Apollonius de Tyane & Le Lincuel de Turin

Par Robertino Solàrion ©1999

Traduction Par Polo Delsalles, Montréal


Les Premiers Chrétiens

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Public Broadcasting Service (PBS)

Frontline--"From Jesus to Christ : The First Christians"

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Deux articles qui parurent dans The Dallas Morning News au début d'avril 1998 sont annexés intégralement à la fin de ce chapitre, en plus d'une réplique à une "lettre à l'éditeur" qui parut dans la section religieuse de ce journal un mois plus tard. Cette matière fait référence à une émission hebdomadaire intitulée Frontline télédiffusée sur la chaîne américaine 'Public Broadcasting Service' les 6 et 7 avril. Cette émission eut une durée de quatre heures et s'intitula "From Jesus to Christ : The First Christians", i. e., De Jésus à Christ : les premiers Chrétiens.

Le consultant primaire fut le professeur L. Michael White, Directeur des Études Religieuses à l'Université du Texas à Austin, et cette émission entreprit d'expliquer l'origine, la vie et l'influence du "Jésus Christ" et des premiers Chrétiens avant la montée de l'Empereur Constantin et le Conseil de Nicée en 325 après J.C. Lorsque l'émission fut télédiffusée, je commençais le troisième mois de l'écriture de ce livre. J'ai enregistré cette émission avec l'intention de la regarder à nouveau à une date ultérieure pour y incorporer toute information pertinente dans ce livre. L'écriture de ce chapitre est le résultat final de ce plan, de cette stratégie. Ce chapitre suivra le "scénario" de l'émission de télévision du début à la fin. Polo vit l'émission plus tard, en même temps que Robertino la regarde la deuxième fois, autour du 1er août 1998.

D'abord, ceux qui produirent l'émission admirent volontiers qu'ils n'avaient pas de données historiques véritables pour l'année exacte de la naissance de Jésus ou pour celle de sa crucifixion, autre que l'information que cette dernière se produisit à un certain moment durant le règne du procureur de la Judée, Ponce Pilate, soit de 26 à 36 après J.C., bien qu'ils aient présumé que la date traditionnelle de l'an 30 fut sans doute correcte.

"Pour tout historien, le problème de tenter de reconstruire la vie de Jésus est simplement que nous n'avons pas des sources qui viennent du temps réel de Jésus." Professeur L. Michael White, Directeur des Études Religieuses, Université du Texas à Austin

Tel que déjà cité dans ce livre, pour les historiens traditionnels, ce fait a toujours été un "problème". Ces professeurs sont aussi en accord, semble-t-il, que les Évangiles eux-mêmes ne peuvent pas être considérés comme historiques ni comme des biographies. Ils ne sont que des histoires philosophiques. "La Galilée était reconnue pour être un centre d'activités politiques, dont certaines violentes. Parmi les dernières générations d'érudits du Nouveau Testament, la Galilée avait acquis cette réputation d'avoir été le foyer du radicalisme--vous savez--quelque peu comme le Berkeley des années soixante de la Palestine." Allen Callahan, professeur associé, Harvard Divinity School

On ne peut pas séparer les influences politiques de ces "Mouvements nessianiques" juifs de leur bases religieuses. La tradition de l'Empire romain voulait que toute personne était libre de vénérer toute religion ou tout dieu qu'elle voulait, en autant qu'elle paie le tribut à l'État romain et l'empereur-le vieux dicton, "rendez à César ce qui appartient à César". Cependant, ces premiers mouvements religieux, plus particulièrement, l'évolution du Christianisme en général, semblent avoir passer outre à ce principe; donc, le gouvernement romain vit ces mouvements comme des menaces politiques, plutôt que simplement "religieuses."

"Je ne suis pas tout à fait convaincu que nous pourrions caractériser Jésus comme ayant été un paysan. Je pense que cela attribue un faux rôle à Jésus, surtout en fonction des découvertes plus récentes à Sépphoris et ailleurs." Le professeur White

Dans cette émission, Apollonius de Tyane n'est même pas mentionné une seule fois. Le sophisme d'une telle émission est qu'il suppose automatiquement que le "Jésus Christ" fut en effet né et vécut sa vie entière en Palestine. Par conséquent, l'hypothèse que Jésus grandit dans une banlieue riche de Sépphoris est imparfaite dès le départ.

"Il y aurait eu plusieurs groupes à Jérusalem et peut-être même dans la campagne--ces autres groupes révolutionnaires--qui prirent leur compréhension religieuse du Judaïsme et la changèrent en programme politique : nous devons détruire l'Empire romain ou nous devons détruire les Juifs qui coopèrent avec l'Empire romain." Professeur Shaye J. D. Cohen, Brown University

À nouveau, nous voyons l'emphase sur les "politiques" de cette période d'évolution religieuse, surtout en ce qui concerne le ministère de Jean-Baptiste.

"Jean amène des gens dans le désert, traversant la rivière Jourdan. Il répète l'Exode et il plante de petites bombes à retardement d'attente apocalyptique tout partout dans le pays juif, attendant, fort probable, que Dieu frappe." Professeur John Dominic Crossan, DePaul University

Le professeur White discuta de la mort par crucifixion de la façon suivante :

"Ce n'est pas dû à la perte de sang. La mort ne se produit pas par rapport aux blessures elles-mêmes. C'est plutôt une suffocation car on ne peut pas se tenir assez droit pour respirer normalement; alors vraiment, avec le temps, c'est l'exposition aux éléments et la perte graduelle du souffle qui produit la mort. ... La plaque qui le nomme 'Jésus, Roi des Juifs,' suggère que le plaidoyer sur lequel il fut exécuté en fut un d'insurrection politique, une menace au Pax Romana ; mais il est maintenant également une victime du Pax Romana."

