une à l'ouest vers Damas et le Liban et l'autre au nord vers Ninive et ensuite à l'ouest vers Édesse et Antioche. Qu'ils aient pris une ou l'autre de ces routes, ils arrivèrent plus tard cette année là dans le voisinage de la rivière Jourdan, de la Mer de Galilée et de Nazareth. Apollonius exprima sa solidarité avec la cause politique de Jean en se faisant baptiser. Il devint le "Messie" longtemps attendu plutôt par défaut.

Certes, Jean pouvait réaliser qu'Apollonius fut philosophiquement "plus connaissant" que le Palestinien moyen et l'égal des Esséniens et des autres cultes juifs sacrés. Apollonius parla avec un étrange accent provenant du nord, de type syrien-araméen, quelque peu semblable à l'accent nazaréen. Toutefois, à Jérusalem, Jésus Barabbas devint également connu comme le "Messie". Nous ajoutons ici que Jean-Baptiste n'avait pas reconnu le "Messie" qu'il avait baptisé comme quelqu'un qu'il avait déjà rencontré, ce qui aurait été rapporté différemment dans les Évangiles si ce "Messie" avait été son cousin d'enfance Jésus, considérant les rapports étroits entre Marie et Elizabeth.

Ainsi, ce fut donc à Nazareth où commença la confusion pour déterminer si Apollonius de Tyane ou Jésus Barabbas de Nazareth fut le "vrai" Messie. Pour en savoir plus, poursuivre la lecture.

A Dictionary of the Bible by Professor William Smith & Others (Boston, 1863), Volume II, Pages 468-475.

NAZARETH n'est pas mentionné dans l'Ancien Testament ni dans Josèphe, mais en premier dans Mat. ii : 23, bien qu'une ville n'aurait pu manquer d'exister sur un endroit si propice depuis longtemps. Elle dérive sa célébrité presque entièrement de son lien avec l'histoire du Christ, et dans ce sens, elle maintient une emprise sur l'imagination et les sentiments des hommes qu'elle ne partage qu'avec Jérusalem et Bethléem.

[COMMENTAIRE : Il n'y a aucune raison de douter cette information. Si Nazareth ne fut pas mentionné dans l'Ancien Testament ou Josèphe, alors elle n'eut certes pas d'importance "historique". Josèphe mourra à Rome au début du deuxième siècle. Pourquoi ne mentionna-t-il pas "Jésus de Nazareth" au côté de Jean-Baptiste ? Josèphe dut décider que les événements qui transpiraient à Nazareth et en Galilée ne furent pas important à l'Histoire des Juifs. RS]

Elle est située parmi les collines qui constituent les corniches du sud du Liban, juste avant qu'elles s'abaissent verticalement sur la Plaine d'Esdraelon. Parmi ces collines se trouve une vallée s'étendant en ligne ondulée presque d'est en ouest, d'une longueur approximative d'un mille et, en moyenne, un quart de mille en largeur, mais qui à un certain point s'élargit considérablement pour former un type de basin. Dans ce basin ou enclosure, le long de la bordure inférieure du flanc de coteau, se trouve le village tranquille et isolé dans lequel le Sauveur des hommes passa la plus grande partie de Son existence terrestre.

L'altitude des collines environnantes varie et quelques-unes s'élèvent jusqu'à 400 ou 500 pieds. [121 ou 152 m]

Elles ont des sommets arrondis et sont composées de pierre à chaux étincelante qui est si commun dans ce pays, et, bien qu'en général stériles et peu attrayantes en apparence, ne présentent pas un aspect déplaisant, différentes comme elles le sont du feuillage des figuiers et des arbrisseaux sauvages, et de la verdure de champs de grain parsemés par-ci par-là. Notre rose trémière familière est une des belles fleurs qui poussent là à l'état sauvage. La vallée entourée est particulièrement riche et bien cultivée : elle est rempli de champs de maïs, de jardins, de haies de cactus et de bouquets d'arbres fruitiers. Étant si protégé par les collines, Nazareth jouit d'un climat tempéré. Et de là tous les fruits du pays--comme les pommes-grenades, les oranges, les figues, les olives--mûrissent tôt et atteignent une perfection rare.

[COMMENTAIRE : S'il y avait des champs de maïs cultivés dans la vallée de Nazareth quand le dictionnaire du professeur Smith fut publié, ils ne furent certes pas là au premier siècle de l'Ère chrétienne. Le maïs est une plante originaire de l'Amérique du Nord et ne fut pas cultivé dans d'autres parties du monde qu'après la "découverte" de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492. RS]

Il ne peut y avoir aucun doute de l'identification de l'ancien site. Le nom du village actuel est en-Nazirah, le même, par conséquent, que l'ancien ; il s'étend sur une colline ou une montagne (Luc iv : 29) ; il est situé dans les limites de la province de Galilée (Marc i : 9) ; il est près de Cana (que nous supposions Cana à l'est ou au nord-est comme la scène du premier miracle), selon l'implication dans Jean ii : 1, 2, 11 ; un précipice existe dans le voisinage (Luc iv : 29) ; enfin, une série de témoignages (Reland, Pal., 905) retournant dans le passé à Eusèbe, le père de l'Histoire de l'Église, représente l'endroit comme ayant occupé un emplacement fixe.

[COMMENTAIRE : Dans "le bon temps" avant 1975, lorsque le Liban fut frappé par le conflit et la guerre et que la moitié du pays fut détruit dans les années subséquentes (une grande tragédie de notre temps moderne), le Liban fut l'un des plus beaux pays du monde. Ce fut mon pays favori. Je suis allé à Beyrouth quelques fois, à Baalbek une fois et le long de la côte vers le nord jusqu'au Casino Liban (de type Riviera) pour y gager dans l'élégance en des soirées étoilées. Beyrouth, me rappelant la France, fut la "ville de fêtes" la plus passionnante que j'ai eu le plaisir de visiter. Aucune ville ne s'en approche. Ramenez le bon vieux temps ! Et, entre parenthèse, je peux ajouter ici que quand je vivais et travaillais dans le Moyen-Orient, j'ai entendu la vieille légende qui si un homme voulait trouver la femme la plus belle et la plus intelligente, il devrait aller en Syrie pour trouver une épouse. Et c'est vrai : il existe plusieurs femmes extraordinairement jolies au Moyen-Orient, surtout en Arabie Saoudite ; ce n'est donc pas surprenant que leurs hommes leurs fassent porter le voile en public ! Mais cela ne fut pas le cas "au Liban" qui, en ce bon vieux temps, fut un pays d'activités récréatives pour les aristocrates saoudiens, une place où les femmes surtout pouvaient enlever leurs voiles, s'habiller à la mode Gucci et danser toute la nuit dans des cabarets extravagants le long de la "Corniche" libanaise, la "Côte d'Azur" du Moyen-Orient.

[À tout compte fait, c'est une région très fertile du Moyen-Orient. Elle a un climat semblable à celui de la Nouvelle-Orléans et de Galveston, ou peut-être Casablanca. Les hivers sont doux. Nichées dans ces montagnes roulantes se trouvent toutes sortes de vallées pittoresques semblable à cette description de Nazareth. Du point de vue purement touristique, je recommande fortement le Liban si jamais vous êtes dans cette partie du monde. Je pense que lentement mais sûrement elle redevient comme elle le fut jadis, en dépit de tout le Fondamentalisme Islamique qui tente de l'entourer.

[Oui, il n'y a aucun doute que le village d'En-Nazirah moderne est l'ancien Nazareth. RS]

La ville moderne de Nazareth appartient à la meilleure classe des villes de l'est. Elle a une population de 3,000 ou 4,000, dont certains sont des disciples de Mohammed et les autres des Chrétiens latins et grecs. Elle contient une mosquée, un couvent franciscain d'énormes dimensions n'affichant aucune beauté architecturale digne de mention, une petite église maronite, une église grecque, et peut-être une église ou une chapelle des autres fois.

Des missions protestantes furent entreprises mais sans succès marqué. La plupart des maisons sont bien construites en pierre, et ont une apparence ordonnée et confortable. Dans la saison pluvieuse, puisque les ruisseaux sont sujets à une descente rapide des collines et aux inondations, chaque "homme sage", au lieu de construire sur le sol en surface, creuse profondément et construit sa fondation sur le roc qui se trouve partout dans ce pays à une certaine profondeur dans la terre. Les rues ou les ruelles sont étroites et sinueuses, et après la pluie sont pleines de boue pour en être presque inaccessibles.

[COMMENTAIRE : De nos jours, presque 140 ans après cette publication, les rues et les ruelles de Nazareth sont modernisées. Il est malheureux que les touristes ne peuvent pas conduire de Tel Aviv à Beyrouth à travers ces montagnes panoramiques. Le Liban, ressemblant à certaines parties de la Californie, est un pays où en janvier vous pouvez skier dans les montagnes le matin et l'après-midi, vous allonger sur la plage chaude et ensoleillée. Si la paix durable s'installe au Moyen-Orient, la conduite en auto de Tel Aviv à Beyrouth sera très agréable ! RS]

Une description de Nazareth serait incomplète sans la mention de la vue remarquable de la tombe de Neby Ismail sur une des collines derrière la ville. Nous nous contentons seulement de décrire ce que nous apercevons. Vers le nord, nous voyons les corniches du Liban et, au-dessus de tout cela, le sommet blanc [couronné de neige, RS] du [Mont, RS] Hermon ; à l'ouest, Carmel, des vues de la Méditerranée, la baie et la ville d'Akka ; à l'est et au sud-est sont les villes de Gilead, Tabor, Gilboa ; et vers le sud, la Plaine d'Esdraelon et les montagnes de Samarie, avec des villages de chaque côté, dont ceux de Cana, Nain, Endor, Zerin (Jezréel), et Táannuk (Taanach).

Indiscutablement, elle est une des scènes les plus belles et sublimes (car elle combine les deux éléments) de la terre. La description élaborée de la scène du Dr Robinson (Bib. Res., ii.336,7) transmet sans exagération l'idée de sa magnificence ou de son intérêt historique. Il est facile de croire que le Sauveur, durant les jours de Sa solitude dans la vallée adjacente, vint souvent à cet endroit même et regarda ces travaux glorieux du Créateur qui élève tant l'âme vers Lui.

[COMMENTAIRE : Cet endroit est probablement autant un "endroit touristique" maintenant qu'il le fut à cette époque. Quand Apollonius traversa Nazareth, il remarqua sans doute ce magnifique panorama. RS]

Les versets des Saintes Écritures qui font clairement référence à Nazareth bien que peu nombreux sont suggestifs et méritent d'être rappelés ici. Elle fut la ville de Joseph et Marie (Luc ii : 39). L'ange y annonça à la Vierge la naissance du Messie (Luc i : 26-28). La famille sainte y revint après leur séjour en Égypte (Mat. ii : 23). Nazareth est appelé le pays natal de Jésus : Il y grandit de son enfance à sa maturité (Luc iv : 16), et fut connu durant sa vie comme "Le Nazarénien (Nazôréen)". Il y enseigna dans la synagogue (Mat. xiii : 54; Luc iv : 16), et fut traîné par Ses citadins au précipice pour y être projeté et tué. "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs" fut écrit sur Sa Croix (Jean xix : 19), et après Son Ascension, Il se révéla sous cette appellation à Saoul, le persécuteur (Actes xxii : 8). La ville donna son nom à Ses disciples dans tous les Âges et tous les pays, un nom qui ne cessera jamais d'en être un d'honneur et de reproche.

[COMMENTAIRE : En d'autres termes, tel qu'annoté ici, "Nazareth" n'est mentionné moins que dix fois dans le Nouveau Testament. Bien que j'aie assisté régulièrement à l'Étude de la Bible le dimanche dans ma jeunesse et que j'aie lu toutes les Évangiles, je ne me rappelais pas de cet épisode dans lequel les Nazaréens tentèrent de projeter le "Messie" en bas de la falaise. J'ai donc entrepris de chercher plus d'information dans l'entrée du dictionnaire Smith intitulée Jésus.

