Avant de se lancer dans cette étude, j'aimerais faire quelques remarques au sujet des magnifiques dictionnaires du professeur William Smith et de ses collègues européens. Ces dix dictionnaires furent publiés à Londres et à Boston dans la deuxième moitié des années 1800, quand l'intellectualisme de l'époque victorienne eut atteint son sommet. Ma collection comporte des originaux de la Première Édition, achetés par un de mes grands-oncles maintenant décédé, un médecin avec un appétit insatiable pour l'histoire ancienne. Oncle "Whit" faisait souvent de petites annotations au crayon dans les marges. Mon père acheta la bibliothèque de l'oncle Whit à sa veuve, et moi j'en ai hérité d'une grande partie de mon père. Il y a de cela déjà 30 ans, je me rappelle avoir réalisé quel trésor ces dictionnaires représentaient pour moi. Je savais que si jamais je voulais vérifier un fait au sujet de l'ancien monde, quoi qu'il soit, j'avais certes les références dans ma bibliothèque. Je n'aurais pas pu simplement "polir" ou "raffiner" mes écrits au sujet d'Apollonius de Tyana et de l'Arbre Cosmique de la façon dont je l'ai fait sans avoir eu accès à ces dictionnaires; et dans ce sens là, ces dictionnaires inestimables devinrent une sorte de destin "karmique" dans ma vie. Je n'ai jamais vu un autre ensemble de ces dictionnaires. Dans les bibliothèques comme celles du Congrès, il doit sans doute exister d'autres collections; et même si c'était le cas, je penserais qu'ils ne sont pas disponibles pour des travaux de recherches de la part du grand public. Ma mère avait une version abrégée du Smith's Bible Dictionary et j'ai été capable de les comparer. Mais son résumé en un volume fut minuscule à comparer à l'original, et la sienne fut la seule édition abrégée que je n'ai jamais vu de quelconque de ces dictionnaires qui sont :
Un Dictionaire de la Bible (3 volumes)
Un Dictionaire de Biographie and Mythologie Grecque &
Romaine (3 volumes)
Un Dictionaire de Géographie Grecque & Romaine
(2 volumes)
Un Dictionaire de l'Antiquité Grecque & Romaine
(2 volumes)
Chaque volume comprend environ 1,000 pages, imprimées en caractère de 6 points, incluant de nombreux graphiques, tableaux et cartes géographiques. Ils sont donc difficiles à lire, pour ne pas mentionner copier, et parfois je dois me servir d'une loupe pour vérifier quelque chose. Si ces dictionnaires étaient réimprimés aujourd'hui, utilisant les dimensions de pages et de caractères typographiques modernes, ils exigeraient au moins 30,000 pages, car une des pages originales serait l'équivalent d'environ 3 pages modernes. À ma connaissance, ils n'ont jamais été archivés intégralement sur l'Internet, ce qui est très malheureux, car toute cette information minutieusement détaillée serait une ressource de recherche inestimable pour plusieurs personnes.
Il m'arrive souvent d'être assis ici contemplant un aspect ou l'autre de l'Histoire ancienne, et juste par curiosité prendre un des dictionnaires pertinents pour voir ce que je peux trouver. Ou, j'en feuillette un simplement au hasard pour de l'information dite "accidentelle". Parcourant un jour la section sur les Alexandre, tout à fait par hasard j'ai trouvé de l'information au sujet du "fils" important d'Apollonius, Alexandre Peloplaton, et le "successeur" d'Apollonius, Alexandre Paphlagonaeus d'Abonoteichos. Du fait que ni l'un ni l'autre de ces hommes n'est mentionné dans la section du dictionnaire consacrée à Apollonius, je n'aurais autrement jamais rien appris au sujet de ces deux "descendants". Ainsi, récemment je cherchais pour quelques informations "accidentelles" concernant la crucifixion du "Jésus Christ". J'ai consulté l'information volumineuse au sujet de Jésus, ainsi que la biographie de Ponce Pilate, dont certains extraits sont copiés ci-dessous, me ramenant immédiatement à la matière de cet article.
Il ne peut y avoir de doute qu'Apollonius de Tyane fut celui qui fut crucifié à Jérusalem le vendredi saint en l'an 30 après J.C. L'image sur le Linceul de Turin est l'égal exact du buste plus jeune d'Apollonius au Museo Archeologico Nazionale di Napoli en Italie. Si l'image sur le Linceul de Turin est celle d'un autre individu connu comme "Jésus Christ", alors ce "Jésus Christ" et Apollonius se ressemblent comme des frères jumeaux identiques, incluant même la cicatrice signature "numéro 11" par-dessus leurs sourcils gauches. C'est, bien sûr, peu plausible. Par exemple, si par chance je rencontre mon "double" sur cette terre, je doute sérieusement que mon "double" ait une petite cicatrice au centre de la glabelle comme moi. Donc, cette identité d'Apollonius avec l'image sur le Linceul de Turin est l'argument irréfutable dans le cas pour l'identification d'Apollonius avec le "Jésus Christ". Ce Linceul ou Mandylion fut apporté à Édesse en Assyrie par Thaddaeus vers l'an 50 après J.C. ; et Damis/Thomas se retira au célèbre Schola Persica d'Édesse après la mort d'Apollonius. Damis connaissait sûrement l'existence du Mandylion, et je parierais aussi que l'impératrice Julia Domna vit le Mandylion original également lorsqu'il fut gardé à Édesse (la ville moderne de Sanliurfa en Turquie).
Les Corans islamiques note que Jésus n'est pas réellement mort sur la croix mais fut seulement "préparé pour paraître comme quelqu'un qui avait été crucifié"; et il existe des Musulmans, et d'autres, qui ressentent que quelqu'un, peut-être Judas, fut vraiment substitué et crucifié à la place de Jésus. Si cela est vrai, alors seulement qu'Apollonius de Tyane aurait pu être substitué pour ce "Jésus" fuyant; et (encore du déjà-vu) nous en serions revenus à cette vieille question, à savoir où était ce Jésus dans l'Histoire en dehors du Nouveau Testament? Et dans le cas d'une substitution d'Apollonius sur la croix, cet événement dans la vie d'Apollonius aurait été si inattendue et au-delà de son contrôle, qu'il n'y aurait eu aucune raison pour Damis de l'avoir omis de ses notes, comme il omit la vraie crucifixion, pour laquelle Apollonius n'auraient pas eu autre que lui-même à blâmer d'abord et aurait eu quelque peu honte de cette épisode sordide de sa vie et celle de Damis (ou, Philostratus l'omit des notes de Damis pour éliminer toutes les liaisons entre Apollonius et Jésus, évitant donc toute "controverse"). En résumé, il serait ridicule de supposer qu'Apollonius fut substitué pour "Jésus" sur la croix.