Si des "provocateurs," comme Apollonius et Damis, furent crucifiés à midi un vendredi, et à 19:00 au plus tard il fut nécessaire--selon la loi--de les descendre des croix, il est tout à fait possible que la survie de la crucifixion soit beaucoup plus probable un vendredi que n'importe quel autre jour de la semaine. Bien que le processus de suffocation puisse avoir ralenti la respiration pour que cela paraisse comme la mort, néanmoins, le dernier souffle ultime de vie n'avait pas eu lieu. Comparez cela à être dans un "coma". Mais ils seraient morts s'ils avaient été suspendus là jusqu'après minuit. Ces "chanceux" du vendredi s'en échappèrent de justesse. Mais pour continuer avec l'émission de télévision:

"Une des caractéristiques de l'Empire romain est qu'il y a soudainement une grande liberté de mouvement, plus que toute autre période antérieure, et d'une certaine manière, plus de liberté que dans toute période à venir jusqu'à l'invention du bateau à vapeur." Professeur Wayne A. Meeks, Yale University

Le professeur Meeks fit l'énoncé précédent en référence à l'idée qu'il y avait eut un échange vigoureux d'idées et de commerce le long du système de route qui avait été initialement construit pour le mouvement des troupes romaines. Apollonius de Tyane auraient aussi été en mesure d'emprunter ces routes, et à un certain temps lors de leurs voyages, Apollonius et Damis auraient pu utiliser un type de chameau de course qui était capable de voyager 100 milles (160 kilomètres) par jour. Qui est plus, voyagez par bateau autour de la Méditerranée à ce temps, n'utilisant que des voiles, aurait été presque aussi rapide qu'aujourd'hui. Alors nous devons considérer que même si ces événements se sont produits il y a deux mille ans, le mode de transport fut, par rapport à leur expérience historique, tout à fait efficace et rapide.

"Nous devons nous souvenir que Jésus mourut autour de l'an 30 après J.C. Pendant quarante ans il n'y a pas d'Évangile écrit de sa vie, jusqu'après la Révolte [de 66-70]. Durant ce temps, nous avons très peu de choses écrites au sujet du Christianisme. Notre premier écrivain du Nouveau Testament est Paul, et sa première lettre est datée entre l'an 50 et 52, donc encore vingt ans après Jésus. Mais il semble qu'entre la mort de Jésus et l'écriture du premier Évangile, Marc, qu'ils racontent nettement des histoires, ils transmettent la tradition du vécu de Jésus, ce qu'il représentait et accomplissait, oralement, en le disant et en le répétant. ... Il semble qu'avec le temps, quelques-unes de ces histoires vinrent à être écrites et sont ce qui devint considéré comme l'Évangile, la Bonnes Nouvelle et l'histoire de Jésus." Professeur White

L'Évangile de Marc fut le premier Évangile écrit; et selon cette émission, il fut écrit peu après la défaite de la forteresse de Massada en 70 après J.C. Toutefois, dans le Dictionary of the Bible du Professeur Smith, Vol. II, p. 238, nous trouvons "qu'il fut écrit avant la destruction de Jérusalem. Alors il fut probablement écrit entre l'an 63 et 70. Mais rien ne peut être déterminé avec certitude sur ce point."

Il y a évidemment des désaccords théologiques au sujet de la date réelle de l'Évangile de Marc, qui, telles plusieurs éléments du début du Christianisme, sont un "mystère". Pour les fins de la chronologie de ce livre, l'Évangile de Marc sera daté de l'an 70 après J.C., durant ou peu après les sièges de Jérusalem et de Massada, à la même période qu'Apollonius de Tyane eut son entretien avec l'Empereur romain Vespasien à Alexandrie.

L'Évangile de Marc fut écrit pour une communauté juive parlant le grec, comme celle de Paul de Tarse, car Marc dut traduire quelques phrases araméennes, supposémment de Jésus, en Grec. Marc écrit son Évangile de cette perspective là.

"Dans l'Évangile de Marc, Jésus est opposé au Temple, et Marc veut que nous comprenions que cela est associé à la raison pour laquelle il doit mourir et pourquoi Jérusalem doit être détruit. ... Une des raisons d'être de l'Évangile de Marc est pour affirmer qu'il n'est pas seulement un faiseur de miracles, il est plus que cela. ... [À ce temps] il y avait un grand nombre de faiseurs de miracles. ... Jésus est mystérieux. Intentionnellement, Jésus empêche parfois les gens de le comprendre vraiment". Professeur White

Il n'y a rien de fondamentalement contradictoire dans l'information du paragraphe précédent qui ne permettraient pas la comparaison du "Jésus Christ" à Apollonius de Tyane. À la période qu'Apollonius jouait "La Mascarade de Jésus", il empêcha sans doute les gens de comprendre clairement ses origines et d'où il venait, à savoir l'Inde, approximativement un an auparavant.

"Marc nous dit que Jésus mourut étant ridiculisé et dans l'agonie, et je pense que Marc écrit au sujet de l'expérience des gens dans les années 70 qui meurent comme cela, qui ont besoin de la consolation que Jésus était mort auparavant de cette manière, se sentant abandonné par Dieu". Professeur Crossan

Pendant "La Mascarade de Jésus", si Apollonius avait tenté de se faire passer pour quelqu'un de la place à des fins politiques contre l'Empire romain, il n'en reste que, cloué nu à la croix, son pénis païen non-circoncis aurait été visible par tous; et il aurait certainement été ridiculisé par les Juifs comme "imposteur du Messie".

"Les érudits font remarquer qu'une partie des versets de Matthieu sont identique avec ceux de Luc. En fait, ils sont identiques dans [les] paroles grecques de Jésus. Songez--Jésus parla l'araméen, or si vous traduisiez l'araméen et si je le traduisais également, ces traductions seraient différentes. Vous n'auriez ainsi que des textes identiques, vous n'auriez Jésus parlant des paroles identiques en grec que si vous aviez écrit une traduction grecque de ses paroles. Or les érudits suggérèrent qu'il doive y avoir, autre que celle de Marc, quelque autre écrit qui aurait été une liste de paroles de Jésus, traduite en grec; et ils l'appellent 'Quelle' signifiant 'Source' en Allemand; et ils la désignent par son abréviation Q. Personne n'a jamais trouvé cette source écrite. Nous pouvons la reconstruire car nous devinons qu'il y avait une telle source écrite." Professeur Elaine Pagels, Princeton University