[Maintenant je vais inclure dans cette narration de Nazareth de l'information pertinente du Smith's Bible Dictionary, Volume I, pages 1041-1042, 1050, 1053-1054. Cette information fournira l'explication des raisons principales pour l'épisode de la falaise à Nazareth. RS]

Trente ans s'écoulèrent depuis la naissance de Notre Seigneur et le début de Son ministère. Pendant cette période, le peuple choisi avait vécu de grands changements. Hérode le Grand avait uni sous lui presque tout le royaume original de David ; après la mort de ce prince, il fut divisé à jamais. Archelaus succéda au Royaume de Judée sous le titre d'Ethnarque ; Hérode Antipas devint tétrarque de la Galilée et de Perré, et Philip tétrarque de Trachonite, Gaulonite, Batanée, et Panée. L'empereur Auguste promit le titre de roi à Archelaus, s'il devait se prouver digne ; mais en la dixième année de son règne (UC 759) [6 après J.C., RS] il fut détrôné par rapports aux sentiments hostiles des Juifs, fut banni à Vienne en Gaule, et depuis ce temps, ses terres devinrent assujetties au pouvoir direct de Rome, étant annexé à la Syrie et gouverné par un procureur. Aucun roi ni ethnarque gouverna la Judée par la suite, à l'exception des trois ans du règne d'Agrippa Ier.

[COMMENTAIRE : Or, quand Jean-Baptiste et Jésus Barabbas, Fils de Marie, eurent environ dix ans, leur pays natal fut annexé à la Syrie et devint une partie officielle de l'Empire romain. Cela fut l'événement catalyseur qui donna naissance aux mouvements des insurgés comme ceux de Jean et de Barabbas. La Cappadoce fut saisie par Rome dix ans plus tard. RS]

De nombreux signes d'irritation de la part des Juifs sont présents à la vue d'un étranger contrôlant le peuple que David avait jadis gouverné. Les Publicains qui collectaient le tribut pour l'Empire romain furent détestés partout ; et comme une classe marquée est susceptible d'être dégradée, les Juifs virent partout les plus méprisés parmi le peuple exigeant d'eux et plus que tous (Luc iii : 13), ce que le tyran étranger exigea. Probablement par rapport à la nécessité politique, des changements constants furent exigés par le même pouvoir dans la fonction de grand-prêtre. Josèphe dit qu'il y eut vingt-huit grands-prêtres à partir du temps d'Hérode jusqu'à l'incendie du temple (Ant. xx.10). La secte de Judas le Gaulonite, qui protesta contre le paiement du tribut à César et contre courber le cou à un joug étranger, exprima une conviction que tous les Juifs partagèrent. Le sens d'oppression et de mal aurait tendance à façonner tous les espoirs d'un Messie, en autant qu'ils existèrent encore, à la conception d'un guerrier qui devrait les délivrer d'un esclavage politique odieux.

[COMMENTAIRE : Si leurs espoirs d'un Messie avaient engendré la conception d'un guerrier qui devrait les délivrer par une révolution contre le pouvoir de Rome, alors Jésus Barabbas correspond beaucoup plus à leur profil idéal qu'Apollonius de Tyane. RS]

Ce fut en la 15ème année de l'Empereur Tibère, comptant à partir de son règne commun avec Auguste (Jan. UC 765) [12 après J.C., RS], et non de son règne comme seul en tête (août. UC 767) [14 après J.C., RS], que Jean-Baptiste commença à enseigner. Durant cette année (UC 779) [26 après J.C., RS] Ponce Pilate fut procureur de la Judée, le représentant mondain et durable d'un maître cruel et impérieux ; Hérode Antipas et Philippe régnaient encore les tétrarchies laissées par leur père. Anna et Caïphe sont tous deux décrits comme ayant la fonction de grand-prêtre; Anna fut déposé par Valerius Gratus en cette année même, et son gendre Joseph, appelé Caïphe également, fut nommé, après quelques changements, à sa fonction ; mais Anna semble avoir retenu après ce temps (Jean xviii : 13) une grande partie de l'autorité de cette fonction que les deux administrèrent ensemble.

Jean-Baptiste, dont une transcription suit ci-dessous sous son propre nom, vint prêcher dans le désert. Il fut le dernier représentant des prophètes de la vieille alliance ; et son travail comportait deux volets--de maintenir en vigueur le repentir et les terreurs de la vieille loi, et de ranimer l'attente presque oubliée du Messie (Mat. iii : 1-10; Marc i : 1-8; Luc iii : 1-18). Ces deux éléments, qui sont très apparents dans son enseignement, furent également reliés à la venue de Jésus car le besoin d'un Sauveur du péché n'est pas ressenti que lorsque le péché lui-même devient un esclavage et une terreur. La carrière de Jean semble avoir été très courte ; et plusieurs se sont demandés comment une si grande influence a pu être atteinte en si peu de temps (Mat. iii : 5). Mais sa nature fut puissante et prenait rapidement possession de ceux qui vinrent en sa présence ; et son succès devient moins surprenant si nous supposons avec Wieseler que l'enseignement eut lieu durant une année sabbatique (Baumgarten, Geschichte Jesu, 40).

C'est une vieille controverse à savoir si le baptême de Jean fut une nouvelle institution ou une imitation du baptême des prosélytes telle que pratiqués par les Juifs. Mais de toute manière, il n'y a aucun rapport d'un tel rite conduit au nom de et en référence à une personne en particulier (Actes xix : 4) avant le ministère de Jean.

Jésus vint au Jourdan avec les autres pour recevoir ce rite des mains de Jean ; premièrement, afin que le sacrement par lequel tous, par la suite, seraient admis en Son royaume ne voudraient peut-être pas Son exemple pour justifier sa nécessité (Mat. iii.15) ; ensuite, que Jean puisse avoir une assurance que son rôle comme le héraut du Christ fut maintenant complété par Sa présence (Jean i : 33) ; et enfin, que quelque pouvoir symbolique public puisse être donné qu'Il fut effectivement l'Oint de Dieu (Héb. V : 5). Une supposée contradiction entre Mat. iii : 14 et Jean i : 31,33 disparaît lorsque nous nous souvenons que de la relation entre les familles de Jean et Notre Seigneur (Luc i), Jean dut déjà savoir quelque chose du pouvoir, de la bonté et de la sagesse de Jésus ; ce qu'il ne savait pas fut que ce même Jésus était le Messie même pour qui il était venu préparer le monde. Notre Seigneur reçut le rite du baptême des mains de Son serviteur, et le Père l'attesta par la voix de l'Esprit qui descendit visiblement sur Lui : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur." (Mat. iii : 13-17; Marc i : 9-11; Luc iii : 21,22).

[COMMENTAIRE : Les affirmations précédentes ne sont que de "fausses déductions" de la part de ce collègue du professeur Smith. Il est clair que les Évangiles relatent que Jean ne reconnut pas le "Messie" qui vint à lui pour se faire baptiser. En fait, Jean ne réalisa même pas que ce nouveau disciple de son mouvement pouvait possiblement être le Messie jusqu'à après le baptême lorsque la colombe apparue et se déposa sur l'épaule de celui qui aimait tant les oiseaux, i.e., Apollonius. RS]

Immédiatement après cette inauguration de Son ministère, Jésus fut conduit par l'Esprit au désert pour être tenté du diable. ...

La période du ministère du Seigneur. Quant au ministère du Christ et sa durée, les trois Évangélistes semblent d'abord être en désaccord avec le quatrième. Matthieu, Marc, et Luc ne relatent que les faits de Notre Seigneur en Galilée ; si nous mettons de côté quelques jours avant la Passion de côté, nous trouvons qu'ils ne mentionnent jamais Sa visite à Jérusalem. Jean, par contre, bien qu'il relate certains faits en Galilée, consacre la partie principale de son Évangile à ses actes en Judée. Il y a peu de difficulté à expliquer cela si l'on tient compte des autres traits de caractères de l'Évangile de Jean. Les trois Évangélistes ne professent pas fournir une chronologie du ministère, mais plutôt une vue d'ensemble : les détails quant au temps ne sont pas fréquents dans leurs narrations. Et comme ils se s'en tiennent principalement à la Galilée, où les actes principaux du Rédempteur furent accomplis, ils peuvent naturellement omettre de mentionner les fêtes qui, étant célébrés par Notre Seigneur à Jérusalem, n'ajoutaient rien aux détails de Son ministère galiléen.

Jean, de l'autre côté, écrivant plus tard et donnant une narration de la vie du Rédempteur qui est encore moins complète comme histoire (car plus que la moitié du quatrième Évangile contient des informations sur les derniers trois mois du ministère, et 7 chapitres sur 21 sont remplis avec la narration des quelques jours de la Passion), justifie sa réclamation historique en fournissant quelques notes précises en fonction du temps : dans les événements suivant le baptême de Jésus, les jours et même les heures sont spécifiées (i : 29,35,39,43, ii : 1) ; le premier miracle est mentionné ainsi que l'heure de son accomplissement (ii : 1-11). Il mentionne non seulement la Pâque (ii : 13,23; vi : 4; xiii : 1, et peut-être v : 1), mais aussi la Fête des Tabernacles (vii : 2) et de la Dédicace (x : 22); et ainsi en est-il que l'Évangéliste qui couvre la moindre partie du ministère de Notre Seigneur est le même qui fixe pour nous sa durée et nous permet d'ordonner les faits des autres plus exactement dans leurs séquences historiques.

Il est vrai que les trois Évangiles racontent principalement les événements en Galilée ; mais dans leurs narrations, il existe des preuves que des actions furent accomplies en Judée. Des enseignements fréquents à Jérusalem sont impliqués dans la lamentation du Seigneur de la ville détruite (Mat. xxiii : 37). La présence en Galilée de scribes et de Pharisiens et d'autres de Jérusalem (Mat. iv : 25, xv : 1) serait le mieux expliqué sur la supposition que leur animosité fut excitée contre Lui pendant ses visites à Jérusalem. L'intimité avec la famille de Lazare (Luc x : 38), et le rapprochement de Joseph d'Arimathie au Seigneur (Mat. xxvii : 57), impliquerait sans doute de fréquentes visites à Jérusalem.

Mais pourquoi la Galilée fut-elle choisie comme scène principale de son ministère ? La question n'est pas facile à répondre. Le Prophète aurait recours au Temple de Dieu ; le Roi des Juifs irait à Sa propre ville royale ; l'Enseignant du peuple choisi se mêlerait parmi eux. Mais leur hostilité l'empêcha. Le Sauveur, qui, acceptant toutes les infirmités d'être un type de "serviteur", lequel rôle il jouait, fuit en Égypte pendant Son enfance, se rend en Galilée pour éviter la haine et les manigances juives, et élabore les fondations de Son église au milieu d'un peuple de race impure et méprisée.

À Jérusalem Il vient occasionnellement pour enseigner et endurer la persécution contre Lui qu'Il laissa en Judée : "Ayant appris que Jean avait été livré, il se retira en Galilée" (Mat. iv : 12) [29 après J.C., RS]. Nous apprenons de St Jean que cette persécution fut aussi visée envers Lui : "Quand Jésus apprit que les Pharisiens avaient entendu dire qu'il faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean ... il quitta la Judée et s'en retourna en Galilée." (iv : 1,3). Si la lumière du Fils de la Vertu brillait désormais sur les Juifs des rivages lointains du lac Galiléen, c'est parce qu'ils avaient refusé et haïs cette lumière [de se propager à Jérusalem, RS]. ...

Après un séjour à Jérusalem de durée incertaine, Jésus se rendit au Jourdan avec Ses disciples ; et ils y furent baptisés en Son nom. Le Baptiste se trouvait présentement à Aenon près de Salim ; et la jalousie de ses disciples contre Jésus incita Jean à avouer son juste rôle, ce qui est remarquable pour son humilité (Jean iii : 27-30).

"Jean répondit : "Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes, vous êtes témoins que j'ai dit : "Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui. Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse."

