Révisons brièvement l'histoire de la controverse entre les adhérents d'Apollonios et ceux de Jésus, chacun réclamant que les miracles de leur Messie étaient plus grands que ceux de l'autre. *
(* Sur ce sujet, Mead écrit : "Le développement de la controverse Jésus-Apollonios-miracle dans le combat Jésus-contre-Apollonios et même Christ-contre-Anti-Christ ayant été débattu avec des relais de champions puissants d'un côté, contre, tout au plus, une faible réfutation de l'autre, est un spectacle douloureux à contempler. Comment triste Jésus et Apollonios durent être, et le sont encore, de voir ce conflit aussi amer et inutile à propos de leurs saintes personnes ? Pourquoi la postérité doit-elle mettre leurs mémoires une contre l'autre ? Se sont-ils opposés à l'un l'autre dans la vie ? Leurs biographes en firent-ils de même après leurs morts ? Pourquoi la controverse n'aurait-elle pas cessé avec Eusèbe ? La réponse à ces questions est évidente au lecteur de ce livre".)
Cela commença dans la première partie du quatrième siècle avec la publication de "Ami de la Vérité" de Hiéroclès, lequel fut réfuté par Eusèbe dans un travail intitulé, "Le Traité d'Eusèbe, le Fils de Pamphile, Contre 'La Vie d'Apollonios de Tyane' Écrit par Philostrate, Occasionné par la Parallèle Dessinée par Hiéroclès entre Lui et Le Christ." Le livre d'Hiéroclès fut une attaque sur le Christianisme, inculpant les Chrétiens d'avoir créer Jésus comme un plagiat d'Apollonios, une accusation qui tient encore, puisqu'elle n'a jamais été réfutée. Sur ce sujet, Roberts écrit :
"Durant le troisième siècle, on mentionne souvent les enseignements d'Apollonios. Mais ce ne fut pas jusqu'à ce qu'Hiéroclès, au début du quatrième siècle, accuse avec audace la prêtrise chrétienne de leur plagiat des enseignements et des travaux d'Apollonios que ces derniers virent la nécessité de mettre à l'oeuvre tous les moyens qui pourraient aider à dissimuler la grande vérité qu'Hiéroclès proclama avec tant d'augure. Il était vrai que personne ne sait précisément ce que Hiéroclès avait écrit, car Eusèbe, qui se donna la tâche de réfuter le témoignage d'Hiéroclès, prit un soin précieux de détruire le travail de son adversaire redoutable et le remplaça par sa propre version. La réponse d'Eusèbe à Hiéroclès existe de nos jours. Pourquoi l'accusation contre la prêtrise chrétienne d'Hiéroclès ne nous est-elle pas parvenue ? Laissons cette prêtrise répondre." (J. M. Roberts -- Antiquity Unveiled)
En réfutation aux accusations d'Hiéroclès, Eusèbe tenta de montrer qu'Apollonios était une pauvre imitation du Messie chrétien. De l'autre côté, Hiéroclès, en autant que nous pouvons en tirer de la réfutation d'Eusèbe, fit les affirmations suivantes :
"Vous proclamez Jésus un dieu à cause de quelques prodiges enregistrés par les évangélistes, mais nous avons des écrivains mieux éduqués que les vôtres et avec plus d'attention pour la vérité qui se servent d'un jugement solide, n'en font pas un dieu par rapport à eux-mêmes et ne le considèrent seulement comme un homme aimé par les dieux."
C'est pratiquement tous ce qu'Eusèbe nous dit au sujet du contenu du travail d'Hiéroclès sous le titre de "Philalethes." Tout le reste, dans le livre, a été repoussé par d'autres et a déjà été répliqué. La parallèle entre Apollonios et le Christ est tout ce qu'il y a de nouveau. Eusèbe examine chacun des huit livres de Philostrate en succession, signalant les inconsistances et les choses incroyables de la narration. "Je n'ai aucune objection," dit-il, "à placer Apollonios aussi haut que quiconque le veut parmi les philosophes. Mais quand, sous la guise du pythagorisme, Philostrate l'élève au-delà des limites de la philosophie et en fait un saint, on devrait vraiment en faire un âne couvert de peaux de lion et un charlatan jongleur au lieu d'un philosophe. Il y a des limites aux pouvoirs humains qu'aucun homme, même Apollonios, ne peut transgresser, mais un être plus élevé (Jésus) peut condescendre aux conditions de la nature humaine."
Bref, Eusèbe se moque des miracles d'Apollonios comme étant faux et impossibles et, essaie de signaler les inconsistances de la biographie, concluant que si les miracles d'Apollonios avaient vraiment eu lieu, il le furent par l'entremise d'un démon.