Évidemment, Damis est Q. Et si dans le Christianisme Damis est considéré comme St Thomas, alors Q est en effet St Thomas. Le nom Damis est fort probable l'équivalent syrien du nom hébreu Tomas, comme on a aujourd'hui Joseph et Giuseppe. Leurs significations sont identiques. Et il est tout à fait raisonnable de présumer que Damis fit quelques copies des paroles du "Jésus Christ" et les donna aux disciples du "cercle intérieur" d'Apollonius. Selon cette émission, l'Évangile de Matthieu fut écrit environ quinze ans après celui de Marc; et il reflète la tension à l'intérieur du Judaïsme qui fracturerait éventuellement le Judaïsme et mènerait à la rupture avec le Christianisme. Professor Smith's Dictionary (Vol. II, p. 278) prend la position que l'Évangile de Matthieu ne peut pas être correctement daté mais qu'il fut probablement écrit à la fin des années 50 ou au début des 60. Puisque les autorités de cette émission de télévision semblent être unanimes dans leur opinion que l'Évangile de Matthieu suivit celui de Marc d'environ quinze ans, ce sera l'hypothèse adoptée par la chronologie de ce livre, plaçant l'écriture de l'Évangile de Matthieu en l'an 85 après J.C.

"La plupart des Évangiles indiquent une période de désaccord et de mésentente théologique; et la nouvelle histoire narrative qui évolue en la forme du Nouveau Testament raconte une histoire d'une relation rompue ; et cela fait partie de la triste histoire qui évolue entre les Juifs et les Chrétiens parce que cela est une histoire qui eut d'affreuses répercussions dans les temps qui suivirent". Professeur Eric M. Meyers, Duke University

L'émission note qu'au temps de l'Évangile de Marc, le choc de la guerre de 70 diminuait. Matthieu écrit 55 ans après la mort de Jésus. Elle note également que Luc fut sans doute un païen.

"Un des soucis majeures que les travaux polyvalents de Luc et les Actes des Apôtres adressent est de savoir si les Chrétiens peuvent être de bons citoyens de l'Empire romain. Après tout, leur fondateur fut exécuté comme criminel politique, et certains les auraient considérés comme des incendiaires ou révolutionnaires. Dans son portrait, Luc veut montrer que Jésus lui-même enseigne une éthique qui fut entièrement compatible avec la bonne citoyenneté de l'Empire; et en dépit du fait que Paul fut exécuté, tout cela fut une grande erreur et n'eut rien à faire avec un programme politique qui fut de quelque façon dangereuse". Professeur Harold W. Attridge, Yale Divinity School

Luc écrivit pour un public gréco-romain et fut beaucoup plus antagoniste envers le Judaïsme orthodoxe que le furent Marc et Matthieu. Luc fut le premier de ces écrivains à désigner les partisans de Jésus comme des "Chrétiens".

Professor Smith's Dictionary (Vol. II, pp. 153-154) place également l'Évangile de Luc avant celui de Marc, au début des années 60 quand Paul fut emprisonné à Rome pour la première fois. L'Évangile de Luc fut écrit avant les "Actes des Apôtres". Toutefois, cette émission de télévision, n'étant pas spécifique au sujet des dates de Luc, suggère clairement que l'Évangile de Luc suive celui de Marc et en fut une autre variation, comme celui de Matthieu. Par conséquent, pour les fins de ce livre, l'Évangile de Luc est aussi daté approximativement en l'an 85 après J.C.

"Luc commence à dire, nous, les Chrétiens, ceux qui racontent l'histoire, ne sommes plus de la même manière seulement que des Juifs. Luc éloigne le développement du mouvement chrétien des groupes juifs et, en fait, le rapproche plus de l'arène politique et sociale romaine". Professeur White

"Quand l'Évangile parvient à Rome, la capitale de l'Empire, c'est là la fin de l'histoire," dit le professeur Crossan, qui ajouta  aussi qu'à partir du Nouveau Testament, on ne pourrait même pas réaliser qu'il y avait de grandes églises chrétiennes en Égypte et en Syrie car les Évangiles sont orientés vers Rome, vers une Église gréco-romaine.

Le narrateur de l'émission fait état que l'Évangile de Jean fut écrit environ soixante-dix ans après la crucifixion et qu'il reflète la division de la société en Juifs et en Chrétiens. Professor Smith's Dictionary (Vol. I, p. 1112) place l'écriture de l'Évangile de Jean n'importe où entre 62 et 95 après J.C.; l'évêque Eusèbe suggéra l'an 95. Donc, en accord avec l'émission de télévision et l'évêque Eusèbe, dans ce livre, l'Évangile de Jean est daté en 95.

De 30 à 95 après J.C., on compte une période de 65 ans. Si vous y pensez, c'est là une longue période de temps pour la circulation de légendes orales. Cet Évangile fut écrit seulement deux ans avant la "mort" d'Apollonius en 97 à l'âge de 100 ans. Disons que Jean avait 35 ans lorsqu'il écrit son Évangile. Il serait né en l'an 60. Dix ans plus tard, par le temps que Jean commence à enseigner, Apollonius auraient eu 73 ans. Il est peu probable qu'Apollonius ou Jean se seraient connus. Jean répétait encore simplement les légendes du "Jésus Christ".

Et nous ne devons jamais oublier que tout au long de ce siècle, il y eut seulement qu'une copie du livre que Damis écrivait, et qui fit seulement qu'en sa possession. À bien y penser, il est facile pour nous de voir ces événements d'une plus grande perspective, mais Marc, Matthieu, Luc et Jean n'eurent pas accès à quelque matière au sujet d'Apollonius de Tyane, autre ce qu'ils connaissaient de la période passée en Palestine que Damis--sans doute délibérément--choisit d'omettre de sa biographie. En fait, jusqu'à ce que Philostratus ait publié son livre en 220, il n'y avait aucun registre public écrit au sujet d'Apollonius, seulement que des légendes orales qui, comme nous savons maintenant, devinrent les légendes du "Jésus Christ" et d'abord écrites, comme telles, par les écrivains des quatre Évangiles, aussi bien que par d'autres comme Thomas.