Et, il s'ensuit, personne ne fut substitué pour Apollonius. Tel qu'affirmé ci-dessous, Pilate sympathisa avec ce prisonnier et fit tout en son pouvoir pour le sauver de la mort. Si Pilate avait vraiment voulu le sauver, alors quand le prisonnier Apollonius rencontra Pilate en privé tôt le vendredi matin au palais d'Hérode, Pilate aurait pu facilement substituer un autre prisonnier pour Apollonius. Mais Pilate, pour quelque raison, ne le fit pas car l'image sur le Linceul de Turin prouve qu'Apollonius fut crucifié et en vint presque à la mort mais fut ressuscité dans la tombe de Joseph d'Arimathée.
Voici les narrations provenant du professeur Smith pour les heures qui précèdent la crucifixion, telles que publiées sous les entrées du dictionnaire concernant "Jésus" et "Pilate." Souvenez-vous que toutes ces références à "Jésus" devraient être en réalité "Apollonius". J'interromprai parfois ces narrations pour interjeter quelques commentaires, mais tout d'abord, permettez-moi d'établir les détails connexes de cette histoire.
Tel que raconté dans le Nouveau Testament, le dimanche des Rameaux, Apollonius et ses disciples entrèrent à Jérusalem et incitèrent une émeute au Temple lorsqu'ils renversèrent les tables des changeurs d'argent. Un mandat d'arrestation fut émis pour l'arrestation du "chef" de cette "émeute." Le disciple renégat Judas Iscariote, pour 30 pièces d'argent, consentit à espionner pour Hérode, Pilate et les Romains. Il est probable qu'Apollonius et ses disciples furent en fuite et se cachèrent au début de la semaine. Ils se rassemblèrent pour dîner dans "la pièce supérieure" le jeudi soir pour faire des plans et discuter de leur stratégie secrète ; après tout, ils ne furent qu'une "cellule" d'un plus grand courant de révolution contre les Romains et leurs marionnettes en Palestine, contre qui Jean-Baptiste avait aussi été un faiseur de trouble avant sa capture et son exécution un an auparavant. Apollonius, dormant rarement, s'engageait souvent dans des prières contemplatives de minuit, et il dit possiblement aux autres que suivant le dîner, il irait "méditer" dans le Jardin de Gethsémani. Après qu'ils eurent tous quitté la salle à dîner, Judas s'esquiva pour avertir "la police" où ils pourraient trouver Apollonius. Apollonius fut éventuellement arrêté vers 3:00 du matin et amené à la "prison" locale.
Immédiatement, "tous les gens importants" furent avisés, en dépit du fait que c'était encore "le milieu de la nuit." Le grand prêtre Caïphe fut averti. Pilate et Hérode furent avisés. À la période de cet incident, il y avait beaucoup de tension à Jérusalem. Comme disait le professeur L. Michael White de l'Université du Texas dit à la télé PBS, "on trouve des Messies à tous les coins de rues." Jésus Barabbas, le révolutionnaire charismatique mais criminel, était déjà en prison pour des activités anti-romaines. Des autorités comme Caïphe, Pilate et Hérode avaient peur du "terrorisme!"
Le captif Apollonius fut d'abord amené à la maison de Caïphe qui fut sûrement et de façon inattendue réveillée de son sommeil. Entre temps, dans le Palais de Hérode, Hérode et Pilate, et leurs familles, furent aussi réveillés par les soldats romains. Les bougies furent allumées, les gens s'habillèrent, et les domestiques furent appelés à préparer le petit déjeuner. Tous furent nerveux et tendus. Ce fut probablement vers 5:00 du matin que commencent ces sections de la narration du professeur Smith, avec son parti pris évidemment Chrétien.
A Dictionary of the Bible By Professor William Smith & Others, London 1863, Volume I, Pages 1068-1069.
Le premier interrogatoire à laquelle Notre Seigneur fut soumis (Jean xviii : 19-24) lui fut adressé par Caïphe, probablement avant que le Sanhédrin eût le temps de s'assembler. Ce fut le questionnement d'une personne inquisitrice qui avait un criminel important en sa présence plutôt qu'un interrogatoire formel. Le refus du Seigneur à répondre est ainsi expliqué et justifié. Quand la séance régulière commence, Il est prêt à répondre. Un serviteur du grand prêtre, sachant qu'il devrait ainsi plaire à son maître, frappa la joue du Fils de Dieu avec la paume de sa main. Mais ce ne fut que le début des horreurs.
Convoqué par le grand prêtre durant la nuit, le Sanhédrin s'assembla à l'aube et amena son regroupement de faux-témoins, lequel dut être prêt avant-coup. Ils donnèrent leur témoignage, mais même devant ce tribunal injuste, cela ne fit aucun sens ; ce ne fut que des contradictions. Enfin, deux faux-témoins approchèrent, et leur témoignage fut très près de la vérité. Ils déclarèrent qu'Il avait dit, "Nous l'avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d'homme et en trois jours j'en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme." (Marc xiv : 58). La perversion est petite mais importante; car Jésus n'a pas dit qui Il détruirait (voir Jean ii : 19), ce qui était justement le point qui irriterait les Juifs.
Même ces deux se contredisaient.
Le grand prêtre lui demande, maintenant avec une adjuration solennelle, s'Il est le Christ, le Fils de Dieu. Il répond qu'Il l'est et prédit Son retour dans la gloire et le pouvoir au dernier jour. C'est suffisant pour leur besoin. Ils le prononcent coupable d'un crime pour lequel la mort devrait être la punition.
[COMMENTAIRE : C'est plus que simplement "difficile" pour moi de croire qu'Apollonius auraient dit à ce Conseil qu'il était réellement le "Fils de Dieu" qui reviendraient au "dernier jour". Apollonius ne s'est jamais vanté qu'il était "supérieur" à tout autre homme, seulement qu'il était un "homme juste" ou un "homme croyant" dont les pouvoirs d'esprit et intellectuels avaient évolué en un plus haut état d'être et de conscience que ceux du citoyen moyen. Donc, je soupçonne que les traditions orales subséquentes confondirent un autre "messie" avec le "Jésus Christ" dans cette comparution devant le Sanhédrin. RS]
Il semble que le Conseil ait été dès lors suspendu ou terminé; car Jésus est délivré à la violence brutale de la foule, qui ne se serait pas produit durant les assises de la Court Suprême juive. Les prophètes avaient prédit cette violence ainsi que l'humilité avec laquelle elle serait endurée. Et toutefois, cet "agneau mené à l'abattoir" savait que c'était Lui qui devait juger le monde, y compris chacun de Ses persécuteurs. Le Sanhédrin était demeuré à l'intérieur de ses paramètres ou de ses devoirs en prenant conscience de tous ceux qui réclamèrent être des prophètes. Si la question demandée à Jésus avait été simplement, Es-Tu le Messie ?, ce corps aurait dû entreprendre la question de Son droit au titre et décidé en fonction des preuves. Mais la question impliquait vraiment deux éléments, "Es-Tu le Christ, et en ce nom t'appelles-tu aussi le Fils de Dieu ?" Ce ne fut pas un blasphème de réclamer le premier nom, mais ce le fut pour le deuxième. Donc les délibérations cessèrent brusquement. Ils fermèrent leurs yeux sur les preuves, accessibles à tous, des miracles de Jésus, qu'Il fut en effet le Fils de Dieu, et sans ceux-ci, ils eurent peine à croire qu'Il pourrait réclamer un titre appartenant à personne d'autre parmi les enfants des hommes (Jean xviii : 19-24; Luc xxii : 63-71; Matthieu xxvi : 59-68; Marc xiv : 55-65).