"Enfin," dit Eusèbe, arrivant au point culminant de son argument, "Philostrate, ayant jeté le doute de l'endroit et la manière de son départ de la vie, ferait qu'Apollonios alla au ciel corporellement, accompagné par une chanson attendue des voix de jeunes filles vierges."
Eusèbe termine en disant que si certains trouvent à propos de placer Apollonios parmi les philosophes, il ne désapprouve pas ; si seulement ils peuvent lui enlever les faux ornements qui lui sont attribués par le présent écrit ; l'effet réel de telles additions étant de culminer l'homme lui-même sous l'apparence de l'élever à la divinité. En conclusion, lisons les propres mots d'Eusèbe :
"Je n'ai point besoin de dire avec quelle admiration qu'il [Hiéroclès] attribut ses [Apollonios] exploits de thaumaturgie, non aux ruses de la sorcellerie, mais à une sagesse divine et mystérieuse ; et il croit qu'ils étaient vraiment ce qu'il les suppose avoir été, sans pour autant n'avancer aucune preuve. Entendez alors ses propres mots : 'Dans leur désir d'exalter Jésus, ils courent par-ci par-là imprimant comment il fit que les aveugles voient et produisit d'autres miracles de la sorte.' Et, plus loin, il ajoute ce qui suit : 'Notons combien mieux et plus raisonnable est l'opinion que nous avons de tels sujets et expliquons la conception que nous avons des hommes doués de pouvoirs remarquables.' Et de là, en passant naïvement par Aristée, il continue ainsi : 'Mais dans le temps de nos propres ancêtres, pendant le règne de Néron, il y eut Apollonios de Tyane qui, dès son adolescence devint le prêtre d'Égée en Cicilie, d'Asclépios, l'ami de l'espèce humaine, produisant un grand nombre de miracles, desquels j'omettrai le plus grand nombre et n'en mentionner que quelques-uns.'
"Puis, il commence au début et énumère les prodiges produits par Apollonios et poursuit en les mots suivants : 'Quelle est donc ma raison pour mentionner ces faits ? C'est pour vous permettre de contraster notre jugement précis et bien établit sur chaque point avec celui de la simple crédulité des Chrétiens. Bien que nous ne considérons pas celui qui produits de tels exploits comme un dieu mais plutôt un homme aimé des dieux, ils proclament leur Jésus un dieu sur la force de quelques miracles.'
"À cela, il ajoute la remarque suivante : 'Et nous devons aussi remarquer ce point, qu'alors que les contes de Jésus furent improvisés par Pierre et Paul et d'autres semblables -- des hommes menteurs et dépourvus d'éducation et, des sorciers -- l'histoire d'Apollonios fut écrite par Maxime d'Égée et par Damis le philosophe qui vécut avec lui constamment, et par Philostrate d'Athènes, des hommes de la plus haute éducation qui, par respect pour la vérité et leur amour de l'espèce humaine, déterminèrent de donner la publicité que méritaient les actions d'un homme à la fois noble et un ami des dieux."
Ce sont précisément les mots employés par Hiéroclès dans son traité contre nous, lequel il intitula "Ami de la Vérité." *
(*Hiéroclès fut inspiré à écrire son livre par Porphyre qui avait écrit quinze livres contre le Christianisme aussi bien que plusieurs travaux en défense de la philosophie néo-pythagoricienne d'Apollonios, incluant quatre livres en défense du végétarisme, intitulés "Quatre Livres sur l'Abstinence de Nourriture Animale." Le travail d'Hiéroclès fut écrit en 303 A.D., un an avant la mort de Porphyre.)
Hiéroclès fut aussi critiqué par Lactance ; et il est bientôt devenu nécessaire que chaque saint catholique ou docteur des quatrième et cinquième siècles ait une opinion au sujet d'Apollonios de Tyane. Toutefois, Eusèbe admis qu'Apollonios était un grand philosophe ; Lactance et Arnobe, sans pour autant nier ses miracles, les attribuèrent à la "magie." St Jérôme le considéra aussi comme un magicien. Dans un travail écrit après la mort de Philostrate par un écrivain inconnu, anciennement attribué à Justin, les miracles d'Apollonios furent de plus attribués à la magie.
En s'argumentant avec les païens, St Augustin paya un petit compliment à Apollonios en admettant qu'il était "plus pur que Jovien." Le savant évêque Sidoine Apollinaire loua le philosophe grec et traduit sa vie en latin. D'un autre côté, St Jean Chrysostome considéra le travail de Philostrate comme faux et Apollonios comme un "trompeur" ; et son opinion devint graduellement l'avis général des écrivains chrétiens. Le Père de l'Église, Isidore de Péluse qui est mort en 450 A.D., nia catégoriquement qu'il y avait quelque vérité dans l'assertion qu'Apollonios "consacra plusieurs endroits dans le monde pour la sécurité des habitants."