"Dans le Nouveau Testament, l'Évangile de Jean est différent des trois autres. Ce fait fut reconnu depuis la formation de l'Église elle-même. Déjà en l'an 200, on appelait l'Évangile de Jean 'l'Évangile spirituel', précisément parce qu'il raconta l'histoire de Jésus de manière symbolique qui, parfois, le différencie énormément des trois autres." Professeur White

Le professeur Crossan compara ensuite les Évangiles de Marc et de Jean. "Nous l'appelons 'l'agonie dans le jardin.' Notons qu'il n'y a aucune agonie dans Jean et aucun jardin dans Marc; mais nous en arrivons à l'agonie dans le jardin, or nous les réunissons". Marc, dit-il, comprenait les terribles persécutions que les Juifs souffraient sous les Romains, alors Marc démontra Jésus prosterné sur le sol, se sentant abandonné de Dieu et souhaitant que rien de cela existe. Les disciples fuirent de terreur. Toutefois, dans l'Évangile de Jean, Jésus fut confronté par 600 soldats romains, et éventuellement, il fit en sorte qu'ils soient tous prosternés sur le sol. Jésus leur dit alors, "Bien sûr, je ferai ce que mon Père veut"; et il demanda alors aux soldats romains de renvoyer les disciples. Dans Jean, Jésus fut totalement en contrôle de la situation.

En définitive, assumant que tout cela fait référence à Apollonius de Tyane, nous avons alors différentes interprétations de ce qui était survenu juste avant son arrestation et sa crucifixion. Il est possible que ces deux scénarios soient vrais. Apollonius fut possiblement si éperdu de l'arrestation et de la menace de la crucifixion de Damis qu'il implora Dieu pour des réponses. Jarchas et les autres sages auraient pu entendre ses supplications en Inde, comme ils l'avaient promis, et lui recommandèrent de se lever et d'affronter les Romains. Certains disent que peut-être un jour, un manuscrit jusqu'ici inconnu fera surface pour fournir plus de détails sur la confusion de cette "nuit de trahison".

"Jésus ne meurt pas le même jour dans l'Évangile de Jean que dans ceux de Matthieu, Marc et Luc. Dans les trois Évangiles synoptiques, Jésus mange réellement un repas pascal avant de mourir. Dans l'Évangile de Jean il ne le fait pas. Voici la scène dans l'Évangile de Jean : le jour même de la Pâque est le jour quand tous les agneaux sont tués et tous se rendent au Temple chercher leur part d'agneau pour le repas pascal. À Jérusalem cela signifierait des milliers d'agneaux abattus le même jour et dans l'Évangile de Jean, c'est là le jour de la crucifixion de Jésus. Littéralement, la scène dramatique dans l'Évangile de Jean démontre Jésus attaché à la croix pendant que les agneaux sont abattus pour la Pâque. ... Jésus ne mange pas un repas pascal. Jésus est le repas pascal". Professeur White

Voir Jean 6:55-56. "Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui." [Bible de Jérusalem]

"Face aux règlements diététiques juifs, l'idée de boire du sang est absolument répugnante, et le même langage et symbolisme qui sont si riches dans l'Évangile de Jean ont également un ton résolument politique quant à la relation évolutive entre Juifs et Chrétiens". Professeur White

L'émission se poursuit relatant le fait qu'au temps de Jean, quiconque croyait en Jésus comme Messie fut expulsé des synagogues. En cette période, les Chrétiens furent principalement des Juifs. Ils furent des "Chrétiens Juifs", mais leur tentative de devenir la secte principale et la force du Judaïsme devint de moins en moins plausible jusqu'à ce que, éventuellement, ils se séparent complètement.

Avant cela, l'émission discuta le problème des rites juifs, tel la circoncision parmi les nouveaux gentils juifs-chrétiens. Puisque la circoncision n'est pas tellement réalisable pour les hommes adultes, un "signe de solidarité" alternatif a dû être adopté, et ce rituel devint éventuellement le baptême.

"Or Marc raconte que la foule est contre Jésus; mais Matthieu, quinze ans plus tard, disons vers l'an 85, raconte que tous sont contre; et Jean, dans les années 90, raconte que se sont les Juifs qui sont contre Jésus". Professeur Crossan

Et il s'ensuit une discussion historique au sujet des événements qui provoquèrent la Deuxième Révolte de l'an 132, appelé aussi la Révolte Bar Cochba. Cette rébellion fut suivie de trois années de guerre. En 135, Jérusalem fut à nouveau ravagée par l'armée romaine. Bien qu'elle n'ait pas été totalement détruite comme elle l'avait été en 70, la dévastation humaine a peut-être été plus grande.

"Bar Cochba fut un faux-Messie supporté par de nombreux segments de la population. Il prétendit être de la lignée du roi David. Il prétendit être le Messie lui-même et fut supporté par nul autre qu'une des figures importantes de la période, le Rabbin Akiba. Cette guerre fut ainsi très différente. Elle fut une Révolte du Millénaire, une Révolte Messianique, et elle fit vibrer des cordes qui ne furent pas touchés durant la Première Révolte." Professeur Meyers

Le professeur White remarque ensuite que les Juifs cherchaient l'appui des Chrétiens pendant ce temps de la Deuxième Révolte. Les Chrétiens refusèrent de s'y joindre. " ... à cette époque, les Chrétiens commençaient à se dire, 'Non, il ne peut pas être le Messie; nous en avons déjà un.'"

Avec la mort de Bar Cochba, les espoirs d'un Messie juif s'éteignirent et les Chrétiens regardèrent vers un avenir distant pour la venue de leur Messie.

On doit se rappeler que le premier siècle fut le premier de ce nouveau millénaire qui avait commencé avec l'introduction du nouveau calendrier julien romain en l'an 0 par Auguste César. Il y aurait alors eu dans l'air une "excitation du millénaire", comme maintenant, comme nous approchons le changement à l'an 2000.

"L'identité proprement apocalyptique et messianique de Bar Cochba sort la tradition chrétienne de sa zone de confort; et à ce point nous voyons l'entière séparation de la tradition juive avec la tradition chrétienne devenir évidente". Professeur White

Cela fut un "moment dominant de l'histoire religieuse." Les deux religions suivraient désormais des voies séparées. Ce fut en 135 après J.C., date officielle de la "Diaspora Juif".