[COMMENTAIRE : Noter ci-dessus que le Sanhédrin avait interrogé tous ceux qui avaient réclamé être des "prophètes" et vraisemblablement aussi des "messies". D'autres "messies gredins" comme Jésus Barabbas furent convoqués devant ce Conseil et jetés en prison par la suite. NB : Ce mot est épelé "Sanhédrin" dans le dictionnaire du professeur Smith; une orthographe moderne alternative est "Sanhedrin". RS]
Bien qu'il eut prononcé Jésus coupable de mort, le Sanhédrin ne posséda aucun pouvoir pour exécuter une telle sentence (Josèphe, Ant. xx : 6).
[COMMENTAIRE : Ce court passage de Josèphe au sujet de la crucifixion et de la résurrection de Jésus fut démontré comme ayant été un ajout, une falsification. Josèphe n'a pas mentionné ce sujet de la sentence de mort en rapport avec ces événements spécifiques, mais seulement en général en discutant du Sanhédrin. RS]
Ainsi, aussitôt qu'il fut jour, ils l'emmenèrent à Pilate, le procureur romain. La salle de jugement ou praetorium, fut probablement une partie de la tour d'Antonie près du Temple où se trouvait la garnison romaine. Pilate, en entendant que Jésus fut un offenseur sous leur loi, fut sur le point de leur donner la permission de le traiter ainsi; et cela aurait permis que son exécution se déroule sans problème. Mais le Conseil, souhaitant ne pas en être responsable, par crainte de quelque réaction parmi les gens en faveur du Seigneur, tel qu'ils avaient vu le premier jour de cette semaine là [l'émeute au Temple le dimanche des Rameaux. RS], dit que ce n'était pas légal pour eux de mettre un homme à mort; et ayant condamné Jésus pour blasphème, ils tentèrent de le faire condamner par Pilate pour un crime politique, s'appelant le Roi des Juifs. Mais la punition juive fut la lapidation ; par contre, la crucifixion fut une punition romaine, parfois infligé à ceux qui n'étaient pas des citoyens romains ; et il arriva que les paroles du Seigneur quant à la manière de Sa mort furent accomplies (Matthieu xx : 19, avec Jean xii : 32, 32).
Du début, Pilate trouva Jésus sympathique ; Sa réponse que Son royaume n'était pas de ce monde, et par conséquent ne pourrait pas menacer le pouvoir romain, fut acceptée, et Pilate prononça qu'il ne Lui trouvait aucune faute.
[COMMENTAIRE : Telle que notée ci-dessous dans la section sur Pilate, la première entrevue entre Pilate et "le prisonnier" eut lieu en privé. Il est probable que la femme de Pilate épiait la conversation. Cela aurait été la chance seule pour Apollonius d'expliquer à Pilate qu'il n'était pas un "Messie juif" mais un citoyen romain de la Cappadoce. C'est impossible d'en être certain ; mais si Pilate trouvait Apollonius sympathique, le fait qu'Apollonius soit un Cappadocien aurait influencé Pilate à être indulgent avec lui. RS]
Les Juifs n'allaient pas être trompés si facilement de leur proie. Ils fabriquèrent des accusations contre Lui comme troublant la paix publique (Luc xxiii : 5). Pilate ne put égaler leur véhémence. Réalisant que Jésus fut un Galiléen, il l'envoya à Hérode ; mais Hérode, après beaucoup de moqueries grossières et de méchanceté, le renvoya à Pilate.
[COMMENTAIRE : La Mer de Galilée ne mesurait qu'environ 10 à 12 milles [16 à 19 km], un voyage de quatre heures à pied de la ville de Nazareth. Donc, les termes Galiléen et Nazaréen peuvent être considérés comme synonymes. Pour de plus amples détails, voyez mon document au sujet de Nazareth. RS]
Commença maintenant la lutte effrayante entre le procureur romain, un homme faible aussi bien que cruel, et les Juifs. Pilate fut détesté comme cruel, perfide et oppressif par les Juifs. D'autres registres de sa vie ne le représentent pas comme le gringalet qu'il paraît être ici. Il avait violé leurs préjugés nationaux et avait utilisé les couteaux des assassins pour éviter les conséquences. Mais les Juifs connaissaient le point faible dans son pectoral. Il ne fut que l'homme politique mondain et professionnel, pour qui la faveur de l'empereur fut la vie elle-même, et le seul malaise de la vie une chute de cette faveur. Or, ce fut leur politique de menacer de le dénoncer à César pour un manque de zèle pour supprimer une rébellion, le chef de laquelle visait la couronne.
[COMMENTAIRE : Le Gouvernement romain tolérait beaucoup de dissension et de "rhétorique" parmi leurs citoyens provinciaux. Tout le monde pouvait adorer "Dieu" comme lui ou elle le voulait, et les bureaucrates romains tels Pilate essayèrent autant que possible de ne pas offenser les sensibilités religieuses de leurs divers habitants. Cependant, un "prétendant au trône" fut quelque chose d'entièrement différent. Si quelqu'un était accusé d'essayer "d'usurper la couronne", alors il fut trouvé coupable de trahison et sujet à la mort. Ainsi, cette accusation des Juifs aurait effrayé Ponce Pilate. RS]
À sa manière, Pilate croyait en Christ; ceci, le plus grand crime d'une vie taché, alla en l'encontre de sa propre volonté. Mais il ne croyait pas et cela l'empêcherait de risquer la délation [soumission publique, RS] au Maître et toutes les conséquences attenantes. Il céda à la pression des Juifs et accepta que Jésus soit mis à mort. Quelques années plus tard, les conséquences, dont il avait taché son âme dans le but d'éviter, lui tombèrent dessus. Il fut accusé et banni, et comme Judas, l'autre grand complice dans ce crime des Juifs, mis fin à sa propre vie.
Les incidents bien-connus du deuxième interrogatoire se déroulent présentement. Après l'interrogation d'Hérode et le retour de Jésus, Pilate proposa de Le libérer, comme ce fut l'habitude en les jours de fêtes, par la grâce de libérer un prisonnier aux Juifs. Pilate savait très bien que les prêtres et les chefs désapprouvent de cela; mais ce fut un appel déguisé aux gens, aussi présents, avec qui Jésus avait été tant en faveur dernièrement. La multitude, persuadée par les prêtres, préféra un autre prisonnier, appelé Barabbas.