Cela se reproduit comme auparavant ; quand le Sanhédrin le fit venir pour lui demander au sujet de Lui, il réclama n'être plus que "... la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit Isaïe, le prophète." (Jean i : 23) ; il y en avait un "... qui vient derrière moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale." (i : 27). Strauss considère cette démonstration de renonciation du soi magnifique mais impossible (Leben Jesu, ii.1§46) ; mais quelle influence divine avait travaillé dans l'esprit du Baptiste, ornant jadis cette rude nature avec la grâce de l'humilité, nous n'admettons pas que le Dr Strauss soit en mesure de le savoir.

Combien de temps dura ce séjour en Judée est incertain. Mais pour réconcilier Jean iv : 1 avec Mat. iv : 12, nous devons supposer que cela fut beaucoup plus long que les "vingt-six ou vingt-sept" jours auxquels le savant M Greswell le limiterait par conjecture. Selon les deux passages, il semble que Jean fut jeté en prison peu après son arrivée (Mat.), et que Jésus, voyant que l'inimitié dirigée contre le Baptiste serait porté envers lui, à cause du succès croissant de Son ministère (Jean), résolut de s'éloigner d'eux.

Pour atteindre la Galilée [29 après J.C., RS] Jésus emprunta la route la plus courte à travers la Samarie. Ce pays, peuplés par des hommes de 5 districts que le roi d'Assyrie avait implantés au temps d'Osée (2 Rois xvii : 24&c), et par le résidu des dix tribus qui restèrent derrière lors de la captivité, avait déjà abondé dans l'idolâtrie, bien que récemment la foi en le vrai Dieu avait connu un essor.

Les Samaritains réclamèrent même de partager avec les gens de la Judée la restauration du Temple à Jérusalem et furent repoussés (Esdras iv : 1-3).

Dans le temps de Notre Seigneur ils furent détestés même plus par les Juifs que s'ils avaient été des Gentils. Leur culte corrompu fut l'ombre du vrai ; leur temple sur le Gerizim fut un rival à celui qui orna la colline de Sion. "Celui mange du pain de la main d'un Samaritain", dit un écrivain juif, "est comme celui qui mange la chair de cochon". Mais même en Samarie il y avait des âmes à sauver ; et Jésus ne secouerait pas même cette poussière de Ses pieds. Durant Son voyage, il vint à Sichem, que les Juifs en moquerie avaient changé pour Sychar, pour indiquer que ses citadins furent des ivrognes (Lightfoot), ou qu'ils suivirent des idoles (Reland, voir Hab. ii : 18). ...

[COMMENTAIRE : Il semble que les Juifs de Jérusalem et de Judée n'aimaient aucun de ces Juifs "du nord", i. e., ceux de la Samarie et de la Galilée. RS]

Jésus retourna maintenant en Galilée et arriva à Nazareth, Sa propre ville. À la Synagogue Il exposa aux gens un passage d'Isaïe (lxi : 1), leur disant que sa réalisation serait bientôt accomplie en Sa personne. La même vérité qui avait rempli les Samaritains avec gratitude, fit monter la haine des hommes de Nazareth qui l'aurait détruit si Il n'avait pas réussi à leurs échapper (Luc iv.16-30).

[COMMENTAIRE : Voici ces versets de Luc (Bible de Jérusalem). "Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : "Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture." Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : "N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ?" Et il leur dit : "A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie." Et il dit : "En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie." Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ; et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien." Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin..."

[Si vous y réfléchissez bien, c'est un passage biblique des plus énigmatique. Une version possiblement différente de cet événement par Matthieu est fournie ci-dessous. Dans les deux descriptions, les Nazaréniens (Nazôréens) demandèrent si cet homme fut "le fils de Joseph". Ils ne reconnurent pas ce "Jésus" avec certitude comme étant le fils de Joseph. Supposons qu'ils furent confondus et que cet homme fut effectivement Apollonius de Tyane revenant prendre refuge à Nazareth à la suite de l'exécution de Jean. Il entra à la synagogue et prit la version araméenne du Livre d'Isaïe du gardien, l'ouvrit et lut au hasard. Au tout début, les Nazaréniens semblaient être satisfaits avec ce qu'il lut, jusqu'à ce qu'il mentionne le temps quand "le ciel fut fermé" et le début de l'épidémie de lèpre.

[La période d'Élie et de son successeur Élisée couvrit approximativement les années de 900 à 840 avant J.C. Ces années coïncidèrent avec la dernière période de L'Arbre Cosmique, le Mont Sion hébraïque. Cette idée que "le ciel fut fermé" n'avait rien à faire avec l'Yggdrasill mais fit référence au fait qu'il n'y avait pas eu de pluie durant trois ans et demie. La période de ces prophètes chevauchait le règne d'Amenhotep III, Le Magnifique, et la période Akhenaton El-Amarna en Égypte, le règne de Ménélik I en Éthiopie et le mariage glorieux et l'alliance du roi Salmanazar III d'Assyrie avec la fille du roi Burnaburiash de Babylonie.

[En entendant parler de cette période de l'histoire, pourquoi les Nazaréens furent-ils remplis de rage au point de tenter de tuer Apollonius ? Apollonius souleva-t-il un sujet local "tabou" dont il fut ignorant ? Ces Nazaréens savaient probablement que leur propre "Jésus Barabbas, fils de Marie" n'aurait jamais ouvertement fait référence à cette période de leur histoire dont il ne faut pas faire mention, car cela fut un "blasphème" et passible de la peine de mort. C'est curieux en effet! RS]

Il vint maintenant à Capharnaüm. En route, lorsque Il arriva à Cana, Il guérit le fils d'un des fonctionnaires royaux d'Hérode Antipas (Jean iv : 46-54), "et il crut, lui avec sa maison tout entière". Ce fut le deuxième miracle galiléen. À Capharnaüm Il accomplit un grand nombre de miracles pour ceux en besoin. Là, deux disciples qui l'avaient déjà rencontré, à savoir, Simon Pierre et André furent appelés de leur pêche pour devenir des "pêcheurs d'hommes" (Mat. iv : 19), et les deux fils de Zébédée reçurent la même sommation. Le jour du Sabbat, après avoir guéri un démoniaque dans la Synagogue dont plusieurs furent témoins, tous en entendirent parler.

Le même jour, Il retourna à la maison de Simon et guéri sa belle-mère qui fut malade d'une fièvre. Au coucher du soleil, la multitude maintenant pleinement excitée par ce qu'ils avaient entendu, amenèrent leurs malades à la porte de Simon pour les faire guérir. Il ne refusa pas Son secours et les guérit tous (Marc i : 29-34). Après avoir accompli tant de guérisons à Capharnaüm, Il tourna maintenant Ses pensées au reste de la Galilée où d'autres "brebis perdues" furent dispersées : "Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti". (Marc i : 38).

[COMMENTAIRE : Le Thérapeute et le thaumaturge Apollonius avait étudié les méthodes curatives du médecin pythagoricien Asclépias. Ce n'est donc pas surprenant que pendant ce temps en Palestine, il pratiqua ses pouvoirs de guérison, qu'ils aient été "scientifique" ou "miraculeux." RS]

Le voyage à travers la Galilée qu'Il entreprit à ce moment là dut être un circuit général du pays. Son objet fut de rappeler aux Galiléens de se repentir et de croire en l'Évangile. Cela ne pourrait être accompli entièrement qu'en entreprenant un tel voyage pour que Son enseignement puisse être accessible à tous à un certain moment ou un autre. Josèphe mentionne qu'il y eut deux cents quatre villes et villages en Galilée (Vita, 45) : or pour accomplir un circuit qui engloberait la totalité de la Galilée exigerait quelques mois. "La route du circuit actuel," dit M Gresswell (Dissertations, vol. ii.293), "nous pouvons présumer, fut, en général, comme suit : Premièrement, sur le côté ouest du Jourdan, vers le nord, ce qui disséminerait la célébrité de Jésus à Décapolis ; deuxièmement, le long des confins de la tétrarchie de Philippe, vers l'ouest, ce qui le ferait connaître partout en Syrie ; troisièmement, par les côtes de Tyr et de Sidon, vers le sud ; et enfin, le long de la frontière de la Samarie, et la partie ouest du Lac de Galilée--les points les plus près de la Judée et de Pérée--jusqu'à ce qu'il retourne à Capharnaüm."

Durant ce circuit, sauf pour les travaux de miséricorde rapportés par les Évangélistes (Mat. iv : 23-25; Marc i : 32-34; Luc iv : 40-44) Il trouva probablement d'autres de Ses Apôtres. Quatre du moins furent Ses compagnons dès le début du circuit. Les autres (sauf peut-être Judas Iscariote) furent Galiléens et il n'est pas improbable qu'ils furent trouvés par leur Maître durant ce circuit.

Philippe de Bethsabée et Nathanaëlle ou Bartholomé furent déjà prêts à devenir Ses disciples, ayant eus une entrevue auparavant. Sur ce circuit se produit le premier cas de guérison d'un lépreux ; cette condition est choisie par les Évangélistes à cause de son caractère incurable. Si grand fut la peur de cette maladie--si strict les précautions contre son infection--que même la réanimation de la fille de Jaïrus de la mort, qui s'est probablement produit à Capharnaüm vers la fin de ce circuit, n'aurait pu impressionner les témoins plus profondément.

[COMMENTAIRE : Cela conclut la matière insérée. Nazareth fut sans doute la "capitale" de la Galilée. Maintenant, je poursuis la transcription de Nazareth. RS]

L'origine de la mauvaise réputation de Nazareth (Jean i : 46) n'est pas connue avec certitude. Tous les habitants de la Galilée furent méprisés par les gens de la Judée parce qu'ils parlaient un dialecte plus rauque, furent moins cultivés et furent plus exposés par leur emplacement au contact des païens. Mais Nazareth souffrait sous un opprobre spécial, car ce fut un Galiléen et non un Juif du sud qui posa la question réprobatrice, si "quelque chose de bon" pouvait venir de cette source. Le terme "bon" ayant plus souvent un sens morale, cela fut suggéré que les habitants de Nazareth auraient pu avoir un mauvais nom parmi leurs voisins pour l'irréligion ou quelque laxité morale. La supposition reçoit l'appui de l'humeur qu'ils manifestèrent envers la personne et le ministère de Notre Seigneur. Ils tentèrent de le tuer ; ils l'expulsèrent deux fois (car Luc iv : 16-29 et Mat. xiii : 54-58 rapportent probablement des événements différents) de leurs frontières ; ils furent si têtus et non-croyants qu'Il n'accomplit peu de miracles parmi eux (Mat. xiii : 58); et enfin, ils l'e contraignirent de les quitter et de résider à Capharnaüm (Mat. iv : 13).

[COMMENTAIRE : Concernant l'expulsion de "Jésus" de Nazareth, l'épisode de la falaise de Luc a déjà été noté. Voici la version de la Bible de Jérusalem de Matthieu xiii : 53-58 : "Et il advint, quand Jésus eut achevé ces paraboles, qu'il partit de là ; et s'étant rendu dans sa patrie, il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle façon qu'ils étaient frappés et disaient : "D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? Celui-là n'est-il pas le fils du charpentier ? N'a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sours ne sont-elles pas toutes chez nous ? D'où lui vient donc tout cela ?" Et ils étaient choqués à son sujet. Mais Jésus leur dit : "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison." Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur manque de foi."