Origène est un des écrivains anciens qui fait mention d'Apollonios. Il fit référence aux mémoires de Moeragène et parla de lui comme philosophe et magicien. Plus tard, Ammien Marcellin, le dernier sujet de Rome qui composa une histoire profane en Latin et l'ami de Julien, l'empereur philosophe, fait référence à Apollonios comme "le philosophe le plus renommé," et pensait que, "comme Pythagore et Socrate, il était un mortel privilégié qui vivait aidé d'un génie familier." Quelques années plus tard, Eunape, l'élève de Chrysane, un des professeurs de Julien, écrivant en les années dernières du quatrième siècle dit : "Apollonios était plus qu'un philosophe ; il était un moyen terme entre les dieux et les hommes."
[Note : Origène vécut de 186 à 254 A.D. Durant sa vie, il voyagea à la Cappadoce vers l'année 235. Il entendit sans doute parler d'Apollonios de Tyane. Dans "A Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, Vol. III, p. 55, by Professor William Smith & Others, London, 1890," nous trouvons ce qui suit : "Origène vécut avant que les limites séparant l'orthodoxie et l'hétérodoxie soient établies de façon si bornées avec tant de détermination, comme dans les siècles subséquents ; par conséquent, bien que ses opinions furent odieuses à plusieurs, et envenimèrent l'opposition, il ne fut pas excommunié de l'Église comme hérétique dans sa vie, les raisons de son excommunication se rapportant plutôt aux points d'ordre ecclésiastique et de la régularité qu'aux questions de théologie dogmatique. Mais quelque temps après sa mort, et surtout après la première manifestation de la controverse arienne et le recours des Ariens à des passages dans les travaux d'Origène, le cri d'hérésie fut soulevé par le parti orthodoxe contre ses écrits." Et la "controverse arienne" à laquelle nous faisons référence ci haut, provenait directement des croyances d'Apollonios de Tyane et l'opinion qui subsiste encore qu'Apollonios n'était pas un dieu mais un homme qui avait accompli certaines qualités divines.
[De plus, dans "Encyclopedia Britannica Online," nous trouvons la définition concise suivante de "Arianism" : "L'Arianisme, une hérésie chrétienne proposé en premier au début du quatrième siècle par le prêtre Arius d'Alexandrie. Il affirma que le Christ n'était pas vraiment divin mais un être créé. La prémisse fondamentale d'Arius était l'originalité de Dieu comme étant le seul immuable qui existe en soi ; le Fils, qui n'existe pas en soi, ne peut pas être Dieu. Parce que la Divinité est unique, elle ne peut pas être partagée ou communiquée et ainsi, le Fils ne peut pas être Dieu. Parce que la Divinité est immuable, le Fils, qui est mutant, représenté dans les Évangiles comme sujet à la croissance et au changement, ne peut pas être Dieu. Le Fils doit, par conséquent, être jugé comme une créature créée hors de rien et qui a eut un commencement. De plus, le Fils n'a aucune connaissance directe du Père car le Fils est limitée et d'un ordre d'existence différent."
[Le Conseil de Nicée fut convoqué en 325 principalement pour établir l'humanité ou la divinité du Fils. L'opinion majoritaire des membres convoqués fut que le Fils était en effet égal à Dieu le Père et que toutes les sectes qui proclameraient le contraire seraient des "hérésies" devant être déracinées et détruites. Cette destruction atteignit son apogée sous le règne de l'empereur Théodose, le premier qui se proclama "Catholique," à la fin du quatrième siècle.]
Eunape affirme de plus qu'Apollonios n'était pas seulement un adhérent de la philosophie pythagoricienne, mais "il en exemplifiait entièrement son côté plus divin et pratique." Il croit que Philostrate aurait dû appeler sa biographie, "Le Séjour d'un Dieu parmi les Hommes."
Même durant le sixième siècle, après l'effondrement de la philosophie et la montée de l'Église, nous trouvons Cassiodore, qui passa les dernières années de sa vie dans un monastère, parla d'Apollonios comme le "philosophe renommé." Au huitième siècle, parmi les écrivains byzantins, nous trouvons le moine, George Syncellus, se référant à lui comme "le plus remarquable de tous les gens illustres qui parurent sous l'Empire romain." Au même moment, Tzetzos, une critique et un grammairien, disait qu'Apollonios "possédait la sagesse et avait la prescience de toutes les choses."