À cette période du 2ème siècle, il y eut une grande diversité de doctrines chrétiennes et le Christianisme fut en compétition avec d'autres religions, tels le Paganisme égyptien et le Mithraïsme perse. Les partisans du second se rencontrèrent en secret partout dans l'Empire et célébrèrent l'anniversaire de leur Dieu le 25 décembre--lequel maintenant, bien sûr "par hasard", est la date célèbre de l'anniversaire du "Jésus Christ!"

Aussi, tôt au 2ème siècle, Pline le Jeune, comme magistrat de Bithynie (hôte futur du Conseil de Nicée), dut intervenir dans le cas de plusieurs "criminels" chrétiens qui furent amenés devant lui. Bien qu'il en ait condamné plusieurs à l'exécution, il tenta néanmoins de comprendre ce qui motivait leur croyance en "Jésus Christ". A un moment donné, il commenta que la seule chose qu'il pouvait trouver de particulier à leur d'eux fut leur pratique de se réunir avant le levé du soleil pour chanter des cantiques et répéter des prières. Est-ce seulement qu'une coïncidence qu'Apollonius de Tyane récitait ses prières importantes au lever du jour ?

"Nous pouvons nettement distinguer ce contraste. Au temps de Pline, au début du 2ème siècle, les Chrétiens ne sont pas tellement connus; et même lorsqu'il les fait mettre à mort, il ne les comprend pas clairement". Professeur White

En l'an 200, le Christianisme avait commencé à être une partie intégrale de la société romaine.

"Nous avons, en effet, différents types de Christianisme, évoluant les uns à côté des autres et cela dans la même ville. A un moment précis à Rome, Justin Martyr a son école chrétienne dans une partie de la ville; et l'enseignant gnostique Valentinus dans une autre école à Rome; et un autre soi-disant hérétique du nom de Marcion est aussi à Rome un peu plus loin sur la même rue. Et tous ceux-ci de concert avec la tradition papale officielle qui se développa faisant partie de la scène de St Pierre de Rome". Professeur White

Rappelons-nous qu'en l'an 200, nous avons atteint la période de l'impératrice philosophique Julia Domna et son cercle intérieur impérial de sophistes, y compris Flavius Philostratus d'Athènes. Ces Chrétiens gnostiques, qui sans doute furent directement influencés par les philosophies d'Apollonius de Tyane, furent certainement en contact avec l'impératrice et sa clique.

Philostratus termina La Vie d'Apollonius de Tyane en 220. Il ne mentionna même pas une fois le "Jésus Christ" ou une secte appelée "Chrétiens". Pourquoi pas? La seule conclusion qu'on peut en tirer est qu'Apollonius, Damis et Philostratus ne considéraient pas les Chrétiens assez importants pour les inclure. Après tout, les "vrais croyants" furent les Gnostiques qui savaient que l'ultime "Messie" était Apollonius, le fondateur de leur école de pensée et plus tard, par défaut, l'élan derrière la fondation du Manichéisme. Certes, s'il y avait eu des sectes chrétiennes légitimes et dynamiques dispersées en Ionie, Apollonius et Damis en auraient entendu parler. Autrement, cela n'a aucun sens. A MOINS QUE, bien sûr, Damis les ait délibérément oubliées!

Concernant l'Évangile de Thomas qui fut découvert avec les autres documents gnostiques trouvés à Nag Hammadi en Égypte, en 1945, cet Évangile contient une collection des proverbes réels de Jésus, quelques-uns étant contenus dans les Évangiles canoniaux et d'autres pas. "Ce qui est typique de ces proverbes est que dans chaque exemple les proverbes veulent dire que si vous voulez comprendre Jésus, ce que Jésus a dit, vous devez vous reconnaître, vous devez vous connaître." Professeur Helmut Koester, Harvard Divinity School

À ce point on doit se rappeler que le sage Jarchas dit à Apollonius qu'aucun homme ne pourrait joindre leur groupe à moins que cet homme "se connaisse" en premier lieu. Jarchas indiqua qu'il comprenait intuitivement qu'Apollonius "se connaissait". Cette idée de "se connaître" est centrale au thème de toutes les Écoles de Mystères hermétiques dans lesquelles Apollonius fut initié. Si Damis signifie Thomas, tel qu'on le propose dans ce livre, il n'est alors pas surprenant que l'Évangile de Thomas accentuerait ce besoin de "se connaître".

Selon Thomas, Jésus devint le révélateur de connaissances secrètes. Thomas représenta le type de Christianisme gnostique qui plaçait l'accent sur le message et la sagesse de Jésus, alors que les disciples de St Paul la placèrent sur la mort et la résurrection divine de Jésus, et le pouvoir de sauver, le pouvoir rédempteur de cette mort et résurrection.

L'évêque Irénée de France du 2ème siècle tenta d'unifier tous les types variés du Christianisme mais ne réussit pas. Il inventa personnellement le terme Christianisme "orthodoxe" et étiqueta les Gnostiques comme des "agents de Satan". "[Irénée] fut très conscient des dangers de la fragmentation. ... Irénée ne voulait pas que les gens fassent des choix [au sujet de ce qu'ils pensaient]. Il voulait qu'ils pensent ce que l'évêque leur disait de penser." Professeur Pagels

L'évêque Irénée commença la tradition qu'il n'y avait quatre Évangiles authentiques, et seulement quatre. Cela conduit au mouvement d'unir tous les types variés de Chrétiens en une seule tradition. On vit l'éveil de l'homogénéisation de toute la tradition en une orthodoxie, une fusion en une seule histoire.

"Il est intéressant de constater ce qu'ils choisirent de Jésus, i.e., surtout le guérisseur. Il est imberbe comme un nouveau jeune Dieu; il n'est pas un "p'tit vieux" comme Asclépius, le dieu de la guérison. Et ce qui est extraordinaire est qu'il aura soit sa main ou même une baguette sur la personne qu'il guérit. Certes, je ne connais rien dans le monde grec ou romain qui démontre Asclépius avec sa main sur quelqu'un qu'il guérit. Jésus est un Asclépius qui fait des visites à domicile". Professeur Crossan

Cette phrase du professeur Crossan est remarquable. Apollonius étudia à l'École d'Asclépius, et Apollonius fut certes considéré comme un guérisseur.