[Ailleurs dans le dictionnaire du professeur Smith, il est dit que Joseph avait quatre fils et deux filles. Dans la liste précitée nous trouvons les fils Jacques (Le Juste), Joseph, Simon et Jude. Si Jésus est aussi compté parmi les fils, Joseph avait alors cinq fils. Il fut aussi marié avant qu'il soit le conjoint de Marie. N.B. : Aucun des fils de Joseph ne porte le nom de Thomas ! A moins que "Jude" fasse référence à St Jude Didymes Thomas, le jumeau de "Jésus", et donc Thomas, le frère de "Jésus", existe purement du fait que Damis/Thomas fut le compagnon constant d'Apollonius. Certes Damis et Apollonius s'habillaient de la même façon, avaient des coiffures et des barbes similaires, et ainsi de suite, et auraient pu être considéré par des étrangers comme des "jumeaux". Considérant la quantité d'information que je possède de ce sujet, je suis certain que cette référence par Matthieu au fils Jude de Joseph serait impossible à associer à St Jude Didymes Thomas ; mais tout lecteur est libre de prouver le contraire. En Hébreu/Araméen, le mot "didymes" signifie "jumeau" ; et on dit que Damis et St Thomas furent des "Syriens" ou des "Assyriens" et non des Juifs de naissance. Voir également mon essai sur La Crucifixion de Saint Damis. RS]

[Ces versets de Matthieu n'affirment pas explicitement que Jésus fut expulsé de Nazareth après cet incident, semblable à ce qui fut rapporté ci-dessus par Luc. Il se pourrait que "Jésus" donne plus ou moins la même réplique au Nazaréens lors des deux occasions. En fait, si ce "Jésus" était réellement Apollonius, nous pouvons alors comprendre comment les gens locaux auraient pu mal interpréter exactement qui était qui. À ce moment là également, Jésus Barabbas aurait pu souvent venir à et quitter Nazareth et être méconnu comme adulte par les Nazaréens, qui se rappelèrent seulement de l'enfant qui avait grandi comme fils du charpentier.

[Voici une brève insertion au sujet de Capharnaüm où le Messie passa beaucoup de temps. A Dictionary of the Bible, Volume I, page 273 :

[Dans l'Ancien Testament ou l'Apocryphe, il n'y a aucune mention de Capharnaüm, mais le passage Isa. ix : 1 (en Hébreu, viii : 23) lui est appliqué par St Matthieu. Le mot Caphar dans le nom indique peut-être que la place fut de fondation récente. Le peu de mentions de son emplacement dans le Nouveau Testament n'est pas suffisant pour nous permettre de déterminer son endroit exact. Elle fut située sur le rivage ouest de la Mer de Galilée, et, si nous pouvons nous fier aux récentes découvertes, fut suffisamment importante pour donner à cette Mer, en totalité ou en partie, le nom de "Lac de Capharnaüm". (Ce fut aussi le cas de Tibériade à l'autre extrémité du lac.) Ce fut en la "terre de Gennesaret", c'est-à-dire, la riche plaine du côté ouest du lac que nous connaissons des descriptions de Josèphe et d'autres sources comme ayant été à ce temps là un des districts les plus prospères et peuplés de toute la Palestine. Étant située sur le rivage, Capharnaüm fut inférieur en altitude à Nazareth et Cana en Galilée, desquelles la route pour s'y rendre fut une descente au niveau de l'endroit même si l'expression de Notre Seigneur "exalté du ciel" eut quelque référence à la hauteur de l'emplacement dans la ville elle-même. Elle fut suffisamment grande pour toujours avoir été considérée comme une "ville" ; elle avait sa propre synagogue dans laquelle Notre Seigneur enseigna souvent--une synagogue construite par le centurion du détachement de soldats romains qui semblaient s'en servir comme garnison.

[Mais autre la garnison, il y avait aussi un poste de douanes où les taxes furent perçues par les officiers en place et itinérants. Si le "chemin de la mer" fut une grande route de Damas vers le sud, non seulement les taxes furent possiblement prélevées sur le poisson et autres commerces du lac mais sur les caravanes de marchandise se rendant en Galilée et en Judée.

[Fin de l'insertion. Reprenons présentement la transcription de Nazareth. RS]

Il est impossible d'établir les distances avec précision. Nazareth est un voyage modéré de trois jours de Jérusalem ; sept heures ou environ vingt milles d'Akka ou Ptolémaïs (Actes xxi : 7) ; cinq ou six heures ou dix-huit milles de la Mer de Galilée ; six milles à l'ouest du Mont Tabor, deux heures de Cana et deux ou trois d'Endor et de Naïm.

[COMMENTAIRE : Par "voyage modéré" l'écrivain signifiait la perspective de temps de l'édition de ce dictionnaire, c'est-à-dire, l'an 1863, lorsqu'on voyageait encore à pied ou à dos d'âne. Nazareth est située environ 60 milles au nord de Jérusalem et ce fut la coutume en ces jours de faire référence à un voyage d'un jour comme étant environ une distance de 20 milles (32 km). Nous pourrions aujourd'hui parcourir cette distance en automobile en mois d'une heure. RS]

L'origine du nom est incertaine. Pour la conjecture sur le sujet, voir NAZARÉNIEN (NAZÔRÉEN).

Dans ce rapport, nous ne mentionnons aucune référence particulière aux "endroits sacrés" que les légendes tentèrent d'associer aux événements dans la vie du Christ. Ils sont décrits dans presque tous les livres touristiques modernes ; mais, n'ayant aucun lien sûr avec la géographie biblique ou l'exégèse, ils n'exigent pas notre attention. Toutefois, deux localités représentent une exception à cet énoncé, dans la mesure qu'elles possèdent, bien que de façons différentes, un certain intérêt que personne ne manquera de reconnaître. Une de celles-ci est la "Fontaine de la Vierge", située à l'extrémité nord-est de la ville où, selon une tradition, la mère de Jésus reçut la salutation de l'ange (Luc i : 28). Bien que nous ne puissions attacher aucune importance à cette dernière croyance, nous devons, selon d'autres comptes-rendus, considérer la source avec un sentiment voisin de celui de la vénération religieuse. Elle dérive son nom du fait que Marie, pendant sa vie à Nazareth, sans doute souvent accompagnée de "l'enfant Jésus", dut être habituée de se rendre à cette fontaine pour de l'eau, telle la pratique actuelle des femmes de ce village. Tel que l'observe le Dr Clarke (Travels, ii.427), certes "s'il y a un endroit quelque part en Terre Sainte qui fut sans doute honoré par sa présence, nous pouvons la considérer comme ayant été l'endroit ; parce qu'une source abondante n'a pas tendance à changer et parce que la coutume de s'y rendre pour prendre de l'eau fut continuée parmi les habitants féminins de Nazareth de la période la plus ancienne de son histoire". Le sentier bien-utilisé qui mène là de la ville fut empruntée par les pieds de générations quasi innombrables. Elle présente à tout moment une scène occupée du va et vient du nombre de celles prenant part au travail de transport de l'eau.

Voir la gravure i.632 de ce dictionnaire.

L'autre endroit est celui de l'épisode de la falaise. Nous sommes dirigés à la vraie scène de cet événement, pas tant par quelque tradition que par les références mêmes dans l'histoire de l'Évangile. Une opinion courante du pays a transféré l'événement à une colline à environ deux milles au sud-est de la ville. Mais il n'y a aucune preuve que Nazareth n'ait jamais occupé un emplacement différent ; et qu'une bande, dont la détermination fut de mettre à mort l'objet de leur rage, devrait choisir un endroit si éloigné pour accomplir ce but, est entièrement incroyable.

[COMMENTAIRE : Deux milles n'est pas du tout un endroit "éloigné" ! Plusieurs petites villes de 3,000 ou 4,000 habitants mesurent deux milles en largeur. RS]

Tel que déjà mentionné, le village actuel est situé le long de la colline mais beaucoup plus proche de la base que du sommet. Quelques falaises rocheuses s'élèvent au-dessus du village et une personne ne pourrait à peine y survivre la chute. Mais il y a un précipice très remarquable près de l'église Maronite, presque perpendiculaire et d'une hauteur de quarante ou cinquante pieds qui pourrait bien être identique à celui dont les citadins furieux tentèrent de projeter Jésus.

La précision singulière avec laquelle la narration raconte la transaction mérite une remarque ou deux. Les lecteurs informels comprendraient de la narration que Nazareth fut située sur le sommet, et que les gens descendirent Jésus jusqu'au haut d'une falaise comme si cette dernière fut entre la ville et la vallée. Si ces déductions furent exactes, la narration et l'emplacement seraient donc en désaccord l'un avec l'autre. L'écrivain est libre de dire qu'il avait lui-même ces fausses impressions et fut amené à les corriger par ce qu'il observa à l'endroit même. Même Reland (Pal. 905) dit : "Nazareth-urbs aedificata super rupem, unde Christum precipitare conati sunt". Mais le langage de l'Évangéliste, lorsque examiné plus attentivement, ne requiert pas d'une part les conclusions en question, ou de l'autre, de les exclure. Ce qu'il affirme est que la foule enragée "prit Jésus et le sortit de la ville et l'amena au haut de la falaise sous laquelle la ville fut construite, qu'ils puissent le jeter en bas".

Premièrement, nous devons remarquer ici qu'il n'est pas dit que les gens montèrent ou descendirent pour atteindre le haut du précipice, mais simplement qu'ils y amenèrent le Sauveur là où il fut située ; et deuxièmement, qu'il n'est pas dit que la ville fut construite "sur le haut de la colline", mais également que le précipice fut "sur le haut", sans décider si le haut de la falaise fut situé plus haut (comme c'est le cas) ou plus bas que la ville. Nous verrons donc combien les termes de l'histoire se rapprochent d'une erreur et l'évitent également. Comme le remarque Paley dans un autre cas, rien sauf un compte rendu actuel pourrait se rapprocher de la contradiction sans pour autant en être une.

La prospérité de Nazareth fut variable. Épiphane relate qu'aucun chrétien demeura là jusqu'au temps de Constantin [320 après J.C., RS]. On dit que Hélène, la mère de cet empereur, y fit construire la première église de l'Annonciation. Au temps des Croisés, le Siège Épiscopal de Bethsan y fut transféré. Le lieu d'origine du Christianisme fut perdu aux chrétiens par leur défaite à Hattin en 1183, et fut complètement mis en ruines par le Sultan Bibars en 1263. Des âges s'écoulèrent avant qu'elle se relève de cette prostration. En 1620, les Franciscains reconstruisit l'église de l'Annonciation et attaqua le général français Junot à Nazareth ; et peu de temps après, 2,100 Français, sous Kleber et Napoléon, vainquirent une armée turque de 25,000 hommes à cette bataille, passèrent quelques heures à Nazareth et y atteignirent la limite nord de son expédition vers l'Est. Le tremblement de terre qui détruisit Safed en 1837 affecta aussi Nazareth. Aucuns Juifs n'y résident à présent, ce qui peut être attribué autant à l'hostilité des sectes chrétiennes qu'à leur propre haine du prophète qui fut envoyé pour "sauver Israël".

[COMMENTAIRE : Si cette haine juive du "prophète rédempteur" se perpétua du temps d'Apollonius jusqu'à celui du professeur Smith, les Juifs sont donc excessivement rancunier ! On se demande si cette haine existe encore en Israël moderne ? RS]

NAZARÉEN, un habitant de Nazareth. Ce nom se trouve dans le Nouveau Testament appliqué à Jésus par les démons dans la synagogue à Capharnaüm (Marc i : 24; Luc iv : 34) ; par les gens qui le décrivent ainsi à Bartimée (Marc x : 47; Luc xviii : 37) ; par les soldats qui ont arrêté Jésus (Jean xviii : 5, 7) ; par les serviteurs à Son procès (Mat. Xxvi : 71 ; Marc xiv : 67) ; par Pilate sur l'inscription sur la croix (Jean xix : 19) ; par les disciples sur le chemin d'Emmaüs (Luc xxiv : 19) ; par Pierre (Actes ii : 22, iii : 6, iv : 10) ; par Étienne, tel que rapporté par le faux témoin (Actes vi : 14) ; par le Jésus exaucé (Actes xxii : 8) ; et par Paul (Actes xxvi : 9).