Vers la fin du Moyen Âge, bien qu'oublié dans l'Ouest, le culte d'Apollonios survivait encore dans l'Est, tel qu'indiqué par la Déclaration de Nicetus à propos de la fonte de certaines portes de bronze à Byzance, lesquelles, disait-on, étaient inscrites avec le "Livre des Rites," un des travaux perdus d'Apollonios. Cela fut accompli pour mettre fin aux croyances et coutumes non-chrétiennes que ce livre inscrit attirait.
Au onzième siècle, l'opinion [concernant Apollonios de Tyane] était divisée. Tandis que d'un côté, nous trouvions le moine Xiphillinus, dans une note à son résumé de l'histoire de Dion Cassius, appelant Apollonios "un jongleur intelligent et un magicien," au même siècle à Byzance, Cidrenus donne à Apollonios le titre flatteur "un adepte démontrant un pouvoir efficace sur les éléments."
Même aussi tard que 1832, Bauer entreprit de démontrer que non seulement il y avait des ressemblances entre "La Vie d'Apollonios de Tyane" et les Évangiles, mais que Philostrate modela délibérément son héros sur le type établi par les Évangélistes. Partageant la même opinion, il fut suivi par Zeller, le célèbre historien grec.
Typique des opinions de la fin du dix-neuvième siècle sur le sujet est celle du cardinal Newman, un apologiste catholique, qui, admettant l'identité d'Apollonios et du Messie de l'Évangile, considéra le premier une imitation du dernier, malgré le fait qu'il le précéda de trois siècles (car le Jésus des Évangiles est évidemment né en l'an 325 A.D., au Conseil de Nicée, plutôt que quand l'étoile apparut sur Bethléem).
Pour soutenir son point de vue, Newman mentionne certains exemples typiques, tel qu'Apollonios ramenant une fille à la vie morte à Rome, qu'il considère "une tentative, et une tentative élaborée et prétentieuse, à surpasser certaines narrations des Évangiles" (Marc v. 29, Luc. vii, Jean xi: 41-43, Actes iii: 4-6). Cet incident est décrit par Philostrate.
Présentant des preuves supplémentaires que la biographie de Philostrate d'Apollonios est de plusieurs façons une reproduction de la vie de Jésus, le cardinal Newman écrit : "La faveur dans laquelle, dès son enfance, Apollonios fut estimé par les dieux et les hommes ; lorsque adolescent, ses conversations dans le Temple d'Asclépios ; malgré le danger, sa détermination de se rendre à Rome ; la lâcheté de ses disciples en l'abandonnant ; le chef d'accusation porté contre lui de désaffection envers César ; lors de son enquête privée, la reconnaissance par le ministre qu'il était plus qu'un homme ; son traitement ignominieux de la part de Domitien lors de sa deuxième apparition à Rome ; son emprisonnement avec des criminels ; sa disparition de la Court et sa réapparition soudaine à ses disciples en deuil à Puteoli -- ceux-ci et d'autres détails semblables, prouvent une histoire modelée selon la narration des Évangélistes. De plus, des expressions et des descriptions se produisent, clairement imitées 'du livre sacré.'"
Réville, un autre apologiste catholique, pense comme Newman que "la biographie d'Apollonios est en grande mesure une imitation de la narration de l'Évangile." Réville base son argument sur la ressemblance des caractères d'Apollonios et de Pythagore (lequel est naturel puisque Apollonios suivait l'exemple de Pythagore) ; et il cherche à prouver qu'Apollonios, plutôt que Jésus, est une création fictive, plutôt qu'un caractère historique. Réville écrit : "Il est difficile de dire si le Pythagore des Alexandrins n'est pas un Apollonios de quelques siècles auparavant ou si l'Apollonios de Julia Domna, mis à part sa ressemblance au Christ, n'est pas un Pythagore doté d'une deuxième jeunesse. La vérité se trouvera sans doute entre ses deux suggestions."
Godfrey Higgins considère le Christ comme une imitation de Pythagore, qui également, commença la vie de manière pure et fut tué par ses ennemis en cherchant à servir l'espèce humaine. La vérité est que Pythagore et Apollonios étaient historiques tandis que Jésus est mythique. Cela impliquerait que l'Apollonios de Philostrate n'existait pas et qu'il fut modelé sur la vie de Jésus.
En réfutation de cela, c'est-à-dire qu'Apollonios n'avait aucune existence historique et est une imitation de Jésus, est l'existence d'un "Bail de la Propriété d'Apollonios," lequel est parmi les papyrus de Zénon acquis par la Columbia University en 1926. Il est un manuscrit grec écrit sur parchemin qui fait référence à un don de terre cultivée par le roi Ptolémée, fils de Ptolémée Sôtêr, à Apollonios de Tyane ; lequel fut signé par Damis. La terre produisait de l'orge et du blé qui rapportaient un revenu régulier à ses propriétaires.