[COMMENTAIRE : Ici, il est assez évident que Pilate fut sympathique envers la situation d'Apollonius et comprenait peut-être même à ce point qu'Apollonius avait une "base de supporteurs" locale, pour ainsi dire. RS]
Entre temps, la femme de Pilate envoya un avertissement à Pilate de n'avoir rien à faire avec la mort de "cet homme juste", car elle avait été troublée dans un rêve en rapport avec Lui. Obligé, pensait-il, de céder aux clameurs des gens, il prit de l'eau et se lava les mains devant eux, et adoptant l'expression de sa femme, représentant peut-être l'opinion que les deux formèrent avant ce temps, il dit, "Je suis innocent du sang de cette juste personne ; voyez-y vous-même". Les gens se mirent sur leurs propres têtes et celles de leurs enfants le sang de Lui dont la ruine fut donc fixée.
Pilate leur donna Barabbas "qui pour sédition et meurtre furent emprisonnés ceux qu'ils avaient désirés". Ce ne fut pas là un élément insignifiant dans leur crime. Ils eurent le choix entre celui qui avait brisé les lois de Dieu et de l'homme, et Un qui avait donné Sa vie entière à faire le bien et de ne leur dire que la vérité. Ils condamnèrent le second à la mort et furent pressé pour la libération du premier. "Et en fait, leur demande d'acquittement d'un assassin n'est que la parallèle de leur exigence de la mort d'une personne innocente, tel que l'observe St Ambroise : car ce n'est que la loi même de l'iniquité, que ceux qui détestent l'innocence devraient aimer le crime. Ils rejetèrent ainsi le Prince du Ciel, et choisirent un voleur et un assassin, et un insurgé, et ils reçurent en fonction de leur choix ; et ainsi leurs furent donnés, car les insurrections et les meurtres ne les quittèrent qu'en dernier, quand leur ville fut détruite par des meurtres et des insurrections, qu'ils demandèrent présentement au Gouverneur romain". (Williams On the Passion, p. 215).
[COMMENTAIRE : Les Sadducéens réactionnaires, laquais du Sanhédrin, choisirent de pardonner un insurgé parce qu'eux aussi voulaient être libres de l'autorité romaine. D'abord Jean-Baptiste et ensuite Jésus Barabbas furent leurs héros révolutionnaires juifs. À ce moment, Apollonius dut sentir avec certitude qu'il allait mourir. Heureusement, comme cela s'est déroulé, il s'en est échappé de justesse avec l'aide d'un temps orageux et d'un soldat romain de Cappadoce nommé Longinus qui fut responsable de la crucifixion. Nous pouvons que spéculer si Longinus agissait selon les directives secrètes de Pilate ou s'il agit simplement pour sauver un compatriote cappadocien. RS]
Maintenant vint la flagellation, et les coups et les insultes des soldats qui, disant la vérité lorsqu'ils pensaient de l'injurier, le couronnèrent et l'adressèrent comme Roi des Juifs.
[COMMENTAIRE : Je suis convaincu que la couronne d'épines est la cause de la cicatrice "numéro 11" au-dessus du sourcil gauche d'Apollonius. La raison pour laquelle cette cicatrice est si proéminente sur le Linceul de Turin est qu'elle fut une blessure sanglante fraîche au visage. RS]
Selon Jean, Pilate fit encore une tentative pour Sa libération. Il pensait que la flagellation apaiseraient peut-être leur rage, il vit le corps de Jésus courbé et flétri avec tout ce qu'il avait enduré; et, espérant que cette scène émouvante pourrait les inspirer avec la même pitié qu'il ressentait lui-même, il leur ramena à nouveau le Sauveur, et dit, "Voyez l'homme !" Leur violence ne fut pas du tout apaisée. Il s'était fait passer pour le Fils de Dieu et devait mourir. Il [Pilate] chercha encore à libérer Jésus; mais le dernier argument, qui avait toujours été dans les esprits des deux côtés, lui fut maintenant dirigé : "Si tu libères cet homme, tu n'es pas l'ami de César". Cette phrase, qui n'avait pas été répétée jusqu'à ce que la fougue de la rage maîtrise leur respect pour la situation dans laquelle se trouvait Pilate, trancha la question. Il délivra Jésus pour être crucifié. (Matthieu xxvii : 15-30; Marc xv : 6-19; Luc xxiii : 17-25; Jean xviii : 39,40, xix : 1-16).
[COMMENTAIRE : Dans La Vie d'Apollonius de Tyane de Flavius Philostratus, il n'y a qu'une seule référence à la terre des Juifs. Au début de l'été de l'an 69 après J.C., moins qu'un an avant la destruction de Jérusalem par le général romain Titus, avec l'assistance militaire de Josèphe et des troupes de la Cappadoce, le père de Titus, le général Vespasien, devant bientôt être couronné Empereur, était en campement avec les troupes romaines à l'extérieur de Jérusalem. Vespasien entendu dire qu'Apollonius était à Alexandrie et il chercha une réunion avec Apollonius. Il invita Apollonius à venir à Jérusalem pour conférer avec lui. Mais Apollonius "refusa d'entrer dans un pays dont les habitants polluèrent par ce qu'ils faisaient et par ce qu'ils subissaient" ; et Vespasien dut voyager à Alexandrie. Considérant tous ces événements brutaux du vendredi saint, ce n'est pas surprenant qu'Apollonius ne désirait pas revenir dans un tel pays dont les habitants avaient tenté de leur mieux de le tuer, non pas une fois mais deux fois (l'autre fois étant à Nazareth quand les Nazaréens tentèrent de le jeter en bas d'une falaise). L'opinion d'Apollonius au sujet de ces Juifs ressemblait quelque peu aux remarques précitées de M Williams. RS]
Jean mentions que cela se produisit vers la sixième heure [midi. RS], alors que la crucifixion, selon Marc, fut accomplie à la troisième heure [9:00am. RS]; mais il y a plusieurs raisons de penser, avec Greswell et Wieseler ,que Jean compte à partir de minuit, et que cela eut lieu à 6:00 du matin, tandis que dans Marc, le compte juif de 6:00am est suivi pour que la crucifixion soit à 9:00, le temps entre les deux nécessaires aux préparatifs.