[COMMENTAIRE : Indifféremment que Jésus Barabbas, Fils de Marie, fut de Nazareth, le fait que cette ville soit associée à la crucifixion associe automatiquement Apollonius à Nazareth, car l'image d'Apollonius est celle trouvée sur le Linceul de Turin. Les juifs "hautins" de Jérusalem entendirent l'accent du nord d'Apollonius et ne le distinguèrent probablement pas comme étant cappadocien, supposant tout simplement qu'il ressemblait à celui des Nazaréens. En guise de comparaison, il serait difficile pour la plupart des gens du Texas de discerner les nuances des accents entre les "Yankees" de Boston et ceux de la ville de New York, ou inversement, pour une personne du New Jersey de déceler entre les accents des gens de la Géorgie et ceux de la Louisiane du sud des États-Unis. RS]

Ce nom, rendu frappant de tant de manières fut d'abord mépris et par la suite adopté et glorifié par les disciples, possède une signification prophétique (Mat. ii : 23). Son application à Jésus, suite aux arrangements providentiels par lesquelles Ses parents furent menés à prendre résidence à Nazareth, fut la réalisation des prédictions dans lesquels le Messie promis est décrit comme un Netser, i.e., un germe, une pousse, de Jessé, un descendant humble et méprisé de la famille royale en déclin. À chaque fois que les hommes parlaient de Jésus comme le Nazaréen, ils prononcèrent consciemment ou non un des noms du Messie prédit, un nom indiquant à la fois son origine royale ainsi que ses modestes conditions. Cette explication, que Jérôme mentionne comme celle donnée par les érudits Juifs (Chrétiens) de son temps, fut adopté par Surenhusius, Fitzsche, Gieseler, Krabbe (Leben Jesu), Drechsler (on Is. xi.1), Schirlitz (N.T. Wörterb.), Robinson (N.T. Lex.), Hengstenberg (Christol.), De Werte, et Meyer.

Il est confirmé par les considérations suivantes :

(1) Après de Dieu et d'autres, Hengstenberg prouva que Netser fut effectivement le nom hébreu de Nazareth. (2) La référence à la signification étymologique du mot est tout à fait en accord avec Mat. ii : 21-23. (3) Le Messie est expressément appelé un Netser dans Isa. xi : 1. (4) La même pensée, et sous la même image, bien qu'exprimé par un mot différent se trouve dans Jér. xxiii : 5, xxxiii : 15 ; Zech. iii : 8, vi : 12, ce qui explique pour l'énoncé de Matthieu que cette prédiction fut dite "par les prophètes" au pluriel.

Il est donc inutile d'avoir recours à l'hypothèse que le passage dans Mat. ii : 23 est une citation de quelque livre prophétique perdu maintenant (Chrysost., Theophyl., Clericus), ou de quelque livre apocryphe (Ewald), ou fut une prophétie traditionnelle (Calovius; Alexander, Connexion and Harmony of the Old and N.T.), ces suppositions étant toutes réfutées par le fait que l'expression "par les prophètes" dans le Nouveau Testament réfère uniquement aux livres canoniaux de l'Ancien Testament. L'explication des autres (Tert., Erasm., Calv., Bez., Grot., Wetstein), selon qui la déclaration est que Jésus devrait être un Nazarien (Nazir), i.e., un qui est spécialement consacré ou dévoué à Dieu (Jug. xiii : 5), est contradictoire, pour ne dire rien des autres objections, avec la manière dont le Sept. épelle le mot, qui est généralement Naziraios et jamais Nazowraios.

[COMMENTAIRE : Ces mots (translittérés ici) sont écrits en Grec dans le dictionnaire. Le premier a un "i" et le deuxième un "ow" (pour distinguer la lettre grecque mega du "o" singulier d'omicron). Je ne suis pas tellement certain de la raison pour cette distinction de la part de cet écrivain. Mais je supposerais que si Apollonius se rendit à Nazareth, peut-être pour étudier les prophètes hébreux d'un point de vue purement intellectuel ou accidentellement, il devint confus durant ce temps avec la "nature messianique" du fils-natal Jésus Barabbas, Fils de Marie, l'implication d'Apollonius dans les "politiques" contemporaines d'une "base d'opération" en Galilée le fit considéré comme un "Nazaréen" ; et j'accentue de nouveau l'influence nordique générale dans sa manière de parler l'araméen. RS]

Dans le dernier siècle [i.e., 1760-1860, RS] l'interprétation qui trouve la clef du passage du mépris pour Nazareth fut grandement identifiée et acceptée. Ainsi, Paulus, Rosenm., Kuin., Van der Palm., Geradorf, A Barnes, Olsh., Davidson, Ebrard, Lange. Selon cette vue, la référence est à la condition méprisée du Messie, telle que prédit dans Ps. xxii et Isa. liii. Toutefois, cette idée est exprimé avec plus de sûreté dans la première explication donnée, ce qui a de plus l'avantage de reconnaître l'importance apparente rattachée à la signification du nom ("Il sera appelé"). Récemment, une suggestion que Witsius emprunta de Socinus fut rétablie par Zuschlag et Riggenbach que le vrai mot est [en hébreu, RS] mon Sauveur, en référence à Jésus comme le Sauveur du monde, mais sans beaucoup de succès.

Une fois, le terme Nazôréens est appliqué aux disciples de Jésus par mépris (Actes xxiv : 5). Le nom existe encore en arabe comme la désignation ordinaire des Chrétiens, et la révolte récente en Inde fut associée avec une prophétie ancienne prétendue que les Nazôréens, après avoir tenu le pouvoir pour 100 ans seraient expulsés.

[COMMENTAIRE : Si un tel mot que Nazôréens existe dans l'Arabe moderne pour décrire des Chrétiens, alors la tradition Islamique indique aussi que En-Nazirah fut associée à la vie du Christ. Autrement, je suis ignorant de cette référence linguistique. La "révolte récente" en Inde dut en être une qui s'est produite dans les "temps récents" avant la publication du dictionnaire du professeur Smith en 1863. RS]

NAZARIEN (NAZIR), plus correctement NAZIR (Nom. vi, Jug. xiii, Lam. iv.7; Nazaraeus), un de l'un et l'autre sexe qui fut lié par un voeu d'un type particulier étant séparé des autres pour le service de Dieu. L'obligation fut soit pour la vie ou pour un temps défini. Le Mishna nomme les deux classes résultant de cette distinction, "Nazariens perpétuel" (Nazaraei nativi) et "Nazariens de jours" (Nazaraei votivi).

I. Il n'y a de mention dans le Pentateuque de Nazariens perpétuels ; mais les règles pour le voeu d'un Nazarien de jours se trouvent dans Nom. vi : 1-21.

Durant le terme de sa consécration, le Nazarien fut dans l'obligation de s'abstenir de vin et de raisins avec chaque production de la vigne, et même aux pépins et à la peau du raisin et de quelque type de boisson enivrante. Il lui fut défendu de couper les cheveux de sa tête ou de s'approcher de tout corps mort même celui de la parenté la plus proche. Quand la période de son voeu fut accomplie, il fut amené à la porte du Tabernacle et dut offrir un agneau comme offrande de feu, une agnelle comme offrande de péché et un bélier comme offrande de paix, avec les accompagnements habituels d'offrandes de paix (Lév. vii : 12,13) et à l'offrande faite à la consécration des prêtres (Exo. xxix : 2) "une corbeille de gâteaux de fleur de farine sans levain, pétris à l'huile, des galettes sans levain frottées d'huile, avec les oblations et libations conjointes". (Nom. vi : 15).

Il apporta également une offrande de viande et de boisson, qui semblent avoir été présentées par eux-mêmes comme un acte distinct de service (ver. 17). Il devait couper les cheveux de "la tête de sa séparation" (i.e., les cheveux qui avaient poussé durant la période de sa consécration) à la porte du Tabernacle, et de les placer dans le feu sous le sacrifice sur l'autel. Le prêtre plaça alors sur ses mains l'épaule gauche trempée du bélier avec un des gâteaux sans levain et un des galettes, et les brandi dans les airs pour une offrande de salutation. Ceux-ci, aussi bien que la poitrine et l'épaule droite (auxquels il fut intitulé dans le cas d'offrandes de paix ordinaires, Lév. xii : 32-34), furent l'à côté du prêtre. Le Nazarien (Nazir) lui donna aussi un cadeau équivalent aux circonstances (ver. 21).

NOTE EN BAS DE LA PAGE : On dit qu'au coin sud-est de la Cour des femmes du temple d'Hérode, il y avait un appartement approprié pour les Nazariens (Nazirs), dans lequel ils firent bouillir leurs offrandes de paix et se coupaient les cheveux. Lightfoot, Prospect of the Temple, c. le xvii; Reland, A.S. p.1.c.8§11.

[COMMENTAIRE : Apollonius de Tyane ne fut certes pas un "Nazarien (Nazir)". Apollonius ne mangeait pas de viande ; il fut contre le sacrifice ou la tuerie d'animaux pour le sport ; et il ne se coupa jamais les cheveux. Ces "Nazariens" provenaient exclusivement de coutumes juives associées à l'ancienne Loi de Moïse. Du fait qu'Apollonius ne fut jamais un Juif, il n'aurait jamais pu accéder au statut vénéré de "Nazarien". Et ces "Nazariens" ne furent pas nécessairement "Nazaréniens (Nazôréens)". Personnellement, je trouve tous ces rituels bizarres très fascinants mais troublants. Pourquoi de tels "Nazariens" se donneraient tant de troubles ritualistes, surtout la reine Hélène qui est discutée ci-dessous ? Toutes ces anciennes cérémonies et rituels furent de la "merde" pur, pour utiliser une expression moderne du Texas. RS]

Si un Nazarien souffrait la profanation en touchant accidentellement un corps mort, il devait subir certains rites de purification et recommencer la pleine période de sa consécration. Lors de la septième journée de sa profanation (pollution) il devait couper ses cheveux, et le jour suivant, il devait apporter deux colombes ou deux jeunes pigeons au prêtre, qui en offre une comme offrande de péché et l'autre comme offrande de feu. Il sanctifia alors sa tête, offre un agneau de la première année comme offrande d'offense et renouvela son voeu sous les mêmes conditions que cela avait été fait en premier lieu.

Ce fut prétendu que le voeu nazaréen fut en premier pris avec quelque formalité, et qu'il fut accompagné d'une offrande semblable à celui prescrit à son renouvellement dans le cas de pollution. Mais si quelque déduction peut être tirée des premières sections du traité Nazir dans le Mishna, il semble probable que l'acte de consécration fut une affaire individuelle.

Dans l'Ancien Testament, rien n'est mentionné quant à la durée de la période de voeu du Nazarien de jours. Selon Nazir (cap. i §3, p.148) le temps habituel fut de trente jours, mais des voeux doubles de soixante jours et des voeux triples de cent jours furent quelquefois accomplis (cap. iii.1-4). Un exemple est raconté de Hélène, reine d'Adiabène (de qui certains détails sont fournis par Josèphe, Ant. xx.2), qui, avec le zèle d'un nouveau converti, fit un voeu de sept ans pour obtenir la faveur divine pour une expédition militaire que son fils allait entreprendre. Quand sa période de consécration fut expirée, elle visita Jérusalem et fut informée par les docteurs de l'École de Hillel qu'un voeu fait dans un autre pays doit être répété lorsque le Nazarien peut visiter la Terre Sainte. Elle continua donc comme Nazarien pour une seconde période de sept ans et touchant par mégarde un corps mort juste au moment où le temps allait expirer, elle fut obligée de renouveler son voeu selon la loi dans Nom. Vi : 9, &c. Elle fut donc un Nazarien durant vingt et un ans.

Dans le Mishna, on trouve quelques autres détails qui sont curieux en démontrant comment l'institution fut considérée dans les temps subséquents. Le voeu fut souvent entrepris par les parents sans enfants dans l'espoir d'obtenir des enfants : bien sûr, cela peut avoir été facilement suggéré par les cas de l'épouse de Manoah et Anne. Une Nazarienne dont le voeu fut brisé peut avoir été puni avec quarante coups de fouet. Le Nazarien pouvait lisser ses cheveux avec une brosse mais ne pas les peigner, de peur qu'un seul cheveu puisse être arraché.