Le bail était un document légal qui stipula le revenu qu'Apollonios devait recevoir des récoltes que la terre produisait et les noms de plusieurs témoins y étaient apposés. Prenant de telles preuves de l'existence historique d'Apollonios en considération, en contraste avec le manque de telles preuves au sujet du Fils Chrétien de Dieu, la question si Apollonios ou Jésus -- est l'original historique tandis que l'autre est une imitation -- trouve sa solution dans l'esprit de chaque personne impartiale.
Apollonios parla en paraboles comme Jésus. Sur ce point, Roberts, dans son Antiquity Unveiled, écrit : "Si l'identité du style et du sentiment est possible, alors le savant Apollonios était l'auteur original des enseignements attribué à Jésus-Christ; une identité que même la hiérarchie chrétienne n'a pu détruire ou même dissimulé avec succès à travers toutes leurs tentatives de vouloir les altérer, les éliminer ou les intercaler."
La ressemblance d'expressions des deux hommes fit que Cudworth, un apologiste chrétien, dans son "Intellectual System," écrivit : "Il est peu probable, sinon incontestable, qu'Apollonios de Tyane, peu après la publication de l'Évangile, fut un personnage choisi par la politique et assisté des pouvoirs du diable pour faire quelque chose d'extraordinaire, simplement dans l'intention de déroger des miracles de Notre Sauveur Jésus-Christ et, pour permettre au Paganisme à mieux se défendre contre les attaques du Christianisme."
Huet, un autre apologiste, dit ce qui suit : "Il (Philostrate) visa et pensa que son but principal fut d'obstruer le progrès de la religion chrétienne en dessinant le caractère d'un homme de grande connaissance, de sainteté et de pouvoirs miraculeux. Par conséquent, il poussa Apollonios selon l'exemple du Christ et accommoda plusieurs choses dans l'histoire de Notre Seigneur à Apollonios."
Donc, Huet, le savant et pieux chrétien, fut poussé d'admettre l'identité commune d'Apollonios et de Jésus -- le premier décrit par Philostrate selon les mémoires de Damis écrits au premier siècle, et l'autre décrit par on ne sait qui ou quand, mais certainement pas jusqu'à quelques siècles plus tard.*
(* En 1681, Parker, l'archidiacre de Canterbury, fit les commentaires suivants sur l'opinion de Huet et confirma ainsi l'identité d'Apollonios et de Jésus : "Je sais que Huet est de l'opinion que tous les miracles importants [d'Apollonios] proviennent des Actes des Apôtres, et pour la plupart, des mots et des expressions de St Luc. Et cela, il s'efforça d'accomplir par une grande variété d'exemples parallèles et pensait que la vanité de Philostrate et l'imposture d'Apollonios étaient une découverte manifeste, qu'il orna seulement d'attributs empruntés mais qui fut une grande addition au crédit de Notre Sauveur qui, quand ses ennemis formeraient l'idée d'un homme divin, ils devaient voler les meilleurs attributs de son image. Alors, dit-il, ce ne fut pas surprenant qu'Hiéroclès devrait avec tant de confiance comparer les miracles d'Apollonios à ceux de Jésus, quand ceux de Jésus furent si peu déguiser et projeté sur Apollonios".)
Comme les écrivains chrétiens furent forcés d'admettre l'identité des narrations respectives à propos d'Apollonios et de Jésus, la seule question à être résolue est, qui fut l'auteur original des soi-disant enseignements chrétiens ? Il existe des preuves suffisantes et disponibles pour prouver qu'Apollonios de Tyane était cet auteur, et non Jésus de Nazareth, ni Paul de Tarse, comme cela est revendiqué incorrectement par les écrivains chrétiens.
Mis à part le fait qu'il présente un dangereux rival au Messie chrétien, il y avait une autre raison importante pour la suppression du livre de Philostrate. C'était le fait que, pourtant basé sur les notes d'un contemporain de Jésus et décrivant ses voyages d'un coin du monde connu à l'autre, il n'y ait pas une seule mention de l'existence de Jésus ou du Christianisme, indiquant que ni Damis qui écrivit les notes originales en la première partie du premier siècle et ni Philostrate, qui compila les notes deux siècles plus tard, n'étaient conscient de l'un ou de l'autre. La biographie de Philostrate fut écrite près d'un siècle avant la formation de l'Église au début du quatrième siècle en (325 A.D.); et les catholiques prirent des mesures spéciales pour détruire tous les livres écrits à ce temps, de peur que soit connu le fait qu'aucun d'entre eux ne fasse mention de Jésus ou du Christianisme.