[COMMENTAIRE : De nos jours, la plupart sont presque tous d'accord pour dire que la crucifixion eut lieu à midi; et que le temps orageux du début de l'après-midi qui suivi permit au corps d'être descendu de la croix vers la neuvième heure, ou 3:00pm. La crucifixion fut une mort lente par suffocation et la brièveté de ce temps sur la croix joua certes un rôle crucial dans la survie d'Apollonius. Notons que quelques-uns autres survécurent la crucifixion, or cela ne fut pas impossible. RS]
A Dictionary of the Bible, Volume II, Pages 873-874. Ce fut la coutume pour les procureurs de résider à Jérusalem pendant les grandes fêtes pour préserver l'ordre, et de ce fait, Pilate occupait sa résidence officielle dans le palais d'Hérode à la période de la dernière Pâque de Notre Seigneur ; et aux portes de ce palais, Jésus, condamné sur l'accusation de blasphème, fut amené tôt le matin par les grands prêtres et officiers du Sanhédrin, qui ne pouvaient pas entrer dans la résidence d'un Gentil, de peur qu'ils soient profanés et impropres à manger la Pâque (Jean xviii : 28). Pilate est donc sorti pour connaître le pourquoi de leur visite et demanda la nature de l'accusation. Ils semblaient d'abord s'attendre qu'il acquiesce leurs demandes sans enquête supplémentaire, et décrire par conséquent simplement Notre Seigneur comme un kakopoios (quiconque trouble la paix publique), mais comme un procureur romain avait trop de respect pour la justice, ou du moins comprenaient ses fonctions trop bien pour consentir à une telle condamnation, et comme ils savaient qu'il n'entrerait pas dans des questions théologiques, pas plus que le fut Gallion par la suite en une pareille circonstance (Actes xviii : 14), ils furent obligés de fabriquer une nouvelle accusation, et interprétèrent donc les réclamations de Notre Seigneur dans un sens politique, l'accusant d'assumer le titre royal, de pervertir la nation et d'interdire le paiement du tribut à Rome (Luc xxiii : 3; un compte simplement présupposé dans Jean xviii : 33).
Il est clair qu'à partir de ce moment Pilate fut au prise avec deux sentiments contradictoires : une peur d'offenser les Juifs, qui avaient déjà des raisons pour l'accuser, lesquelles seraient grandement renforcées par toute démonstration de sympathie dans la punition d'une offense contre le gouvernement impérial, et une conviction consciente que Jésus fut innocent, car il fut absurde de supposer qu'un désir de libérer la nation de l'autorité romaine était criminel aux yeux du Sanhédrin.
[COMMENTAIRE: Cela est tout à fait logique. Bien sûr, il aurait été absurde de supposer que le prisonnier était un "criminel juif" car le Sanhédrin lui-même désirait probablement être libre de l'autorité romaine ! Et Pilate le savait. RS]
De plus, ce dernier sentiment fut renforci par sa propre haine des Juifs, dont les scrupules religieux lui avaient causé de fréquents troubles, et d'un respect croissant pour la calme dignité et l'humilité du souffrant. Premièrement il interrogea Notre Seigneur en privé et lui demanda s'Il était un roi ? La question qu'Il posa en retour à Son juge, "Cela provient-il de vous-même, ou d'autres vous l'ont-ils dit à mon sujet ?" semble impliquer qu'il y eut dans l'esprit de Pilate un soupçon que le prisonnier était vraiment coupable selon son accusation ; un doute qui revient de nouveau dans la question, "D'où es-tu?" (Jean xix : 8), dans le désir croissant de le libérer (12), et dans le refus de changer l'inscription sur la croix (22). Dès lors Pilate accepta comme satisfaisant l'assurance du Christ que Son royaume n'était pas de ce monde, et par conséquent, ne pouvant être fondé par les armes de ce monde, bien qu'il ne puisse pas comprendre l'assertion qu'il serait établi en témoignant la vérité. Sa réponse célèbre, "Qu'est ce que la vérité ?" fut la question d'un politicien mondain, sceptique car indifférent, quelqu'un qui pensait peu de la vérité ou du moins ne pouvaient pas voir "de connexion entre la vérité et la politique." (Dr C. Wordsworth, Comm. in loco).
Avec cette question il termina l'entrevue et vint aux Juifs leur déclarer l'innocence du prisonnier. À cela ils répondirent que Son enseignement avait troublé tous les gens de Galilée à Jérusalem. La mention de Galilée suggéra à Pilate une nouvelle façon d'échapper à son dilemme, en envoyant le cas à Hérode Antipas, tétrarque de ce pays qui était venu à Jérusalem à la fête, bien qu'en même temps cela lui donne l'occasion de faire des ouvertures de réconciliation à Hérode, car il avait probablement interféré avec sa juridiction dans quelque cas récent. Mais Hérode, pourtant concilié par cet acte de courtoisie, déclina de s'en mêler et renvoya simplement Jésus à Pilate vêtu d'une brillante robe royale (Luc xxiii : 11), pour exprimer le ridicule de telles prétentions et le mépris de toute cette affaire.
[COMMENTAIRE : Les soldats déshabillèrent Apollonius nu deux fois, premièrement pour le vêtir de cette robe royale et deuxièmement pour enlever cette robe et lui restaurer ses vêtements réguliers. De plus, par la suite, il fut placé nu sur la croix. Selon la coutume, les Juifs déshabillèrent souvent un homme, surtout un "étranger" parlant l'araméen, pour inspecter si son pénis était circoncis ou non. Puisqu'en général les Juifs furent curieux de cette pratique, ils inspectèrent sûrement Apollonius pour déterminer s'il fut circoncis et donc "un des leurs". Lorsqu'ils virent qu'Apollonius ne fut pas circoncis, ils savaient clairement qu'il ne fut pas le "Roi des Juifs" mais un imposteur, même s'il parlait leur langue, son dialecte étant semblable à celui du dialecte de Nazareth et Galilée. Mais si les Juifs réalisèrent cela, or les Romains et le Cappadocien Longinus durent le constater également. RS]
Or Pilate fut contraint d'en venir à une décision, et d'abord ayant assemblé les grands prêtres principaux et la foule, qu'il convoqua sans doute dans l'attente qu'ils seraient favorables envers Jésus, il leur annonça que l'accusé n'avait rien fait digne de la mort, mais en même temps, dans l'espoir de pacifier le Sanhédrin, il proposa de le faire fouetter avant de le libérer. Mais comme les accusateurs ne voulurent que Son sang, ils rejettent cette concession et Pilate eut donc recours à une autre solution. Ce fut la coutume pour le gouverneur romain d'accorder chaque année, en honneur de la Pâque, le pardon à un criminel condamné. L'origine de cette coutume est inconnu, bien que nous puissions l'associer avec le fait mentionné par Livie (v. 13) qu'au Lectisternium "vinctis quoque dempta vincula." Pilate offrit donc à la foule leur choix entre deux, l'assassin Barabbas et le prophète qu'ils acclamèrent comme le Messie quelques jours auparavant.
NOTE EN BAS DE LA PAGE : Comparer BARABBAS. Ewald suggère que l'insurrection dont parle St Marc dû être celle associée avec l'appropriation du Corban (supra), et que cela explique l'impatience avec laquelle la foule demanda sa libération. Plus loin, il conclut de son nom, qu'il fut le fils d'un Rabbin (Abba fut le titre rabbinique d'honneur), et explique donc la partie prise en sa faveur par les membres du Sanhédrin.
