Apollonios le Nazaréen

Avant-Propos

Par Dr. R. W. Bernard, B.A., M.A., Ph.D. (1964)

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Pendant plus de seize siècles, l'Église Chrétienne a prêché sa religion aux gens de la Terre. Par contre, lorsque nous considérons les événements horribles qui se sont produits parmi les peuples chrétiens pendant le récent holocauste mondial, causant la mort d'une portion considérable de la population humaine, nous devons conclure qu'il y a quelque chose de radicalement faux avec une religion qui, après avoir été prêchée et pratiquée pendant un si grand nombre de siècles, mena ses fidèles à un état aussi terrifiant, impliquant la conversion de cette planète en vaste abattoir, teinté de sang humain, résultant en un grand nombre de meurtres de Chrétiens d'une nation par leur confrères chrétiens d'un autre, chacun étant poussé et béni par leurs prêtres respectifs.

Ajoutons qu'un tel état a prédominé dans le Christianisme depuis son origine, organisé et établi en l'an 325 après J.-C. par les ecclésiastes païens romains convoqués au Conseil de Nice. Ce Conseil fut présidé par l'archi-meurtrier Constantin, Empereur de Rome, qui avec sang-froid, avait assassiné une douzaine de ses proches parents incluant sa propre femme.

De plus, l'histoire du Christianisme n'a pas été plus honorable que son origine; car depuis que Constantin l'établit comme la religion officielle de Rome, elle a été responsable pour la mort de plus de cinquante millions de gens innocents, sous le chef d'accusation qu'ils étaient des "hérétiques," puisqu'ils ont refusé d'accepter les dogmes déraisonnables de l'église -- incluant environ trois millions de femmes qui ont été brûlées vivantes comme "sorcières" dans les temps relativement récents par des hommes qui se désignaient des prêtres de la religion chrétienne.

Que penserait le fondateur du Christianisme, le gentil Nazaréen, le Prince de la Paix, des crimes qui ont été perpétrées à travers les siècles, en son nom, par une église qui professe être son représentant terrestre -- l'Église militante! Que penserait-il des cadavres putréfiés de plus de cinquante millions de ses chers frères et soeurs qui ont été mis à mort par cette même église parce qu'ils ont refusé d'accepter ses mensonges et ont préféré suivre la vérité, dont il en était l'auteur?

Pouvions-nous attendre que l'Église, dont l'Inquisition légua une telle histoire de cruauté et de mort, nous offre un document écrit (Le Nouveau Testament) qui pouvait être accepté de bonne foi comme les paroles authentiques d'un homme qui avait enseigné la paix, le pardon et la compassion, plutôt que le meurtre? À travers les siècles, serait ce possible que non seulement les enseignements mais aussi l'histoire de sa vie, et même le nom du Nazaréen, auraient pu avoir été modifié par les scribes ecclésiastiques de l'Église romaine dans le but de promouvoir ses dogmes et son ambition du pouvoir temporel?

Aussi, est ce que le Nazaréen original, l'Essénien paisible dont la bonté et le pacifisme s'étendirent non seulement à l'humanité mais aussi au monde animal, aurait pu avoir été transformé par les partisans de Constantin, les prêtres païens romains qui sont devenus les Pères de l'Église à Nice, en un autre homme -- appelé "Jésus-Christ" -- plus acceptable à leur empereur? En effet, cela fut le cas et c'est l'objet des pages qui suivent, consacré à la vie et aux enseignements de cet homme inconnu, de le prouver.

Il y a deux mille ans un grand professeur d'humanité apparu dans le monde. Il était un philosophe, un chef social, un professeur de moral, un réformateur religieux et un guérisseur. D'un coin de l'Empire Romain à l'autre, là où il alla, des honneurs divins lui furent conférés -- par tous, de l'esclave à l'empereur. Il fut sans doute le plus grand homme de son temps; et sa date de naissance (4 avant J.-C.), et sa période active coïncidèrent exactement avec celles du Messie Chrétien, sauf que sa vie de labeur continuelle au nom de l'humanité se poursuivit durant un siècle, pendant lequel il conserva sa santé et sa clarté d'esprit intacte. Il fut un exemple suprême de la perfection humaine -- physiquement, mentalement et spirituellement. Plus de dix-sept temples furent érigés en son honneur dans diverses parties de l'Empire romain. Son nom était APOLLONIOS DE TYANE.

Jamais il n'y eut quiconque comme cet humanitaire courageux et ce révolutionnaire social venu en ce monde pour aider la race humaine et le racheter de la souffrance. Seul, il défia les tyrans les plus sanglants qui se sont assis sur le trône romain -- Néron et son successeur encore plus terrible, Domitien. Apollonios voyagea sans crainte d'un coin de l'Empire romain à l'autre, incitant des révolutions contre ces despotes, établissant des communautés communistes parmi ses partisans qui portèrent le nom d'Esséniens, les premiers Chrétiens. Et non satisfait avec de telles activités dans les provinces romaines, il se rendit courageusement à Rome après que tous les philosophes avaient été expulsés de la ville sous punition de mort par le cruel Domitien; là, il dénonça ouvertement le tyran et fut mis en état d'arrestation et jeté en prison, attendant la mort qui, cependant, dû à son brillant discours en légitime défense et ses pouvoirs d'esprit extraordinaires, il contourna, se procurant ainsi sa liberté.