Ce fut pour détruire de tels livres que la bibliothèque d'Alexandrie et d'autres bibliothèques anciennes furent brûlées après la formation de l'Église au début du quatrième siècle, avant lequel le Christianisme (tel que nous le connaissons et le comprenons) n'existait pas et Jésus était inconnu.
Le débat que suscita le fait que la biographie de Philostrate soit silencieuse à propos de l'existence de Jésus et de ses disciples fut un des débats le plus employé par les Catholiques entre eux pour qu'une grande vigilance soit maintenue dans la suppression de ce livre. Voici ce qui était dit à l'occasion de ces débats : "Il y a un silence quasi complet au sujet de Jésus et de ses disciples. Ils ne sont jamais mentionnés; l'existence de l'Église chrétienne est ignorée ; néanmoins, le livre contient des attaques envers toutes les sortes de déviations religieuses et morales; de là, on dit que toute ressemblance qui peut exister entre la vie du Christ et celle du réformateur païen est soit accidentelle ou fabriquée." Sur ce sujet, Tredwell remarques que les écrivains chrétiens "déclarent que Philostrate fabriqua un personnage en imitation du Christ et contre la religion chrétienne, quand la meilleure preuve du monde existe (son silence complet) qu'il n'a jamais entendu parler du Christ ou des chrétiens. Cependant, si Philostrate avait créé un personnage en imitation du Christ, combien plus digne de notre imitation dans la pratique et les préceptes est le faux !"
Si de telles personnes que Jésus-Christ, ses apôtres et leurs partisans chrétiens avaient vécu au temps d'Apollonios et avaient travaillé partout dans le monde civilisé d'alors, Damis, qui l'accompagna presque partout pendant ce temps et qui enregistra tout digne de note spéciale, aurait fait quelque mention de tels gens, soit pour ou contre. Qu'il ne l'ait pas fait est une preuve suffisante que ni Jésus-Christ, ses apôtres et ni la religion chrétienne n'existaient avant ou pendant cette période, la seule dans laquelle ils auraient pu vivre, si, en effet, ils vécurent vraiment.
Par conséquent, le Dr Lardner, dans son "Credibility of the Gospel Story," écrit : "Donc, il est vrai que Philostrate compara Apollonios et Pythagore ; mais je ne considère pas qu'il s'efforça d'en faire un rival de Jésus-Christ. Philostrate n'a jamais même mentionné Notre Sauveur une fois, ni les Chrétiens, ni ses disciples; ni dans ce long travail, ni dans les ' Vies des Sophistes'; si cela lui appartient comme le supposent certains hommes savants de bon jugement, y a-t-il une allusion qu'Apollonios, à travers ces nombreux voyages, rencontra des partisans de Jésus ? Il n'y a même pas une description obscure ou générale de quiconque qu'il rencontra qui puisse être chrétien de quelque dénomination, catholique ou hérétique. Je pense que si Philostrate avait écrit avec un esprit adverse à Jésus, il aurait décrit et déprécié ses partisans en quelques occasions comme des ennemis des dieux et ceux qui condamnent les mystères puisqu'ils auraient été différents de tous les autres hommes."
Néanmoins, cette absence même de mention de Jésus et des chrétiens dans le livre de Philostrate fut considérée par l'Église Catholique comme raison suffisante pour interdire sa publication pendant au-delà de mille ans, de peur que l'on soupçonne qu'aucun chrétien n'existait au moment où le livre fut écrit et que Jésus n'ait jamais vécu.
Le Dr Lardner observe que comme il n'y eut aucune mention de Jésus ou du Christianisme par Philostrate, nous trouvons aussi un silence semblable au sujet d'Apollonios dans les travaux des premiers écrivains chrétiens, bien qu'ils mentionnent des philosophes de moindre renommée, comme Justin, Tatien, Clément d'Alexandrie, Tertullien, et al. De tout ceux-ci, nous avons des écrits; ils vivaient dans les deux premiers siècles et dans les débuts du troisième. Le silence de la part de ces auteurs au sujet d'Apollonios ne peut être expliqué que sur la base d'une seule théorie -- qu'il était nécessaire de complètement ignorer Apollonios et ses enseignements philosophiques et religieux pour que la religion chrétienne puisse s'y s'immiscer et usurper l'importance qu'il avait occupé de toute taille.