Pour connaître leur décision, il franchit le Bema, un tribunal portatif qui fut transporté avec un magistrat romain pour être placé là où il le dirigeait, et qui, dans le cas présent, fut érigé sur un pavement en mosaïque devant le palais, et appelé Gabbatha en Hébreu, probablement parce que placé sur une petite élévation. Aussitôt que Pilate s'assit sur son siège, il reçut un message mystérieux de sa femme, selon la tradition un prosélyte de la porte, nommé Procla ou Claudia Procula (Evang. Nicod. ii), qui avait "enduré plusieurs choses dans un rêve", qui l'a força d'implorer son mari de ne pas condamner le Juste. Mais il n'avait plus de choix dans cette affaire, car la foule, incitée bien sûr par les prêtres, choisit Barabbas pour le pardon, et crièrent pour la mort de Jésus ; l'insurrection paraissait imminente et Pilate céda à contrecoeur. Mais avant de signer l'ordre fatal, il se lava les mains devant la multitude, comme un signe qu'il fut innocent de l'infraction, sans doute en imitation de la cérémonie prescrite de Deut. xxi., où c'est ordonné que lorsque l'auteur d'un meurtre n'est pas découvert, les aînés de la ville dans laquelle cela se produit se laveront les mains avec la déclaration, "Nos mains n'ont pas fait couler ce sang, et nos yeux ne l'ont pas vu". Une telle pratique peut avoir été naturellement adoptée même par un Romain comme intelligible à la multitude juive autour de lui.
Comme dans le cas présent cela ne produit aucun effet et Pilate ordonna ses soldats d'infliger la flagellation préparatoire à l'exécution ; mais la vue de la souffrance injuste endurée si patiemment semble avoir à nouveau troublé sa conscience et incita un nouvel effort en faveur de la victime. Il le conduisit saignant de l'affreuse punition et paré d'une robe écarlate et une couronne d'épines que les soldats lui avaient mise en dérision, et dit à la foule, "Voyez l'homme !" espérant qu'un tel spectacle réveillerait leur humilité et compassion. Mais les prêtres renouvelèrent à nouveau leurs clameurs pour Sa mort, et, craignant que la charge politique de trahison puisse être considérée insuffisante, revinrent à la première accusation de blasphème, et citant la loi de Moïse (Lév. xxiv : 16), qui punit le blasphème par la lapidation, déclarèrent qu'Il doit mourir "parce qu'Il se fit le Fils de Dieu".
Mais ce titre uios theou augmenta les peurs superstitieuses de Pilate, déjà éveillées par le rêve de sa femme (mallon ephobethe, Jean xix : 7); il craignait que Jésus puisse être un des héros ou demi-dieux de sa propre mythologie ; il le ramena à nouveau dans le palais, et se renseigna avec impatience quant à sa descendance ("D'où es-tu ?") et ses revendications, mais, comme la question fut seulement incitée par peur ou curiosité, Jésus ne répondit pas. Quand Pilate lui rappela son pouvoir absolu sur Lui, Il termina sa dernière conversation avec le gouverneur irrésolu par la remarque mélancolique, "Vous ne pourriez avoir aucun pouvoir contre moi, sauf si cela vous soit donné du ciel ; donc, celui qui m'a délivré à vous a commis le plus grand péché".
[COMMENTAIRE : Pilate et Apollonius eurent une deuxième réunion privée dans le palais. Mais il fut déjà trop tard pour sauver Apollonius, indépendamment de ce qu'ils auraient pu se dire; et c'est présomptueux de la part d'autres écrivains de leur mettre des mots dans la bouche. Pilate rassura peut-être Apollonius que Longinus serait présent à la crucifixion inévitable pour assurer la survie d'Apollonius. Qui sait ? RS]
Dieu avait donné à Pilate le pouvoir sur Lui, et seul le pouvoir, mais à ceux qui le délivrèrent Dieu avait donné les moyens de juger de Ses revendications; et par conséquent, le péché de Pilate, en exerçant simplement ce pouvoir, fut moins que le leur, qui, étant les prêtres de Dieu avec les Saintes Écritures devant eux, et la parole de prophétie encore vivant parmi eux (Jean xi : 50, xviii : 14), avait conspiré délibérément pour Sa mort. Le résultat de cette entrevue fut un dernier effort pour sauver Jésus par un nouvel appel à la foule ; mais s'éleva maintenant le cri affreux, "Si vous libérez cet homme, vous n'êtes pas l'ami de César" ; et Pilate, pour qui le succès politique fut tout comme le souffle de vie, monta à nouveau sur le tribunal et prononça enfin la condamnation exigée.
NOTE EN BAS DE LA PAGE : Les étapes suivies par Pilate dans le procès de Notre Seigneur démontrent plusieurs illustrations intéressantes de l'exactitude des Évangélistes, de l'accord de leur narration avec les coutumes connues du temps. Or Pilate, n'étant qu'un procureur, n'avait pas de quaestor pour conduire le procès, et examina alors le prisonnier lui-même. À nouveau, dans le passé les magistrats romains ne pouvaient amener leurs femmes avec eux dans les provinces, mais cette prohibition fut négligée et dernièrement une proposition faite par Caccina avait été rejetée (Tac. Ann. iii.33,34). Grotius signale que le mot anepempsen, utilisé lorsque Pilate envoie Notre Seigneur à Hérode (Luc xxiii : 7) est " propria Romani Juris vox : nam remittitur reus qui alicubi comprehensus mittitur ad judicem aut originis aut habitationis " (voir Atford, in loco). Le pavement en mosaïque (lithostrowton) fut si nécessaire aux fonctions de la justice, aussi bien que le bema, que Jules César en apporta un avec lui sur ses expéditions (Suet. Jul. c.46). Le pouvoir de vie et de mort fut enlevé aux Juifs quand la Judée devint une province (Josèphe, Ant. xx.9,§1). La flagellation avant l'exécution fut une pratique romaine bien-connue.
Pour votre information, voici le passage forgé au sujet de Jésus qui fut inclus plus tard dans les écrits de Josèphe, probablement par Eusèbe. Dans la traduction de Josèphe par Paul Maier (1988) que je possède, ce court passage est accompagné par une note en bas de la page.
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JÉSUS. En ce temps il y avait un homme sage appelé Jésus, et sa conduite était bonne, et il était connu pour être vertueux. Plusieurs personnes parmi les Juifs et les autres nations devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples n'abandonnèrent pas sa cause. Ils rapportèrent qu'il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu'il était vivant. Or, il fut peut-être le Messie, dont les prophètes eurent rapporté des merveilles. Et la tribu des Chrétiens, ainsi nommée après lui, n'a pas disparu à ce jour.