II. Des Nazariens perpétuels, trois sont mentionné dans les Saintes Écritures : Samson, Samuel, et St Jean-Baptiste. Le seul parmi ceux-ci appelé réellement un Nazarien (Nazir) est Samson. Les Rabbins soulevèrent la question à savoir si Samuel fut en réalité un Nazarien. Dans le voeu d'Anne, il est clairement affirmé que le rasoir ne passerait pas sur la tête de son fils (1 Sam. i : 11) ; mais aucune mention n'est faite de l'abstinence de vin. Toutefois, il est important de remarquer que Philo en fait une remarque particulière et semble référer les paroles d'Anne à Samuel lui-même (1 Sam. i : 15). En référence à St Jean-Baptiste, l'Ange mentionne l'abstinence de vin et de boisson forte, mais non de ne pas couper les cheveux (Luc i : 15).

[COMMENTAIRE : Si Luc référait à Jean-Baptiste comme un "Nazarien", alors pourquoi lui et les autres écrivains juifs de l'Évangile ne firent-ils pas aussi référence à "Jésus" comme un "Nazarien" ? Jean fut-il un "homme plus saint" que Jésus ? Pourquoi "Jésus de Nazareth", l'ascétique et célibataire, ne fut-il pas élevé à ce "statut sacré" de "Nazarien perpétuel" comme Jean? Parce que le vrai "Jésus de Nazareth" ne fut même pas un Juif, mais un Gentil non-circoncis de la Cappadoce araméenne : Apollonius de Tyane ! RS]

Nous ne sommes que peu informés de la différence entre les observances du Nazarien perpétuel et celles du Nazarien de jours. Par la suite, les Rabbins remarquent ce point quelque peu. Nous ne savons pas si le voeu perpétuel fut entrepris volontairement par l'individu. Dans tous les cas mentionnés de l'Histoire Sacrée, il fut accompli par les parents avant la naissance du Nazarien lui-même. Selon la loi générale des voeux (Nom. xxx : 8), la mère ne pouvait faire le voeu sans le père, et cela est expressément appliqué au voeu Nazarien dans le Mishna.

Ou bien Anne dut donc présumer de l'accord de son mari ou elle se l'était procuré à l'avance.

Le Mishna fait une distinction entre le Nazarien (Nazir) perpétuel ordinaire et le Nazarien-Samson. Le premier plaça beaucoup d'importance sur la pureté, et s'il devint pollué, offrit le corban [une offre sacrificatoire à Dieu dans l'accomplissement d'un voeu, RS]. Mais concernant ses cheveux, lorsqu'ils devinrent trop longs, il avait la permission de les rafraîchir s'il fut disposé à offrir les victimes attitrées (Nom. vi : 14). D'un autre côté, le Nazarien-Samson offrit aucun corban s'il avait touché un corps mort mais il ne fut pas obligé de rafraîchir ou couper ses cheveux pour quelque raison. Cette distinction, qui est plutôt évidente, fut suggéré par la liberté avec laquelle Samson se trouvait parmi les morts (Jug. xv : 16 &c).

III. La consécration du Nazarien ressemblait énormément à celle du grand-prêtre (Lév. xxi : 10-12). Dans un exemple particulier, cela est plus clair dans le texte hébreu qu'il l'est dans notre version, dans le LXX (Septuagint), ou dans le Vulgate. Un mot dérivé de la même racine que Nazarien est utilisé pour les longs cheveux du Nazarien, Nom. vi : 19, où il est rendu "couronne."

NOTE EN BAS DE LA PAGE : La signification fondamentale de ce mot est la séparation dans un but sacré. Ainsi, il est utilisé pour exprimer la consécration du Nazarien (Nom. vi : 4,5,9). Mais il semble avoir été spécialement appliqué à un insigne de consécration et de distinction porté sur la tête, telle la couronne d'un roi (2 Sam. i : 10; 2 Rois xi : 12), le diadème d'un grand-prêtre (Ex. xxix : 6, xxxix : 30), aussi bien que ses cheveux oints, les longs cheveux du Nazarien, et laissant tomber complètement l'idée de la consécration, aux cheveux longs dans le sens général (Jér. vii : 29). Cela peut nous aider à comprendre les versets Gen. xiix : 26 et Deut. Xxxiii : 16. Voir la section VI de cet article. J.C. Ortlob, dans un essai dans le Thesaurus Novus Theologico-Philologicus, vol. 1. p. 587, intitulé "Samuel Judex et Propheta, non Pontifex aut sacerdos sacrificans", présenta une masse de témoignage sur ce sujet.

[COMMENTAIRE : Si Jean-Baptiste fut un "Nazarien", alors il eut, comme Apollonius, les cheveux longs. Les longs cheveux d'Apollonius ne seraient pas passés inaperçus par Jean le jour du son baptême. Dans le grand nombre de représentations historiques de Jésus, il est illustré avec des longs cheveux. Donc, et je le demande à nouveau, pourquoi Jean aux longs cheveux, mais non Jésus, fut-il considéré comme étant un "Nazarien perpétuel" ? RS]

Le Mishna démontre que l'identité de la loi permettait plus de liberté (Lév. xxi : 2). Et Maimonide (More Nevochim, iii.48) parle de la dignité du Nazarien, quant à sa sainteté, comme étant égale à celle du grand-prêtre.

L'abstinence de vin exigé du grand-prêtre pour tous les prêtres lorsqu'ils commencèrent leurs ministères est évident, mais peut-être pas un point si important dans la comparaison. Il y a un passage dans le compte rendu de Hegesippus de St Jacques le juste (Eusèbe, Hist. Ecc. ii.23), lequel, si nous supposons qu'il représente une tradition authentique, vaut une mention, et semble démontrer que les Nazariens furent autorisés à pénétrer même dans le Sanctuaire. Il dit que St Jacques fut consacré dès sa naissance à ne pas manger de viande, ni boire du vin, ni couper ses cheveux, ni se permettre l'utilisation du bain, et qu'il fut le seul autorisé à entrer dans le Sanctuaire. Il ne serait pas déraisonnable de supposer que le demi-caractère sacerdotal de Samuel aurait pu avoir été associé avec sa prérogative de Nazarien. Plusieurs des Pères (de l'Église) le désigne comme un prêtre, bien que St Jérôme, basé sur la raison évidente de sa descendance, nie qu'il eut quelque rang sacerdotal.

[COMMENTAIRE : La remarque précédente au sujet de Jacques Le Juste (frère de Jésus) indique qu'il suivit certaines règles diététiques et d'autres règles, dérivées probablement de l'Essénisme ou du Pythagorisme, tel Apollonius. Jacques Le Juste fut certes le Jacques qui était le fils de Joseph et de Marie ; il est un personnage "mystérieux" dans cette saga. RS]

IV. Des deux voeux notés de St Paul, celui dans Actes xviii : 18 ne peut certes pas être considéré comme un voeu Nazarien. Tout ce qui est dit est qu'en chemin de Corinthe à Jérusalem, il "rasa sa tête à Cenchreae, car il avait un voeu". Il paraît que la coupe des cheveux fut au commencement de la période du vou ; de toute manière, les cheveux ne furent pas coupés à la porte du Temple quand les sacrifices furent offerts, tel qu'exigé par la loi des Nazariens. Il est plus probable que cela fut un type de voeu modifiée du voeu Nazarien proprement dit, qui devint en usage à ce temps parmi les Juifs religieux qui furent atteints par la maladie ou toute autre calamité. En référence à un voeu du type de celui pris par Bernice, Josèphe dit, "ils furent dans l'habitude de faire un vou qu'ils s'abstiendraient du vin et qu'ils couperaient leurs cheveux trente jours avant la présentation de leur offrande". Aucune allusion nous est donnés du but de St Paul dans cet acte de dévotion. Spencer suppose qu'il a pu probablement avoir été exécuté dans le but de faire un bon voyage ; Neander suggère, avec plus de probabilité, qu'il fut une expression de remerciement et d'humiliation par rapport à quelque maladie ou détresse récente.

L'autre référence à un voeu pris par St Paul est dans Actes xxi : 24 où nous trouvons les frères à Jérusalem l'exhortant de participer avec quatre Chrétiens qui avaient fait un vou, de se sanctifier avec eux et d'être avec eux pour qu'ils puissent se raser la tête. La raison donnée pour ce conseil est qu'il puisse prouver à ceux qui le comprirent mal qu'il marchait sur le droit-chemin et suivait la loi. On ne peut douter que ce fût un voeu légal strictement Nazarien. Il se joint aux quatre hommes pour les sept derniers jours de leur consécration, jusqu'à ce que l'offrande soit faite pour chacun d'eux, et que leurs cheveux furent coupés de la façon habituelle (ver. 26, 27). Ce ne fut pas chose ordinaire pour ces personnes charitables qui pourraient offrir d'aider à payer les offrandes des pauvres Nazariens. Josèphe raconte qu'Hérode Agrippa I, quand il désira montrer son zèle pour la religion de ses pères, donna l'ordre que plusieurs Nazariens devraient se faire raser la tête : et le Gemara (cité par Reland, Ant. Sac.), qu'Alexandre Jannaeus contribua à fournir neuf cents victimes pour trois cents Nazariens.

V. Que l'institution des Nazariens existait et était devenue familière parmi les Hébreux avant le temps de Moïse est au-delà de tout doute. Le législateur semble n'avoir fait que de décréter les règlements pour le voeu des Nazariens de jours et les mettre sous le contrôle du prêtre et en harmonie avec le système général d'observance religieuse. Certains ont supposé, non déraisonnablement, que la consécration des Nazariens perpétuels remontait au moins aussi loin dans l'antiquité. Il n'a peut-être pas eu besoin de quelque avis ou modification dans la loi, et ainsi, le silence sur ce sujet dans le Pentateuque. Quant au Nazaritisme en général, on doute si son origine fut locale ou étrangère. Cyril d'Alexandrie considéra que de laisser les cheveux allonger, le trait le plus caractéristique du voeu, provenait des Égyptiens. Cette notion fut substantiellement adoptée par Fagius, Spencer, Michaels, Hengstenberg et quelques autres critiques. Hengstenberg affirme que les Égyptiens et les Hébreux furent distingués parmi les anciennes nations par le fait qu'ils coupaient leurs cheveux par tendance sociale ; et donc le trait marqué des longs cheveux dut être commun à leurs deux. Toutefois, les arguments de Bähr, démontrant que le fait de porter les cheveux longs en Égypte et les autres nations païennes avaient un sens opposé à l'idée du voeu Nazarien, semblent être concluants ; et Winer observe correctement que les points de ressemblance entre le voeu Nazarien et les coutumes païennes sont trop fragmentaires et indéfinies pour fournir une fondation solide pour un argument en faveur d'une origine étrangère pour le premier.

Ewald suppose que les Nazariens perpétuels furent nombreux dans les temps très anciens et qu'ils se multiplièrent en période de grande excitation politique et religieuse. Cependant, les seuls distinctement nommés dans l'Ancien Testament furent Samson et Samuel.

La notion rabbinique qu'Absalon fut un Nazarien ne semble pas digne de mention bien que Spencer et Lightfoot l'adoptèrent. Quand Amos écrit, les Nazariens, aussi bien que les prophètes, souffrirent de la persécution et du mépris des impies.

Les paroles divines les concernant furent, "J'avais suscité parmi vos fils des prophètes, et parmi vos jeunes gens des nazirs ! N'en est-il pas ainsi, enfants d'Israël ? Oracle de Yahvé. Mais vous avez fait boire du vin aux nazirs, aux prophètes, vous avez donné cet ordre : "Ne prophétisez pas !" (Amos. ii : 11,12) Au temps de Judas Macchabée nous trouvons les Juifs dévots, lorsqu'ils apportaient leurs cadeaux aux prêtres et firent paraître les Nazariens (Nazirs) de jours qui avaient complété le temps de leur consécration pour faire leurs offrandes habituelles (1 Macc. iii : 49). De cet incident, ainsi que celui qui fut raconté d'Agrippa, nous pouvons déduire que le nombre de Nazariens (Nazirs) dut être très considérable pendant les deux siècles et demi précédant la destruction de Jérusalem. L'exemple de St Jean-Baptiste et celui de St Jacques le Juste (si nous acceptons la narration traditionnelle) démontrent que les Nazariens perpétuels retinrent leur trait original jusqu'au temps plus tardifs ; et l'acte de St Paul de se joindre aux quatre Nazariens (Nazirs) à Jérusalem semble prouver que le voeu du Nazarien de jours fut légèrement altéré dans ses traits importants.