En outre, les restes fragmentaires des travaux des trois premiers siècles qui nous sont préservés ont dû passer entre les mains d'Eusèbe, du pape Sylvestre I et de leurs adjoints et successeurs, qui, du début du quatrième siècle jusqu'au temps où l'art de l'imprimerie cessa le manège, prirent tant part à l'interpolation, la mutilation et la destruction de chaque trace de preuves à leur portée qui démontraient la vraie origine et nature de la religion chrétienne et son vrai fondateur. Le Dr Lardner aurait dû voir d'autant plus que comme dans la longue biographie d'Apollonios de Philostrate il n'y a aucune mention de Jésus, ainsi dans l'entier Nouveau Testament, il n'y a pas une seule mention d'Apollonios, à l'exception de quelques versets de I Corinthiens qui dit, "Lorsque vous dites, l'un : 'Moi, je suis à Paul,' et l'autre : 'Moi, à Apollos,' n'est-ce pas là bien humain ? Qu'est-ce donc qu'Apollos ? Et qu'est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi, et chacun d'eux selon ce que le Seigneur lui a donné. Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais c'est Dieu qui donnait la croissance." [I Corinthiens, Chapitre 3, Versets 4-6; La Bible de Jérusalem]
Dans un ancien manuscrit de cette Épître trouvé dans un monastère en France par un soldat Huguenot, appelé le MANUSCRIT BEZAE, le nom n'est pas épelé Apollos mais Apollonios. Tel que déjà indiqué, l'Encyclopédie Britannica admet que le nom Apollos, comme il paraît dans les Épîtres de Paul, est une abréviation d'Apollonios.
{Dans la onzième édition de l'Encyclopédie Britannica sous le titre d'Apollos, nous lisons : "APOLLOS (contracté d'Apollonios) -- un Juif alexandrin qui, après la visite de Paul à Corinthe, travailla là de façon similaire. Un peu plus tard, il fut avec Paul à Éphèse. Dans Cor. i. 10-12, nous lisons de quatre groupes dans l'église de Corinthe, desquels deux se rattachèrent à Paul et deux à Apollos, employant leurs noms, bien que la 'division' ne pouvait à peine être due aux doctrines incompatibles. Dans les Actes des Apôtres xviii. 24-28, nous apprenons qu'il parla et enseigna avec pouvoir et succès. Il put les captiver en enseignant la 'sagesse' tel que le suggère P.W. Schmiedel, dans le style allégorique de Philo, et il fut un homme avec un pouvoir d'attraction exceptionnel. ... Puisque Apollos était un Chrétien et 'enseigna avec exactitude,' il n'aurait pas pu connaître que le baptême de Jean ou être obligé d'apprendre le Christianisme plus à fond d'Aquilas et Priscille. Martin Luther considéra Apollos [=Apollonios] comme l'auteur de l'Épître aux Hébreux et depuis, un grand nombre de savants partagent son point de vue".}
On a même tenté d'oblitérer cet indice positif à l'identité d'Apollonios avec le St Paul des Chrétiens en substituant "Apollos" pour Apollonios, tel qu'il fut à l'origine. Cette action d'éviter toute mention d'Apollonios dans les Saintes Écritures Chrétiennes est la preuve positive que sa reconnaissance par les auteurs du Christianisme, de quelque manière que ce soit, serait fatale à leur plan de tromperie et de fraude. Nous nous demandons s'ils n'eurent pas la finesse d'oblitérer cette référence là quant à la prédication et aux enseignements d'Apollonios, et l'admission que son enseignement fut en parfait accord avec les enseignements attribués à St Paul.
Il est un vieux proverbe qui dit que les menteurs devraient avoir de bonnes mémoires. Ceci ne fut jamais plus apparent que dans l'oubli de pas n'éliminer cette confession de la première Épître aux Corinthiens [La Bible de Jérusalem]. Grâce à l'art de l'imprimerie, elle se trouve là et là elle y restera pour confondre ces chrétiens ennemis de la vérité et exposer la fraude qu'ils soutiennent.
Renversant les vrais faits, impliquant tel qu'ils le firent le remplacement d'Apollonios par Jésus au début du quatrième siècle A.D., le Dr Johannese Hempel écrit : "Durant le quatrième siècle, nous observons que les païens remplacèrent Jésus par un autre homme. Ce fut d'abord Celse et Porphyre, et plus tard, Hiéroclès, qui missent Apollonios à la place du Christ et s'opposèrent à la nouvelle religion."
À propos de l'identité d'Apollonios et de Paul ["Pol," une abréviation d'Apollonios], non seulement furent-ils comme garçons tous deux à Tarse en même temps, mais, comme Newman le démontre, Apollonios fut à Éphèse et à Rome précisément aux même moments que Paul (le biographe d'Apollonios ne fait aucune mention de lui, bien que le biographe de Paul parle "d'Apollos" comme ayant été à Éphèse avec lui). De plus, il est important que "Paul" soit un nom fictif. Il y a plus de raison d'identifier le personnage d'Apollonios avec Paul que "Saul," qui mena une vie dissipée, tandis qu'Apollonios, même dans sa jeunesse, vécut chastement.