NOTE EN BAS DE LA PAGE : Ce passage, le plus célèbre de Josèphe, est aussi le plus controversé. Le texte standard des Antiquités XVIII. 63 se lit comme suit :
'En ce temps vécu Jésus, un sage-homme, si en effet on devait l'appeler un homme. Car il fut le réalisateur d'actions extraordinaires et fut un professeur de ceux qui acceptent volontiers la vérité. Il influença plusieurs Juifs et Grecs. Il fut le Messie. Lorsqu'il fut accusé par les chefs-dirigeants parmi nous et que Pilate le condamna à être crucifié, ceux qui en étaient venus à l'aimer dès le début ne cessèrent pas; car il leur apparut le troisième jour restauré à la vie, comme les prophètes de la Divinité avaient prédit ces innombrables merveilles et d'autres choses extraordinaires à son sujet. Et la tribu des Chrétiens, ainsi nommée après lui, n'a pas disparue'.
Bien que ce passage ait été écrit aussi tôt que le temps d'Eusèbe (324 après J.C.), les érudits ont longtemps soupçonné une interpolation chrétienne, car Josèphe n'aurait pas cru que Jésus pouvait être le Messie ou en sa résurrection et être demeuré, comme il l'a fait, un Juif non-chrétien. Toutefois, en 1972, le professeur Schlomo Pines du Hebrew University à Jérusalem annonça sa découverte d'un manuscrit arabe par l'historien malkite du 10ème siècle Agapius dans lequel ce passage de Josèphe est exprimé de manière appropriée à un Juif, et lequel correspond si précisément aux projections érudites antérieures de ce que Josèphe eut originalement écrit qu'il est substitué dans le texte ci-dessus. Bien que la dernière phrase ne soit pas dans Agapius, Pines conclut avec raison qu'il fut dans le texte original de Josèphe.
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Il est difficile pour moi de croire que si Josèphe avait réellement inclus un passage si court au sujet de Jésus, comme celui qui fut substitué dans la traduction Maier, considérant l'impact de ce Jésus sur cette période de l'histoire, que Josèphe n'avait pas inclus de détails additionnels. Pourquoi Josèphe ignora-t-il Jésus mais accentua Jean-Baptiste ? La réponse est qu'Apollonius de Tyane ne fut pas un Juif et donc d'aucun intérêt à Josèphe en écrivant son Histoire des Juifs. D'un autre côté, il est généralement accepté que ce court passage soit une falsification, probablement par Eusèbe, qui détestait la mémoire d'Apollonius, surtout quand Apollonius fut réputé d'avoir été le vrai homme sur lequel la légende de Jésus avait été basée.
Soi dit en passant, Josèphe mentionna également un Jésus en rapport avec quelques événements qui eurent lieu pendant le règne de Néron (54-68 après J.C.).
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À la mort de Festus, César [Néron. RS] envoya Albinus en Judée comme procureur. Mais avant qu'il arrive, le roi Agrippa avait nommé Ananus à la prêtrise, qui fut le fils de l'aîné Ananus. Cet Ananus, après qu'il a été grand prêtre, eut cinq fils qui accédèrent tous à cette fonction, un fait incomparable. Ananus le jeune, toutefois, fut irréfléchi et suivait les Sadducéens qui sont sans coeur lorsque impliqués dans un jugement.
[COMMENTAIRE : Les Sadducéens furent ceux qui menaçaient Ponce Pilate de trahison contre Rome à l'origine s'il n'exécutait pas Apollonius le séditieux. RS]
Avec la mort de Festus et le fait qu'Albinus le suive de peu, Ananus pensait avoir son opportunité. Convoquant les juges du Sanhédrin, il amena devant eux un homme nommé Jacques, le frère de Jésus qui fut appelé le Christ et certains autres. Il les accusa d'avoir transgressé la loi et les condamna à la lapidation.
Les gens de Jérusalem qui furent considérés les plus justes et stricts pour observer la loi furent offensés par cela. Ils incitèrent secrètement le roi Agrippa d'ordonner à Ananus de cesser toutes actions de la sorte. Quelques-uns allèrent même rencontrer Albinus qui fut en chemin d'Alexandrie, et l'informèrent qu'Ananus n'avait aucune autorité pour convoquer le Sanhédrin sans son autorisation. Albinus furieux, écrit à Ananus, le menaçant de vengeance. À cause de cette action, le roi Agrippa déposa Ananus de la haute prêtrise qu'il avait tenu depuis trois mois. Il le replaça avec Jésus, fils de Damnaeus, et Jésus, fils de Gamaliel, après cela.
Le résultat fut que ces deux grands prêtres se querellèrent, et leurs disciples se lancèrent des pierres, typique de la confusion anarchique dans la ville. Quand Albinus entendit que Gessius Florus venait le remplacer, il vida les prisons en exécutant ceux qui méritaient la mort. Mais il libéra--pour un pot-de-vin--ceux qui furent coupables d'offenses moindres, infestant ainsi la région de brigands. Il déroba aussi des propriétés privées, accabla la nation avec des impôts excessifs et commit toutes sortes de bassesses.
Au même moment, le temple fut enfin complété laissant 18,000 ouvriers en chômage, bien qu'ils aient pavé Jérusalem de pierres blanches. Gessius Florus que Néron envoya comme successeur à Albinus, fit en sorte que le dernier semblait avoir été un modèle de vertu par comparaison. S'associant aux brigands pour recevoir une part du butin, il démontra ouvertement sa méchanceté à la nation. Il pilla des villes entières, ruina des populations et les contraignirent de se battre avec les Romains. En fait, la guerre commença en la 2ème année de son mandat de procureur et dans la 12ème du règne de Néron. Les détails peuvent être lus dans les livres que j'ai écrit sur La Guerre Juive. Alors voici la fin de mes Antiquités qui enregistrent l'Histoire juive en Égypte, en Syrie et en Palestine de la Création de l'Homme à la 12ème année de Néron [66 après J.C. RS]. Personne d'autre, soit Juif ou Gentil, aurait été égal à cette tâche. Si Dieu le veut, j'écrirai éventuellement sur les événements qui suivirent dans notre Histoire jusqu'au présent jour, étant la 13ème année de Domitien César et la 56ème année de ma vie [93-94 après J.C. RS].
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Or, lorsque Josèphe termina ses Antiquités, habitant à Rome comme "Flavius" Josèphe, ce fut à la même période que le procès d'Apollonius devant Domitien qui se déroula en 92 après J.C. Certes, Josèphe fut au courant de toute la "controverse" qui entourait ce "magicien" Apollonius de Tyane ! Noter ci-dessus comment Josèphe décrit Jacques : "un homme nommé Jacques, le frère de Jésus qui fut appelé le Christ." Cette lapidation à mort de Jacques se serait produit vers 55 après J.C., quand Jacques aurait eu environ 50 ans. Le mot "Christ" signifie "Messie" ; ce n'est pas un vrai nom mais un titre de respect. Apollonius n'avait pas de frère nommé "Jacques" qui habitait à Jérusalem. Apollonius comme "Jésus" avait un frère jumeau nommé Thomas, et non Jacques ! Et St Jude Didymes Thomas fut Damis de Ninive en Assyrie ! Le frère du Jésus juif fut connu comme "Jacques le Juste", or cette référence à Jacques comme un frère de Jésus doit évidemment faire référence à Jacques Le Juste. Si oui, alors qui fut Jésus, le frère "messianique" de Jacques le Juste ?