VI. Le mot "couronne" [je pense, tel qu'écrit en Hébreu, RS] se trouve dans trois passages de l'Ancien Testament dans lesquels il semble signifier un prince séparé des autres. Deux des passages se reportent à Joseph : l'un est dans la bénédiction de Jacob de ses fils (Gen. xlix : 26); l'autre dans la bénédiction de Moïse des tribus (Deut. xxxiii : 16). Tels que ces textes se trouvent dans notre version, la bénédiction est décrite de comme tombant "sur la couronne de la tête de lui qui fut séparé de ses frères". Le LXX (Septuagint) épelle le mot à un endroit [Grec. RS], et à l'autre [Grec. RS]. Le Vulgate les traduit aux deux endroits "in vertice Nazaraei inter fratres". L'expression est remarquablement similaire à celle utilisée par le grand-prêtre (Lév. xxi : 10-12), et semble dériver son illustration de l'utilisation du mot "couronne" [de nouveau, je pense, le même mot en hébreu. RS]. Le troisième passage est celui dans lequel le prophète est en deuil de la perte de prospérité et de beauté de Sion (Lam. iv : 7, 8). Dans la Bible de Jérusalem, ces versets se lisent : "Ses jeunes gens [Nazariens] étaient plus éclatants que neige, plus blancs que lait; plus vermeil que le corail était leur corps, leur teint était de saphir. Leur visage est plus sombre que la suie, on ne les reconnaît plus dans les rues. Leur peau est collée à leurs os, sèche comme du bois". Nous trouvons les interprétations du LXX (Septuagint), le Vulgate, et presque toutes les versions en faveur de l'application de ce passage au Nazariens (Nazirs). Mais Gesenius, de Wette et d'autres critiques modernes pensent que cela fait référence aux jeunes princes d'Israël, et que le mot [Hébreu. RS] est utilisé dans le même sens qu'il l'est en référence à Joseph (Gen. xlix : 26 et Deut. xxxiii : 16).

VII. Le voeu du Nazarien de jours dut être une discipline volontaire entreprise dans un but spécifique. Les écrivains juifs le considérèrent surtout comme une sorte de pénitence et expliquèrent ainsi l'ordre dans lequel la loi qui le régis se situe dans Lévitique immédiatement après la loi concernant l'adultère. Comme la longueur de cheveux qui grandissaient dans la période ordinaire d'un voeu n'aurait pas pu être très considérable, et comme une abstinence temporaire de vin ne fut probablement pas une chose plus notable parmi les Hébreux que cela l'est dans la société moderne, le Nazarien (Nazir) de jours aurait pu accomplir son voeu sans s'attirer beaucoup d'attention jusqu'à ce que le jour vienne pour faire son offrande au Temple.

De l'autre côté, le Nazarien (Nazir) perpétuel dut être, avec ses cheveux longs tombants et son refus persistant de boisson forte, un homme marqué. Il est incertain que sa vie journalière fut particulière en d'autres points. Il avait peut-être eu certains privilèges (comme nous l'avons vu) qui lui donna quelque chose d'un caractère sacerdotal, et (comme cela fut supposé) il avait peut-être donné une grande partie de son temps aux études sacrées.

NOTE EN BAS DE LA PAGE : Nicolas Fuller discuta le sujet de la robe des Nazariens (ainsi que les prophètes) dans son Miscellanea Sacra. Voir Critici Sacri, vol. l'ix. p. 1023. Ceux qui imaginèrent que les Nazariens portèrent une robe particulière doutent qu'elle fut de couleur pourpre royale, de tissu rugueux (comme St Jean) ou de quelque matériel blanc.

Bien que pas nécessairement exclus de la vie sociale, lorsqu'il tourna son esprit vers la dévotion, la conscience de sa consécration particulière dut influencer ses habitudes et ses manières, et dans certains cas, dut le conduire probablement à se retirer du monde.

Mais sans se reposer sur quoi que ce soit qui peut être mis en question, il dut être un témoin public pour l'idée des critiques légales et n'importe quoi d'autre que le Nazaritisme devait représenter : et comme le voeu du Nazarien perpétuel fut pris par ses parents avant qu'il en soit conscient, l'observance par lui de ce vou fut un signe d'obéissance filiale, comme les particularités des Réchabites.

La signification du voeu Nazarien fut considérée de manières différentes. Certains le considèrent comme une expression symbolique de la nature divine qui existe en l'homme et nie qu'il impliqua quoi que ce soit de caractère strictement ascétique ; d'autres le voient dans le principe du Stoïcisme, et imagine qu'il fut prévu pour cultiver et témoigner de la souveraineté de la volonté sur les tendances inférieures de la nature humaine : tandis que certains le considère entièrement à la lumière d'un sacrifice à la personne de Dieu.

(a) Certains écrivains Juifs prirent plus ou moins la première vue. Abarbanel imagina que les cheveux représentent le pouvoir intellectuel, le pouvoir appartenant à la tête, que l'homme sage ne devait pas se permettre d'être affaibli ou perturbé en buvant du vin ou par toute autre indulgence ; et que le Nazarien ne devait pas s'approcher des morts car il fut appelé pour porter témoin à l'éternité de la nature divine. Parmi les critiques modernes, Bähr semble avoir abondé le plus complètement dans cette veine. Bien qu'il nie que la vie du Nazarien fut, au sens propre, ascétique, il soutient que son abstinence de vin, et le fait de ne pouvoir s'approcher des morts, démarquaient sa séparation des autres hommes qui caractérisent le servant consacré du Seigneur ; et que ses longs cheveux signifièrent sa sainteté.

Selon sa théorie, les cheveux représentant l'épanouissement de l'homme sont le symbole de la croissance des royaumes végétal aussi bien qu'animal, et par conséquent de l'opération du pouvoir Divin.

NOTE EN BAS DE LA PAGE : Il [Bähr, RS] ne permettra pas que la raison de cette abstinence ressemble du tout à celle des prêtres prenant part à leurs ministères qui furent seulement destinée à se procurer la stricte bienséance dans l'accomplissement de leurs devoirs. Bähr défend cette notion par certaines discussions philologiques qui ne semblent pas être tellement appropriées. La plus convenable est celle dérivée de Lév. xxv : 5, où les vignes non-taillées de l'année sabbatique sont appelées Nazariens. Mais cela, bien sûr, s'explique comme étant une métaphore de cheveux longs.

(b) Mais les docteurs juifs philosophiques, pour la plupart, semblent avoir préférer le deuxième point de vue. Or, Bechai parle du Nazarien tel un conquérant qui subjugua ses tentations et qui porta ses longs cheveux comme une couronne, "quod ipse rex sit cupiditatibus imperans praeter morem reliquorum hominum, qui cupiditatum sunt servi". Il supposa que les cheveux furent portés sans soin en guise de protestation contre la démence. Mais d'autres, les considérant comme un emblème royal, imaginèrent qu'ils fut soignés minutieusement, et s'imaginent qu'ils voient une preuve de l'existence de la coutume dans les sept mèches de Samson (Jug. xvi : 13-19).

(c) Philo élabora le sujet avec plus de profondeur. Dans son travail, Sur les Animaux associés au sacrifice, il donna un compte rendu du voeu nazarien et l'appelle [Grec, RS]. Selon lui, le Nazarien ne sacrifia pas uniquement ses possessions mais sa personne et l'acte de sacrifice devait être exécuté de la manière la plus complète. Les observances extérieures à accomplir devaient être les expressions authentiques de son dévouement spirituel. Pour représenter la pureté intérieure sans tache, il devait fuir la profanation des morts même celle de l'obligation des relations familiales les plus proches. Comme aucun état ou acte spirituel peut être signifié par quelque symbole, il devait s'identifier avec chacune des trois victimes qu'il devait offrir aussi souvent qu'il brisa son voeu par pollution accidentelle ou lorsque prit fin la période de son voeu. Il devait réaliser en lui-même l'image complète de l'offrande de feu, de l'offrande de péché et de l'offrande de paix. Pour qu'aucune erreur ne puisse être commise quant aux trois sacrifices comme étant des ombres d'une même substance, il fut décrété que les victimes devraient être des individus d'une même espèce d'animal. Les cheveux rasés furent mis dans le feu de l'autel afin que, bien que la loi divine n'ait pas permis l'offrande de sang humain, quelque chose puisse être offert comme étant une partie réelle de l'individu.

Ewald, suivant le même schème de pensée, considéra le voeu du Nazarien comme un acte de renoncement ; mais il voit la conservation des cheveux, comme signifiant que le Nazir est ainsi distingué séparément pour Dieu, qu'aucun changement ou diminution devrait être faite dans quelque partie de sa personne, et comme servant à lui-même et au monde de symbole visible de sa consécration particulière à Jéhovah.

NOTE EN BAS DE LA PAGE : Lightfoot est enclin à préférer certains écrivains juifs qui identifient la vigne avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et d'associer la loi nazarienne avec la condition d'Adam avant sa chute (Exercit. dans Luc. i : 15).

Cette notion étrange est rendue encore plus capricieuse par Magre (Atonement et Sacrifice, Illustration xxxviii).

[COMMENTAIRE : On peut s'imaginer plusieurs possibilités au sujet de cette illustration "capricieuse" de Magre. Fut-elle une description de L'Arbre Cosmique ? ! RS]

Que le voeu nazarien fut un sacrifice de la personne au Seigneur est effectivement en accord avec les termes de la Loi (Nom. vi : 2). Dans l'ancienne dispense il fut probablement conforme à ce "sacrifice vivant, sacré, acceptable à Dieu", que le croyant est maintenant appelé à accomplir. Comme le Nazarien fut un témoin pour la droiture de la loi, le sacrifice de lui-même fut une soumission à la lettre d'un règlement. Ses manifestations extérieures furent des retenues et des excentricités. L'homme fut séparé de ses frères pour qu'il puisse être singulièrement consacré au Seigneur. Cela fut compatible avec le but de la sagesse divine pour la durée de temps décrétée.

La sagesse, nous dit-on, fut justifiée de son enfant dans la vie du grand Nazarien qui prêcha le baptême du repentir quand la Loi fut sur le point de céder à l'Évangile. Parmi tous ceux nés des femmes, personne de mieux que lui survint, "mais celui qui est le plus petit dans le royaume du Ciel est plus grand que lui". Le sacrifice que le croyant fait de lui-même maintenant n'est pas pour le séparer de ses frères mais pour les unir plus près de lui-même ; et non pour le soumettre à la discorde extérieure mais pour le confirmer dans la liberté avec lequel le Christ le rendit libre. Ce n'est pas sans raison que le vin sous la Loi fut strictement défendu au prêtre occupé au service du sanctuaire et au petit nombre que les voux nazariens rattachaient au service spécial du Seigneur ; faisant partie de l'Église du Christ, il est consacré pour l'utilisation de chacun des croyants qui reçut l'ordre, "buvez tous de ceci".

[COMMENTAIRE : "L'Église du Christ" dans ce contexte fait référence à la totalité du Christianisme et non pas à la dénomination fondamentaliste américaine du même nom. Suivant la note en bas de la page, une courte bibliographie est fournie, mais elle sera omise de cette transcription. Et l'article prend fin. RS]

NOTE EN BAS DE LA PAGE : Cette considération aurait pu sûrement fournir St Jérôme avec une meilleure réponse au Tatianistes, qui alléguait Amos ii : 12 en défense de leur abstinence de vin, que sa réplique amère qu'ils apportaient "Judaicas fabulas" dans l'Église, et qu'ils furent liés, sur leur propre parole, ni de couper leurs cheveux, ni de manger des raisins frais ou secs ou ni de se rapprocher du cadavre d'un parent mort (Amos ii : 12).