Au sujet de l'identité d'Apollonios avec Paul, Réville écrit : "Apollonios n'est non seulement comme Jésus-Christ, mais il combine en sa propre personne plusieurs caractéristiques des Apôtres. Comme Paul, il voyage partout dans le monde de l'Est à l'Ouest, et comme lui, il est la victime de la jalousie de Néron. Comme Jean, selon une tradition qui prédomina même dans son temps, il est persécuté par Domitien." Et il y a raison de croire qu'il était aussi l'auteur de l'Apocalypse (St Jean le Révélateur).
Le remplacement des doctrines végétariennes et pacifistes d'Apollonios, qui enseigna l'absence de méchanceté à tous les êtres vivants, animaux aussi bien qu'humains (comme cela fut jadis enseigné par Gautama Bouddha), par la religion non-végétarienne et le non-pacifiste de Jésus et de son épouse, l'Église militante, plongea le monde dans des siècles de guerres incessantes et d'effusion de sang qui continuèrent à se multiplier avec la croissance du Christianisme. Sur ce point, Tredwell écrit, "Ne pensez pas que je suis venu pour apporter la paix sur la Terre," disait Jésus. "Je suis venu, non pour apporter la paix, mais une épée."
Jamais un homme n'a répété des mots aussi remplis de vérité -- aussi attristant que cela est. Jamais il n'y eut une prédiction dont l'accomplissement désastreux dura malheureusement sans interruption du temps de sa promulgation jusqu'au présent. Dès la fondation même de la religion de Jésus, l'épée est restée dégainer à son service et plus de victimes ont été sacrifiées en son nom que toutes les autres causes combinées. De peur que sa mission soit mal comprise, Jésus réitère qu'il est venu envoyer le feu sur la Terre et le conflit pour diviser les familles, les pères contre les fils, les mères contre les filles, et que sous le nouveau régime, "les ennemis d'un homme seront ceux de sa propre maison!" Bolingbroke dit, "La scène du Christianisme a toujours été une scène de dissension, de haine, de persécution et de sang." Érasme disait que l'Église est née dans le sang, a grandi dans le sang, a réussi dans le sang et se terminera dans le sang.
Tredwell signala que le Christianisme s'imposa à travers les génocides et à la pointe de l'épée. "L'Église militante" prit naissance de cette manière et fut capable de se développer comme puissance mondiale. Née dans l'effusion de sang (le meurtre brutal d'Hypatie par des "moines" chrétiens bientôt après le Conseil de Nicée, sous l'ordre de Cyrille, l'évêque d'Alexandrie qui fut par la suite "béatifié," et les massacres des Manichéens qui suivirent), elle grandit par l'effusion de sang (la mort de dizaines de millions de vrais partisans du Christ qui refusèrent d'accepter les enseignements faux et hypocrites de l'Église, et plus de trois millions de femmes furent mises à mort en Europe comme sorcières il y a de cela seulement quelques siècles), et elle mourra dans le sang (les conséquences du récent carnage mondial qui est fruit de seize siècles de faux enseignements chrétiens sur la paix, poursuivit avec une branche d'olive dans une main et une épée dans l'autre).
Tout cela est le résultat du remplacement frauduleux de la religion originale d'Apollonios par la "nouvelle" religion de l'Église de Rome qui eut lieu au Conseil de Nicée en l'an 325 A.D.*
(* Le mot "nouvelle" ici est important. Il démontre clairement, qu'au début du quatrième siècle, le Christianisme, tel que créé par le Conseil de Nicée, fut en effet une nouvelle religion, et fut précédée par la religion établie par Apollonios trois siècles auparavant, que nous pouvons appeler de façon plus appropriée la religion Essénienne. Celle-ci était une forme de Néo-pythagorisme composée des nouvelles doctrines qu'Apollonios avait apportées de l'Inde et introduites parmi les Esséniens, donnant naissance à de nouvelles sectes connues comme les NAZARÉENS ou les THÉRAPEUTES dont les doctrines étaient essentiellement de nature bouddhiste.)
Depuis ce temps, l'humanité a suivi une fausse route. Le but de ce livre est de corriger cette erreur historique et de ramener l'humanité à la vérité, pour que, purgé par la souffrance récente, l'espèce humaine revienne de nouveau à la vraie voie scientifique de la vie naturelle, saine et humaine enseignée par le grand philosophe pythagoricien, Apollonios de Tyane, il y a presque deux mille ans.