Deux siècles après Domitien, l'archi-meurtrier et dégénéré Constantin s'est assis sur le trône de Rome. Bien que les empereurs romains précédents aient détesté Apollonios par rapport à ces activités révolutionnaires et "communistes," Constantin détestait surtout ses enseignements pythagoriciens -- son strict plaidoyer du végétarisme, son abstinence d'alcool et sa continence. Constantin aimait trop les viandes rouges, les vins, et ses escapades de minuit avec les belles femmes pour être disposé à accepter la religion dont la tête reconnue était Apollonios : une religion qu'il importa de l'Inde, fondée sur les doctrines de Chrishna et de Bouddha et portant le nom "Kristosisme" Essénien. Ce fut la raison pour laquelle Constantin dirigea ses armées à exterminer les descendants des partisans esséniens d'Apollonios, connus sous le nom de Manichéens.

[Note: Pour des informations supplémentaires sur ces Esséniens Manichéens, voyez l'article "Le Manichéisme : La religion la plus dangereuse du monde?"]

Trouvant que la religion de Rome était dans un état de déchéance avancée et perdant quotidiennement l'influence sur les masses, pendant que le culte d'Apollonios et les communautés communistes de ses partisans manichéens, malgré une persécution des plus sévère, continuait à s'étendre, menaçant les intérêts de Rome, les partisans de Constantin -- les prêtres païens de la religion romaine -- décidèrent de tenir une convention à Nice en l'an 325 A.D., ayant comme but d'établir une nouvelle religion. Ils décidèrent alors de s'emparer de la popularité évidente des partisans d'Apollonios, de s'approprier ses doctrines essentielles (les modifiant afin d'être acceptables à Constantin), et de remplacer le philosophe Apollonios, dont le pythagorisme sobre était trop bien connu et détesté par leur empereur, par un Messie surnaturel dont les enseignements seraient moins radicaux et plus acceptables.

Ainsi, à la place d'Apollonios de Tyane, ils placèrent à ce moment là leur sauveur nouvellement créé, qu'ils désignèrent "Jésus-Christ," qui fut conçu en premier lieu et créé dans les esprits des prêtres romains qui furent éventuellement connus comme les Pères de l'Église de Nice.

Aussitôt que Jésus fut mis à la place d'Apollonios, la tâche des ecclésiastiques romains fut de détruire tous les registres et traces au sujet d'Apollonios et de ses premiers partisans esséniens chrétiens pendant les trois premiers siècles, afin que le monde puisse être gardé à jamais dans l'ignorance à propos de cette tromperie monumentale et pour arriver à croire que Jésus et la religion chrétienne, qu'ils créèrent au début du quatrième siècle après J.-C., antidataient leur création de trois siècles. Ce fut pour cette raison que les bibliothèques d'Alexandrie et d'autres furent brûlées, afin que tous les livres écrits pendant et concernant les trois premiers siècles de notre Époque puissent être détruits.

[Note : La Bibliothèque à Alexandrie fut brûlée plus d'une fois, par incendie criminel et par accident. L'incendie reporté dans ce texte se produisit en l'an 389 après J.-C. pendant le règne de l'empereur Théodose I. Voyez l'article, "L'empereur Theodose, le Pape Hilaire I".]

Les ecclésiastiques réussirent si bien à oblitérer ces registres que, durant presque deux mille ans, le monde fut gardé dans l'ignorance totale à propos du fait qu'Apollonios de Tyane fut l'enseignant mondial reconnu du premier siècle, et que pendant les trois premiers siècles, avant qu'il soit créé au Conseil de Nice comme le Messie pour remplacer Apollonios, aucun homme tel que Jésus-Christ fut connu ou mentionné par quiconque!

Jamais ne pris place une aussi grande perte culturelle que celle produite par la bande de Chrétiens mit feu aux livres et manuscrits de la Bibliothèque d'Alexandrie [en 389 après J.-C.] pour détruire tous les registres d'Apollonios de Tyane, afin que le monde soit à jamais ignorant de son existence et de son remplacement par l'inconnu et le non-existant Jésus, s'étant produit au Conseil de Nice en l'an 325 après J.-C. Mais, heureusement, un certain livre survécut -- le LIVRE DÉFENDU -- de tous les livres contenus dans cette célèbre bibliothèque -- celui qui fut le plus craint. Il était intitulé, LA VIE D'APOLLONIOS DE TYANE, par son biographe Philostrate. Pour le conserver, le livre fut apporté secrètement au Proche-Orient; et, durant plus de mille ans, il fut conservé parmi les Arabes, malgré tous les efforts des Croisades -- oeuvrant aux intérêts de la Papauté -- de le détruire.

Il y a de cela un peu plus de quatre siècles, ce livre défendu fut en premier apporté en Europe de l'Orient; et ce ne fut qu'en 1801 que la première traduction anglaise complète, du Latin, fut complétée, malgré l'opposition du clergé, qui, lorsque incapable de supprimer sa publication, réussit à le léguer aux oubliettes et à maintenir la même ignorance populaire au sujet d'Apollonios et sa signification historique comme celle qui avait existé pendant le Moyen-Âge. Ils avaient si bien réussis que, même après la parution de la première traduction anglaise de Blount de la biographie de Philostrate au sujet d'Apollonios au début du dix-neuvième siècle, son nom était sur la langue de chaque Anglais cultivé; aujourd'hui, plus d'un siècle plus tard, il est presque complètement inconnu, même dans les milieux académiques, sa mention ayant été omise des travaux historiques et des programmes pédagogiques -- afin que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le plus grand homme du monde de l'Occident pendant les deux milles dernières années fut complètement effacées des pages de l'histoire.

Le but de ce livre est de présenter la vie et les enseignements de cet homme.

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[Note : Toute la matière du Dr Bernard à ce sujet fut écrite en 1964. Cette matière n'était pas sous droits réservés et fait maintenant partie du domaine public. Seulement que des corrections de fautes orthographiques mineures ont été apportées dans ce texte et celui du reste des écrits du Dr Bernard. Aucune modification textuelle n'a été apportée.]


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