Parmi les Chrétiens, chacun fut considéré égal aux autres hommes ; et les différentes congrégations établirent des programmes de bien-être pour administrer aux besoins des veuves, des orphelins, des malades et des pauvres. Elles se développèrent comme une sorte d'état de bien-être à l'intérieur de l'état romain, et en l'an 250, le Christianisme devenait incapable d'administrer à tous ces besoins par ses propres moyens.

Rome commença à sentir que ses influences déclinaient et il y eut un sens de crise. L'empereur Dèce décida que les Chrétiens étaient une menace et qu'il devait y voir à la grandeur de l'Empire. Seulement d'être Chrétien était devenu un crime. Ils durent prouver au moyen d'un petit billet qu'ils avaient sacrifié aux dieux romains. À la fin du 3ème siècle, chaque Chrétien pouvait accomplir cela parce que Paul lui-même avait dit que ces dieux n'avaient aucune valeur.

En 303, l'empereur Dioclétien fit une dernière tentative pour éliminer les Chrétiens, mais sa persécution échoua car, à cette période, les institutions chrétiennes étaient devenues fermement implantées dans la société romaine. "Le Mouvement de Jésus" s'était étendu à toutes les régions de l'Empire romain.

Or quelques années plus tard, Constantin eut sa vision de la croix apparaissant sur le soleil et la considéra comme présage de victoire dans sa prochaine bataille au pont de Milvian. Il fit peindre des croix sur les boucliers de ses soldats et gagna la bataille. Sa subséquente curiosité au sujet du Christianisme le mena, comme empereur, à une relation symbiotique entre l'Église chrétienne et l'Empire romain. Il rendit le "Jour du Dieu Soleil" le "Jour de Repos", et il se convertit alors au Christianisme. Sa convocation du Conseil de Nicée en 325 fut une tentative officielle d'unifier les différents types de Christianisme sous une seule philosophie orthodoxe. Il est en effet très étonnant que cette émission se termine sans même une seule référence à cet infâme Conseil !

L'émission conclut en disant que pendant le temps de Constantin, le Christianisme faisait parti de la structure de la société impériale, un fait qui signifiait de profonds changements pour le Christianisme et la société. Constantin reconstruit Jérusalem, mais toutes les places sacrées étaient maintenant chrétiennes et non juives. Et Constantin visa encore et persécuta tous ces Chrétiens tels les Gnostiques et les Marcionites qui n'incluaient pas l'Ancien Testament dans leur Canon.

Le narrateur finit en songeant, "Le Royaume de Dieu et l'Empire romain était maintenant devenu le même. Jésus de Nazareth était maintenant devenu Jésus Christ, et son Église était maintenant devenue un pouvoir sur la Terre. Un nouveau chapitre dans l'Histoire allait commencer."

Il est curieux que la Ville de Tyane ne fut même pas mentionnée une seule fois par ces érudits. Tyane et non Jérusalem fut la vraie "Capitale chrétienne de la Terre". D'ignorer l'influence que joua la Cappadoce dans l'évolution du début du Christianisme est une grave erreur.

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The Dallas Morning News, par Michael E. Young
Le 4 avril 1998

La vie et la mort de Jésus de Nazareth et les luttes de ses premiers disciples sont examinées en détails dans la série PBS "Frontline," une production de quatre heures qui sèmera sans doute la controverse.

Mais c'est une des particularités de "From Jesus to Christ : The First Christians", dit le producteur exécutif, David Fanning.

"Frontline" présente "la vraie histoire" du Christianisme, dit-il, "défiant et renversant des idées conventionnelles."

Le premier défi à des siècles de tradition vient lorsque le narrateur écarte les comptes bibliques de la naissance de Jésus à Bethléem et dit qu'il est plus probable que Jésus soit né à Nazareth, le village où il grandit.

Et selon le groupe d'érudits dont le travail anime l'émission, Nazareth elle-même ne fut pas ce petit village tranquille que tant de Chrétiens envisagent. Au contraire, des découvertes archéologiques récentes démontrent que Nazareth fut en réalité une sorte de faubourg, seulement à quelques milles de Sépphoris, une ville importante avec beaucoup d'influences romaines.

Or Jésus fut probablement beaucoup plus cosmopolite que le charpentier de la campagne du récit du Nouveau Testament, les érudits concluent, et présenta un message façonné par le radicalisme et l'activisme politique de sa patrie galiléenne.

De ce départ radical, "From Jesus to Christ" suit le ministère et l'exécution de Jésus, et les craintes et les premiers pas hésitants de ses disciples.

L'émission, à être diffusée lundi et mardi soirs, est remplie de panoramas extraordinaires de la campagne israélienne, de Césarée sur la Mer Méditerranéenne étincelante à Massada.

Les érudits qui présentent l'histoire de Jésus et la lutte de l'Église souvent en conflit qui le suivit--y compris L. Michael White, directeur des Religious Studies Program at the University of Texas at Austin--apportent des références impeccables et des points de vue qui couvrent le spectre de la recherche courante sur le 1er siècle.

"Ce n'est pas l'histoire d'un Âge d'Or de consensus, mais une histoire de gens en conflit--luttant avec le Judaïsme, affrontant l'autorité de l'Empire [romain], et se battant parmi eux pour comprendre le message de Jésus au sujet de la venue de Dieu", dit M. Fanning.

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The Dallas Morning News, by Ed Bark, TV Critic
Le 6 avril 1998

Bénis soient les critiques de la télévision, car péniblement, quelques-uns ont persisté à travers les quatre heures de From Jesus to Christ : The First Christians.

Il vous sera difficile d'en faire autant. Présenté comme une Édition Spéciale de la série Frontline de PBS et lancé comme un pavé dans mare de la croyance chrétienne conventionnelle, Jesus to Christ est beaucoup plus laborieux que provocateur.