A Dictionary of the Bible, Volume 1, Pages 165-166.
BARABBAS, fils d'Abba, un voleur (lestes, Jean xviii : 40), qui commit un meurtre dans une insurrection (Marc xiv : 7; Luc xxiii : 19) à Jérusalem, et fut en prison lors du procès de Jésus devant Pilate. Quand le Gouverneur romain, dans sa détresse de sauver Jésus, proposa de le libérer à la foule en accord avec la coutume qu'il devrait leur libérer un prisonnier à la Pâque, la multitude entière s'écria, Aire touton apoluson de emin ton Barabban : à laquelle demande se conforma Pilate. Selon plusieurs des manuscrits cursifs ou postérieurs, dans Matthieu xxvii : 16, son nom fut Iesous Barabbas; la question de Pilate ayant été, tina thelete apolusow emin ; Iesous Barabban, e Iesous ton legomenon Christon ; et cette lecture est supportée par la version arménienne, et citée par Origène (sur Matthieu Vol. v. 35). Par conséquent, cela fut ajouté dans le texte par Fritzeche et Tischendorf. Mais le contraste du verset 20, "qu'ils devraient demander [pour] Barabbas, et détruire Jésus" lui semble fatal.
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Webster's New World Dictionary of the American Language, College Edition, 1966 abbot, noun (Anglo-Saxon abbod; Late Latin & Greek, abbas; Aramaic, abba, father), un homme qui est la tête d'un monastère; le père supérieur.
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Le Jésus Juif fut connu comme le "Fils de Dieu" et "Fils de l'Homme". Ce dernier fut un ancien titre juif accordé à certains figures illustres, historiques et religieuses, dans l'Histoire juive. Le professeur Smith consacre plusieurs pages à une discussion de ces deux expressions, mais dans le Volume III, à la page 1359, nous trouvons ces brefs extraits : "En général, chacun des descendants d'Adam porte le nom 'Fils de l'Homme' dans les Saintes Écritures... . Mais dans un sens plus restreint, il est appliqué par distinction à des gens particuliers. Or le prophète Ézéchiel est adressé par Dieu Tout-puissant comme Ben-Adam, ou 'Fils de l'Homme' environ 80 fois dans ses prophéties. ... Dans un sens encore plus catégorique et distinct, le titre 'Fils de l'Homme' est appliqué au Messie dans l'Ancien Testament. Et, dans la mesure où le Messie est révélé dans l'Ancien Testament comme une Personne Divine et le Fils de Dieu, c'est une prophétie de Son incarnation".
Et à la page 1355, nous trouvons : "FILS. Le terme 'fils' est utilisé dans le langage de l'Écriture Sainte pour suggérer presque n'importe quelle origine ou succession, comme ben shanah, ou 'fils d'un an', i.e. âgé d'un an ; ben kesheth, 'fils d'un arc', i.e. d'une flèche. Le mot bar est souvent répété dans le Nouveau Testament dans des compositions, tel Bar-timaeus".
Le mot ben est le mot hébreu le plus communément utilisé pour exprimer "fils de", bien que l'implication ci-dessus soit que bar fut parfois utilisé. Il est très probable que bar était la forme araméenne de ben; or, son usage rare dans l'Hébreu. En Arabe le mot est bin comme dans Osama bin Lada. De plus, dans la définition précitée de Barabbas, nous avons lu que ce nom signifie "fils d'Abbas". Et tel que noté, "abba" fut un titre rabbinique d'honneur (c.f. la note en bas de la page de Ewald ci-dessus). En Araméen, "abba" signifie "grand prêtre". Dans la langue copte/éthiopienne moderne d'Amharique, une langue provenant du Copte de l'Égypte ancienne du temps d'Apollonius, le mot pour père est abbat ; pour papa, abbayyo ; pour évêque, abun ; et pour la Rivière Nil, abbay. De même que l'anglais contient des influences allemandes et latines, l'Amharique aussi contient des influences hébraïques et araméennes. Il est clair que la racine du mot abba désigne la "figure d'un père" ou d'un "père-supérieur".
Or, Jésus Barabbas fut Jésus Bar Abbas, Fils d'Abbas, Fils du Père, Fils du Père Supérieur au Ciel. Jésus Barabbas fut le "Messie" juif !
S'il vous plaît me permettre le grand plaisir de présenter un scénario révolutionnaire, jamais, à ma connaissance, postulé auparavant. Pour ainsi dire, je "ne puis rien prouver", mais cela n'est pas une excuse pour ne pas le considérer.
Marie et Elizabeth furent des cousines. Le "Seigneur" apparu à Elizabeth et l'imprégna de sa semence divine. Quelques mois plus tard, Elizabeth se retira dans une caverne de montagne du désert pour se préparer pour à la naissance de son enfant. Sa cousine Marie l'accompagna à la caverne. Au moment exact du 6ème mois de la grossesse d'Elizabeth, le "Seigneur" visita la Vierge-Marie et l'imprégna de sa semence divine. Trois mois plus tard, Elizabeth donna naissance à Jean-Baptiste. Six mois après cela, Marie, épouse du grand prêtre Joseph, donna naissance à Jésus Bar Abbas. Douze ans plus tard Jésus visita le Temple et étonna les prêtres avec sa connaissance. Cela fut comme son "Bar Mitzvah".
Alors il disparut de l'Histoire jusqu'à l'âge de 30 ans, ce qui fait 18 ans plus tard, quand il réapparut pendant environ 3 ans jusqu'à l'an 30 après J.C.
Quelques années après la naissance de Jésus Bar Abbas, Marie eut un deuxième enfant qui s'avéra être un "homme juste", contrairement à l'insurgé, son frère aîné Jésus. Ce second garçon fut nommé Jacques et devint enfin connu comme Jacques le Juste. Ces deux garçons furent les fils d'un des grands-prêtres du Sanhédrin. Or, quand les Sadducéens furent demandés par Pilate de choisir le pardon entre l'étranger "galiléen nazaréen" Apollonius et l'insurgé religieux local, fils du grand prêtre du Sanhédrin, qui causa des troubles pour libérer son pays de l'occupation romaine, est-ce surprenant qu'ils choisirent d'épargner la vie de Jésus Barabbas ?
Il est possible ou non qu'Apollonius ait eu un contact avec Jésus Barabbas. Cela n'a aucune importance. Mais nous pouvons être certains qu'Apollonius ne s'était jamais considéré comme étant un "Fils de l'Homme" ou "Fils de Dieu", mais seulement un "homme juste" qui tenta, par la force de sa volonté et de sa discipline, d'être l'égal d'un "dieu" sur la Terre.
Robertino Solàrion
Dallas, Texas
Le 26 novembre, 2002