L'essai de Meinhard contient beaucoup d'information sur le sujet autre ce qui porte spécifiquement sur les voeux de St Paul. Spencer donne un compte-rendu complet des coutumes païennes dans la consécration des cheveux. Les Notes de De Muis contiennent une collection précieuse de témoignages juifs sur la signification du voeu nazarien en général. Celles de Grotius sont surtout en rapport avec l'abstinence de vin des Nazariens. Hengstenberg (L'Égypte et les Livres de Moïse, p. 190, traduction anglaise) réfute la théorie de Bähr.

A Dictionary of the Bible, Volume I, Pages 581-583 (Excerpts).

ESSÉNIENS.

1. En décrivant les différentes sectes qui existaient parmi les Juifs en son temps, Josèphe s'étend longuement avec une emphase particulière sur la foi et l'entraînement des Esséniens, qui semblent dans sa description de combiner les vertus ascétiques des Pythagoriciens et des Stoïques avec une connaissance spirituelle de la Loi Divine. Une secte analogue, marquée toutefois par les différences caractéristiques, se voit dans les Thérapeutes égyptiens, et des avis détaillés de Josèphe et de Philo, et les remarques fortuites de Pline, des écrivains plus récents discutèrent fréquemment la relation que ces mystiques juifs occupèrent envers la religion populaire du temps et plus particulièrement envers les doctrines du Christianisme. Car il est un fait des plus remarquable que l'existence de telles sectes semble être méconnue dans les écrits apostoliques et dans la littérature hébraïque ancienne.

2. Le nom Essénien (Essenoi, Josèphe; Esseni, Pline) ou Essaean (Philo) est lui-même rempli de difficulté. Plusieurs dérivations en furent proposées et toutes sont plus ou moins ouvertes à la controverse. ...

L'obscurité des Esséniens comme mouvement distinct survient du fait qu'ils représentèrent originairement une tendance plutôt qu'une organisation. Les communautés qui en furent formées furent le résultat de leur entraînement et non par nécessité. Comme secte ils furent distingués par une aspiration à la pureté idéale plutôt que par quelque code spécial de doctrine ; et comme les Chasidims des temps anciens, ils furent confondus par la populace avec le grand corps d'observateurs zélés de la Loi (les Pharisiens).

La croissance de l'Essénisme fut un résultat naturel du sentiment religieux qui fut initiée par les circonstances de l'autorité grecque ; et c'est facile de tracer le processus de sa croissance. De l'âge maccabéenne, il y eut un effort continuel parmi les Juifs plus stricts pour atteindre un niveau absolu de sainteté. Chaque classe de disciples fut considérée comme pratiquement impure par leurs successeurs qui amplifièrent davantage les lois de la pureté ; et les Esséniens se trouvent à la limite extrême de l'ascétisme mystique qui fut donc graduellement épuré. Les associations des "Scribes et Pharisiens" donnèrent leurs places à d'autres fixés par un règlement plus rigide ; et le règlement des Esséniens devint graduellement plus strict. Judas, l'Essénien le plus ancien qui est mentionné (110 avant J.C.) semble vivre dans la société ordinaire. Menahem, selon la tradition, un collègue de Hillel, fut un ami d'Hérode et apporta à sa secte la faveur du roi.

Mais par une impulsion naturelle, les Esséniens se retirèrent des dangers et des distractions du monde des affaires. Des villes, ils se retirèrent dans le désert pour réaliser les conceptions de la religion qu'ils formaient, mais ils restèrent tout de même vrai à leur ancienne foi. Envers les Pharisiens ils se trouvèrent presque dans la même relation que celle dans laquelle les Pharisiens se trouvèrent quant à la masse des gens. La différence se situe principalement dans la rigueur de l'entraînement et non dans les articles de croyance.

[COMMENTAIRE : Les Esséniens furent les "Pythagoriciens" ou "Thérapeutes" de la foi juive. Bien qu'ils adhèrent fondamentalement aux principes du Judaïsme orthodoxe, néanmoins, ils explorèrent d'autres voies de rhétorique philosophique, semblable à celles explorées par Apollonius de Tyane. Toutefois il est curieux de constater qu'il n'y a pas de mention que ces Esséniens furent associés à Nazareth ou à la Galilée ! RS]

3. Les traces de l'existence des Esséniens dans la société commune ne sont ni rares ni limitées à des cas individuels. Non seulement une porte de Jérusalem s'appela par leur nom mais une tradition subséquente mentionne l'existence d'une congrégation là qui dévoua "un tiers du jour pour l'étude, un tiers à la prière et un tiers au travail". Ceux que Josèphe mentionne comme autorisant le mariage peuvent être supposés comme ayant appartenu à de tels mouvements qui ne s'étaient pas encore éloignés des relations avec leurs semblables. Mais la pratique de la section extrémiste fut par après considérée comme caractéristique de l'ensemble du mouvement et les communautés isolées des Esséniens fournirent le type qui est conservé dans les descriptions populaires. Celles-ci furent régies par des règlements stricts analogue à celles des institutions monacales subséquentes. Le candidat pour l'admission traversa en premier lieu le noviciat d'un an dans lequel il reçut comme cadeaux symboliques, une ache, un tablier, et une robe blanche, et démontra la preuve de sa tempérance en observant les règles ascétiques de l'ordre. À la fin de cette probation, son caractère fut soumis à une nouvelle épreuve de deux ans, et pendant ce temps il partagea dans les rites lustraux de l'initié, mais non dans leurs repas. L'adhésion complète fut octroyée à la fin de cette seconde période quand le novice s'imposa "en prenant d'effrayants serments"--bien que les serments furent absolument défendus à tout autre moment--d'observer la piété, la justice, l'obéissance, l'honnêteté et le secret, "conservant de même les livres de leur secte et les noms des anges" (Josèphe, B.J. ii.8,§7).

4. L'ordre lui-même fut régi par une juridiction interne. L'excommunication fut l'équivalent d'une mort à petit feu car un Essénien ne pouvait pas prendre de la nourriture préparée par les étrangers pour peur de pollution. Toutes choses matérielles furent retenues en commun sans distinction de propriété ou de maison ; et une provision spéciale fut accomplie pour le soulagement des pauvres. L'abnégation, la modération et le travail--surtout l'agriculture--furent les signes extérieurs de la vie des Esséniens ; la pureté et la communion divine les objets de leur aspiration. L'esclavage, la guerre et le commerce furent également défendus ; et, selon Philo, leur conduite fut généralement dirigée par trois règles, "l'amour de Dieu, l'amour de la vertu et l'amour de l'homme" (Philo, l.c).

5. Dans la doctrine, tel que déjà énoncé, ils ne différaient pas essentiellement des stricts Pharisiens. Ils honorèrent Moïse comme second après Dieu. Ils observèrent le Sabbat avec une sévérité singulière ; et bien qu'ils furent incapables d'offrir des sacrifices à Jérusalem, probablement par considération à la pureté, ils y envoyèrent des cadeaux : en même temps, comme la plupart des ascètes, ils tournèrent leur attention spécialement vers les mystères du monde spirituel et considérèrent le corps comme rien qu'une prison de l'âme. Selon Josèphe, ils étudièrent et pratiquèrent avec un succès remarquable l'art de la prophétie ; des rapports familiers avec la nature leur donnèrent une connaissance exceptionnelle des vérités physiques. Ils affirmèrent avec une audace particulière le pouvoir absolu et la prescience de Dieu ; et ils déprécièrent les plusieurs formes de philosophie mentale comme inutiles ou au-delà de la capacité de l'homme.

6. Le nombre d'Esséniens est estimé en gros par Philo à 4,000 et Josèphe dit qu'il y en avait "plus que 4,000" qui observaient leurs règlements. Les colonies les mieux-connus furent situées sur le rivage nord-ouest de la Mer Morte mais d'autres vécurent dans des communautés éparpillées partout en Palestine, et peut-être aussi dans les villes.

[COMMENTAIRE : Selon les critères modernes, la Mer Morte n'est pas située tellement loin de la Mer de Galilée. Jean-Baptiste exerça son ministère dans le voisinage de la Mer Morte. Jean connaissait sûrement les Esséniens ; et en tant que "Nazarien", il se trouvait peut-être réellement parmi leur nombre. Quand Apollonius vint se faire baptiser, Jean supposa probablement qu'Apollonius fut un type "d'Essénien étranger" d'origine gréco-pythagoricien. RS]

7. Tel que déjà énoncé ci-dessous, dans les écrits du Talmud, il n'y a aucune mention directe des Esséniens, mais leur existence est reconnue par le choix des titres "les pieux", "les frèles" (i.e., quant à l'étude [polo : ici je ne comprend pas le sens]), "les introvertis", leurs maximes sont citées avec respect, et plusieurs des caractéristiques préservées dans Josèphe trouvent des parallèles dans les écrits du Talmud. Les quatre stages de pureté qui sont distingués par les docteurs correspondent de façon singulière aux quatre classes dans lesquelles on dit que les Esséniens furent divisés ; et les périodes de probation observées dans les deux cas offrent des coïncidences similaires.

8. Mais les meilleurs parmi les Juifs ressentirent la menace de l'Essénisme comme système et se regroupèrent pour le décourager. Ils ressentirent une terreur instinctive face au danger d'associer l'ascétisme au pouvoir spirituel et entretenaient la grande vérité qui se trouvait dans le proverbe "la Doctrine n'est pas dans le ciel". L'énergie miraculeuse qui fut attribuée aux mystiques fut considérée par eux comme une source de soupçon plutôt que de respect ; et les spéculations théosophiques furent condamnées avec une distinction catégorique.

9. Le caractère de l'Essénisme limita son étendu. Hors de la Palestine, la pureté lévitique fut impossible, car la même terre fut impure ; or, il n'y a aucune trace de la secte en Babylonie. Le cas fut différent en Égypte où le Judaïsme prit une nouvelle forme provenant de son lien intime avec la Grèce. Ici, la forme originale dans laquelle elle fut moulée ne fut pas représentée par des copies directes mais par des formes analogues ; et la tendance qui donna naissance aux Esséniens trouva un nouveau développement dans la spéculation pure des Thérapeutes. Ces mystiques alexandrins renièrent les travaux pratiques qui appartenaient dûment aux Esséniens et se livrèrent à l'étude de la signification intérieure des Saintes Écritures. L'impossibilité d'accomplir la loi les mena naturellement à substituer une interprétation spirituelle pour une littérale ; et ce fut leur objet d'établir sa signification par d'intenses travaux et de satisfaire alors ses exigences par la dévotion absolue.

La "journée entière, du levé au couché du soleil, fut passée dans la discipline mentale". Les besoins corporels furent souvent oubliés dans la poursuite absorbante de la sagesse, et le "manger et boire" furent toujours considérés comme étant indigne de la lumière.

10. Vue par rapport à sa nature unique, l'Essénisme dans sa forme extrémiste pouvait exercer que peu d'influence sur le Christianisme. Dans toutes ses portées pratiques, il fut diamétralement opposer à l'enseignement apostolique. Les dangers qu'il comportait furent plus faciles à constater pour les docteurs chrétiens que pour les docteurs juifs. La seule vraie ressemblance entre l'Essénisme et le Christianisme se trouvait dans l'élément commun du vrai Judaïsme ; et il y a peu d'excuses pour les écrivains modernes qui suivent l'erreur d'Eusèbe, et confondent la société des Thérapeutes avec les fraternités chrétiennes. Du point de vue national, les Esséniens occupent la même situation que celle dont Jean-Baptiste fut personnellement appelée. Ils marquent la fin de L'Ancien, l'aspiration pour le Nouveau, mais dans ce cas sans la promesse.

Au lieu du message du "royaume" à venir, ils ne pouvaient que proclamer la pureté individuelle et l'isolement. Subséquemment, des traces de l'Essénisme paraissent chez les Clémentins, et le compte étrange qu'Épiphane donne de l'Osseni semble pointer à quelque combinaison des doctrines esséniennes et pseudo-chrétiennes.

Après la guerre juive, les Esséniens disparaissent de l'Histoire. Le caractère du Judaïsme fut changé et le Pharisaïsme ascétique devint quasi-impossible.

Robertino Solàrion
Dallas, Texas,
Le 28 novembre, 2002


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