Frontline, qui traite presque toujours de nouveaux sujets contemporains, semble être comme un poisson hors de l'eau dans la Mer de Galilée. Les points saillants et les soi-disants révélations de l'émission ne sont pas de grandes primeurs, particulièrement à une période ou de nouvelles vérifications de la Bible sont courantes. Ils ne paraissent pas non plus tellement litigieux.

Par exemple, il est douteux que la foi de quiconque soit secouée ou redirigée en apprenant que Jésus ne fut probablement pas né dans une "campagne retirée". Au contraire, son lieu de naissance "fut très près d'un environnement en plein essor et sophistiqué qui aurait exigé... un niveau de sophistication qu'on ne penserait pas caractéristique de Jésus, l'humble charpentier".

Comment savons-nous cela ? Bâillement ! Holland Lee Hendrix nous le dit. Il est président de la faculté et le professeur Henry Sloan Coffin de Divinité au Union Theological Seminary en la ville de New York. Fiou ! Il est aussi un d'une douzaine d'érudits du Nouveaux Testament appelé à examiner de nouveau les origines du Christianisme.

Certains sont plus engageants que d'autres, particulièrement le professeur Allen D. Callahan du Harvard Divinity School. Parlant du temps que Jésus multiplie cinq pains et deux poissons pour nourrir une multitude, M. Callahan dit : "Je ne pense pas que cela nécessite la science infuse pour découvrir pourquoi ce genre d'histoire est si apprécié des gens pauvres. Je veux dire, c'est le souper et le spectacle".

Hélas, le spectacle se poursuit, principalement sans M. Callahan. Sauf pour une brève observation, il est absent de la conclusion de l'émission du deux heures de mardi. C'est navrant. Non seulement pouvons-nous citer M. Callahan, mais il est le seul érudit de minorité raciale inclus dans l'émission.

Autre que le personnage du titre, le joueur principale dans Jesus to Christ est L. Michael White, professeur des Classiques et directeur des religious studies program at the University of Texas at Austin. On lui donne beaucoup plus de temps que tous les autres et il semble tout à fait à l'aise devant la caméra.

Même à cela, il est difficile de maintenir un intérêt soutenu dans ce que chacun de ces érudits a à dire. Pour le moins, l'apparence d'un semblant de débat passionné aurait aidé l'émission. Mais contrairement, Frontline utilise ses professeurs comme des facilitateurs. Ils parlent tous le même langage, chacun prenant son tour décrivant l'histoire à travers Jésus, Paul, Matthieu, Marc, Luc, Jean et des moins connus à partir d'un gouverneur romain nommé Pline le Jeune à Perpétua le martyr. En effet, après un certain temps, cela devient ennuyeux.

S'il y a un point culminant, c'est la troisième heure. C'est là où nous apprenons les différences d'interprétations dans les Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Marc arrive toujours en seconde position, mais en fait fut le premier à écrire son Évangile. C'est très sérieux. Il peignit Jésus comme un des grands faiseurs de miracles, mais un homme mortel et persécuté néanmoins. Cela embarrasse M. White qui dit : "Mais les faiseurs de miracles sont nombreux dans le monde ancien. Nous entendons parler de toutes sortes de gens qui peuvent accomplir des miracles, et donc cela ne semble pas vraiment le différencier".

Pourtant, qu'est-ce que signifie faiseurs de miracles ? Parlons-nous d'une collection de Houdinis et de David Copperfield de l'époque biblique ? Ou des gens qui pouvaient vraiment changer de l'eau en vin ? Un petit éclaircissement aiderait ici pour des laïques de la terre.

Les érudits disent que l'Évangile de Luc est beaucoup plus "romantique" et accessible. Considérez-le comme la Danielle Steel ou la Judith Krantz de son temps. La contribution de Jean, écrit quelques 70 ans après la mort de Jésus, a un "ton résolument politique", dit M. White. Elle dessine des distinctions marquées entre le Judaïsme et le Christianisme, peignant les Juifs comme des ennemis de Jésus.

Paula Fredriksen, la professeur William Goodwin Aurelio of Appreciation of Scripture at Boston University, dit qu'aucun des Évangiles ne devrait être considéré comme des biographies basées sur des faits réels.

"Ils sont un type de publicité religieuse", dit-elle. "Ce qu'ils font est de proclamer l'interprétation du message chrétien de chacun des auteurs individuels à travers l'utilisation de Jésus de Nazareth comme porte-parole de l'évangéliste."

Et ainsi de suite. Jesus to Christ complémente ses rumeurs bibliques souvent monotones d'une vaste collection d'aides visuelles. Sans aucune photographie ou l'influence de Ken Burns, Frontline s'efforce à plaire visuellement. L'utilisation périodique du feu est évocatrice d'un film de David Lynch. Nous sommes aussi présentés avec des cartes géographiques, des interprétations miniatures de l'architecture romaine, des statues, des manuscrits, des panoramas, des chants, des plaintes, absolument tout avec un penchant biblique sauf Charlton Heston.

En parlant de lui, le film Les Dix Commandements est certainement beaucoup plus plaisant et sera rediffusé le dimanche de Pâques sur la chaîne ABC. Jesus to Christ tente de nous édifier plutôt que de nous amuser bien sûr. Mais si son esprit en est ainsi, sa chair est faible.

*

The Dallas Morning News, by William Farmer
Le 9 mai 1998

Durant la semaine sainte, le Public Broadcasting Service diffusa un documentaire de quatre heures, "From Jesus to Christ", qui, sommairement, créa beaucoup de controverse.

Comment pouvons-nous convenablement définir l'émission ?

Était-ce un blasphème? Pas vraiment.

Était-ce de l'érudition responsable? Pas vraiment.

Était-ce Hollywood ? Dans un sens, oui. Mais, pas vraiment. Car Hollywood a un seul but--l'argent--et

"From Jesus to Christ" n'avait rien à faire avec l'argent. Comme tous les documentaires de la télévision publique, "From Jesus to Christ" aurait dû de quelque façon servir l'intérêt public. Comment a-t-il réussi?

Premièrement, l'émission fut divertissante. Elle capta mon intérêt du début à la fin. Et, du point de vue technique, elle fut un succès. Mais un documentaire devrait chercher à instruire aussi bien qu'impressionner. Et de plusieurs manières "From Jesus to Christ" échoua ce test. En fait, elle laissa le public "mal-éduqué".

Tout au long du documentaire, il fut évident--qui va sans doute être diffusé à nouveau et paraître sur vidéo--que ses créateurs choisirent de se fier à de l'érudition irresponsable. Le film laisse les spectateurs croire, par exemple, que les Pharisiens ne sont pas devenus vraiment importants à Jérusalem jusqu'après la destruction du Temple, 40 ans après la mort du Christ. Tout érudit qui a lu l'historien juif Josèphe avec soin sait que cela n'est pas vrai.

Cela n'est qu'un exemple comment les spectateurs sont mal-dirigés, et celui qui souligne la partie la plus inquiétante du documentaire--sa confiance en l'érudition qui supporte le controversé "Q". Q--court pour "Quelle," le mot allemand signifiant "source"--est une collection hypothétique de proverbes de Jésus que Matthieu et Marc sont prétendus avoir utilisés pour écrire leurs Évangiles. Les débats sur Q peuvent sembler énigmatiques pour ceux à l'extérieur, mais les implications sont profondes.

Q, tel qu'imaginés par quelques érudits modernes, met en question le caractère rédempteur de la mort de Jésus, qui est une des pierres angulaires de la foi chrétienne. Plusieurs parmi eux semblent déterminés de rejeter la Bible et utilisés Q, qui n'existe même pas, pour transformer Jésus d'un sauveur juif en un philosophe cynique.

"From Jesus to Christ" met en vedette deux érudits du Duke University. Pourtant, on ne mentionne jamais un autre professeur de Duke qui est un des érudits principaux discréditant l'existence de Q. En ne comptant que sur ses partisans seulement, le documentaire trompe le public à croire qu'il y a un consensus d'érudition fiable sur Q.

Les deux professeurs de Duke qui apparurent dans le film connaissent, sans doute, les questions sérieuses que les érudits responsables ont soulevées au sujet de Q. Ont-ils décidé d'être d'accord avec la décision des créateurs d'encourager la confiance publique dans l'existence de cette source hypothétique ? Si non, leur crédibilité d'érudit fut utilisée, même par inadvertance, pour endoctriner le public.

Le consultant principal de "From Jesus to Christ", le professeur Michael White du University of Texas at Austin, sait clairement que son collègue Allan McNicol a édité un livre, "Beyond the Q Impasse" (Trinity Press International), dans lequel la base théorique pour Q est analysée avec soin et démontrée comme étant très problématique. Les deux sont membres du Church of Christ.

Cela nous amène à un point important. Les créateurs de "From Jesus to Christ", qui a affaire avec des sujets fondamentaux concernant la foi chrétienne, et qui fut programmé pour être diffusé pendant la semaine la plus sacrée du calendrier chrétien, n'ont apparemment pas consulté quelque organisation chrétienne responsable.

Toutefois, ce serait faux de suggérer que le film soit une propagande non mitigée contre le Christianisme. Il ne l'est pas. En fait, pour des millions de Chrétiens qui se sentent aliéné de l'Église institutionnelle, ce film, à sa façon, sert le but évangélique de donner l'espoir qui, à travers une nouvelle historiographie, il peut y avoir la possibilité de s'approcher de Dieu à travers de nouvelles manières de voir Jésus comme figure historique en son propre temps.

D'un autre côté, le documentaire donne trop de légitimité à un cadre d'érudits du Nouveaux Testament qui, selon plusieurs, dilue l'Évangile. Par exemple, le film figure John Dominic Crossan, un membre proéminent du Jesus Seminar. Se fiant sur Q, le Jesus Seminar est bien-connu pour avoir conclu, entre autres, que Jésus n'a jamais appris le Notre-Père à ses disciples. En figurant le Dr Crossan, le documentaire sert à légitimer le Jesus Seminar. Il sert aussi pour faire taire certains des critiques principaux du séminaire.

Des érudits hautement considérés ont critiqué publiquement le Jesus Seminar sur le fait qu'aucun de ses membres n'enseigne dans des universités prestigieuses. "From Jesus to Christ" sert à faire taire cette critique en figurant sélectivement des érudits de Harvard, Yale, Princeton, Union et Duke qui ont les mêmes convictions sur ce sujet.

Toutefois, il est intéressant de noter que le film est basé sur le même argument fondamental qui anime le Jesus Seminar, à savoir, que l'Église qui forma le Canon du Nouveau Testament est partie sur une mauvaise piste quand elle manqua de considérer qu'il existait des communautés avant l'Apôtre Paul (telles que ceux qui, dit-on, produirent Q. et plus tard, l'Évangile de Thomas) pour qui la mort de Jésus n'avait pas une importance cruciale.

Certes, les créateurs de "From Jesus to Christ" ne sont ni iconoclastes ni fanatiques. Ils ont été prudents de donner crédit à l'enseignement de l'Église au sujet de la Résurrection et l'Eucharistie. Mais cela ne sert qu'à rendre le film un événement médiatique plus dangereux. Tout au plus, il peut stimuler un dialogue responsable. Au pire, il fonctionnera comme un loup couvert de peau de mouton.

Damis est Q!


[Commentaire : Le Dr William Farmer, un érudit-chercheur de l'Université de Dallas, est l'éditeur du International Bible Commentary : A Catholic and Ecumenical Commentary for the 21st Century." Parmi ses livres, on trouve The Gospel of Jesus, Westminster/Jean Know Press.]

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"From Jesus to Christ : The First Christians" est une excellente émission du point de vue de quiconque, comme moi, qui avait déjà un intérêt en la matière. Inutile de répéter que les deux fois que je l'ai regardé, ce fut fascinant d'envisager ses implications quant à la vie d'Apollonius de Tyane. Du point de vue académique, elle est donc hautement recommandée. Une copie sur vidéo de cette émission peut être achetée pour environ $60 de votre poste PBS local, ou vous pouvez la commander sur l'Internet à :

http://www.pbs.org/


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